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Entre les rayons

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La deuxième des lectrices est entrée dans une librairie de livres usagés, la première dans une de ces grandes surfaces où il y a même des fauteuils pour lézarder. Dans les deux cas, les lectrices d’Elizabeth Kresch semblent avoir trouvé leur bonheur. L’une le tient sous le bras comme le plus précieux des trésors, l’autre est déjà plongée dedans et le savoure.

L’une et l’autre ont choisi un lieu qui leur convient. Et même si je ne suis pas friande des immenses librairies qui se ressemblent toutes et qui ont en inventaire les mêmes livres d’un magasin à l’autre, parce que probablement j’ai travaillé dans une librairie indépendante une grande partie de ma vie, je ne peux nier leur existence et dans certains cas, leur convivialité. Par contre, je reste une inconditionnelle des librairies d’occasion, parce qu’il me faut chercher et que j’y fais toujours des trouvailles. Parce que, de plus, elles possèdent dans la plupart des cas une certaine personnalité et que je sais d’avance que dans l’une je ne trouverai pas ce que je trouve dans l’autre.

Les librairies font parties de ces lieux magiques de l’enfance et de la vie tout court. Ces lieux dont, je crois bien, je ne me lasserai jamais.

Loin des pinceaux et des pages imprimées

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LUI :
Les jours de pluie, je ne peindrai pas. Je plongerai mes yeux dans les tiens pour que se grave en moi leur couleur, pour le moment où je reprendrai mes pinceaux. Les jours gris, je caresserai tes courbes afin que mes doigts s’en impriment pour mieux te dessiner. Les jours sans lumière, il n’y aura que nous deux dans l’immensité du désir.

ELLE :
Les jours de pluie, je ne lirai pas. Je me laisserai troubler par ton regard et en conserverai précieusement le souvenir pour les jours où je lirai loin de toi et voudrai encore le sentir brûlant sur ma nuque. Les jours gris, je m’offrirai à tes mains comme la terre glaise à celles d’un sculpteur, afin que tu me modèles à ta guise et selon ton envie. Les jours sans lumière, il n’y aura que nous deux dans l’immensité du désir.

Il pleut.

Le peintre et la lectrice de Tunis Ponsen ont laissé les livres et les pinceaux dans l’atelier. Il n’y a assez de lumière que pour l’amour.

Pour pallier au manque de lumière

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Il y a si peu de lumière et les teintes sont si fades aujourd’hui qu’il me fallait des lectrices colorées pour donner du ton à cette journée. Celles de Christopher Rote me semblent tout à fait appropriées.

Elles me donnent envie de sortir un pull bien rouge pour éclairer ma journée et celle des autres!

Les lectrices bottées

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Les lectrices de Bill Lazenbatt ont chaussé des bottes de demi-saison et si elles sont sous le même ciel que moi, j’ajouterais qu’elles ont été bien avisées. Et si je possédais de telles bottes et non pas des bottes bien chaudes, doublées, faites pour les hivers d’ici, je crois bien que je ferais comme elles pour affronter la pluie. Peut-être même que toute la lecture qui m’attend au bureau serait plus agréable ainsi bottée?

Les livres qu’elle n’ouvrira pas

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Certains jours, elle n’arrive pas à ouvrir un livre. Ce n’est pas faute de n’avoir rien à lire, loin de là. Des piles de livres l’attendent. Et elle a beau s’installer à la table avec quelques-uns, elle n’y arrive pas.

L’esprit de la lectrice d’Abdarahman Alhafaz est ailleurs. Perdu dans ses rêves et ses souvenirs. Aucun livre aujourd’hui ne pourra la faire rêver autant que tout ce qu’elle a déjà vécu et qu’elle espère. C’est pourquoi, peut-être, les livres savamment choisis resteront-ils fermés.

Les cerisiers en fleurs

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Les cerisiers sont en fleurs. Mais le vent et la pluie d’aujourd’hui risquent de les fouetter un peu et d’éparpiller au sol leurs fleurs.

Ils ont croisé mon chemin juste à temps.

Je resterais, comme elle, au lit

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Elle resterait là, au lit, avec un livre. Et la journée se déroulerait ainsi. Elle ne répondrait à aucun appel et ne se lèverait que pour se faire du café ou du thé. Il pourrait pleuvoir ou venter. La lectrice de Matthew Sleigh resterait là.

En ce matin où je n’ai pas envie de mettre le nez dehors, j’entrerais bien dans la toile pour n’en plus bouger de la journée.

Ce que je vois

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Peut-être que j’ai tout faux quand j’imagine Peter Vilhelm Ilsted peignant sa fille en train de lire à différentes périodes de sa vie. Mais ça n’a aucune importance. Les toiles sont là pour qu’on les lise et les interprète à notre manière comme le musicien la partition.

Mais j’aime l’idée de la fillette devenant femme et aimant rester dans la pièce où son père peint, inlassablement. Et c’est cela que je vois, que j’imagine. Et rien d’autre.

La phrase qui exprime tout

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Depuis des années, la lectrice de Philip Alexius Laszlo de Lombos ne s’attarde plus qu’à un seul livre, un livre qu’elle a toujours sur elle. Depuis cette petite phrase qui l’a touchée il y a bien longtemps de cela, elle ne cherche plus ailleurs une phrase qui la comblera autant que celle qu’elle relit avec l’émotion de la première fois qui ne s’est jamais éteinte. Une phrase qui chaque fois la laisse songeuse et apaisée.

Celle qui aime les livres qu’il aime

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Il aime choisir les livres qu’elle lira. Il aime, quand elle s’installe dans une pose, la regarder tourner les pages du livre qu’il a déjà parcouru.

Le peintre/lecteur de Pierre Oyens en a choisi un nouveau, un qui lui permettra qu’elle reste là des heures et des heures afin qu’il puisse saisir les nuances de son visage au fur et à mesure qu’elle entrera dans l’histoire. Car elle ne pourra quitter le livre et voudra aller jusqu’au bout de celui-ci. Lui-même, malgré la fatigue, est incapable de l’abandonner. Ce sera pareil pour elle. Il le sait. La lectrice aime toujours les livres qu’il aime.