Lali

5 mai 2007

Aussi bien profiter de la nuit

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 2:30

colles

Quelque chose l’a réveillé. Le vent qui sifflait ? Le toit qui craquait ? L’aboiement d’un chien ? Il n’en est plus très sûr. Ce qu’il sait, par contre, c’est qu’il n’est plus en mesure de dormir.

Le lecteur d’Emily A. G. Colles est descendu sur la pointe des pieds pour ne troubler le sommeil de personne. Ce n’est pas parce qu’il ne dort pas que tous doivent faire de même.

Et puis, il se dit qu’il a amplement dormi pour pallier à la chose et que ce sera l’occasion de profiter du silence pour reprendre sa lecture. Le jour viendra bien assez vite. Aussi bien profiter de la nuit.

Celle qui a sauvé les livres

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 1:53

fricero

Il y a quelque chose de Jeanne dans cette toile de Joseph Fricero. Dans cette façon de tenir son livre, dans son profil. Jeanne qui, chaque fois que je la croise, a un livre ouvert auprès d’elle. Et qui, sachant que j’aime les livres, me fait chaque fois partager ce qu’elle est en train de lire avec enthousiasme.

Et récemment, Jeanne m’a fait part d’une bien jolie histoire. Il y a quelque temps, elle a perdu un de ses oncles. Et comme dans toutes les histoires d’héritage, chacun espérait un magot. Mais pas elle, Jeanne n’est pas de cette sorte de gens. Les uns ont eu de l’argent, d’autres des biens. Personne n’a voulu des livres. Il y en avait des caisses et des caisses. Certains étaient même prêts à les jeter.

C’est elle qui les a sauvés. Là où d’autres n’ont vu que des ramasse-poussière, elle a vu un trésor. Un trésor qui va durer toute ma vie, a-t-elle ajouté. C’est près de 1000 livres qu’elle a rescapés et qui vivront à nouveau grâce à elle. Ceux que son oncle qu’elle aimait a lus et qui feront qu’il sera toujours vivant, lui aussi.

Et je dois dire que c’est une des belles histoires qu’il m’ait été donné d’entendre.

La chambre d’hôtel

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 0:14

leboeuf

Il laisserait la carte magnétique dans une enveloppe à la réception. Ainsi, elle pourrait accéder à la chambre tandis qu’il assisterait à une réunion quelque part au centre-ville. De plus, sur le lit serait posé un livre pour lui tenir compagnie avant qu’il ne vienne la retrouver.

Elle pourrait prendre un bain, s’approprier les lieux avant qu’il ne rentre. C’est ainsi qu’ils avaient pensé la chose, mais alors qu’elle est à quelques heures du rendez-vous, elle ne sait plus. Elle doute. Tant d’années ont passé depuis cette époque où ils étaient amants. Tant d’années ont passé, laissant là des rondeurs qu’elle n’avait pas en ce temps-là, des rides sous les yeux aussi.

La lectrice de Christine Lebœuf a pourtant envie de cette mise en scène qu’ils ont concoctée ensemble il y a déjà quelque temps, alors que la vie a fait qu’ils se retrouvent par hasard, même si en cette minute un nœud lui barre l’estomac.

Elle voudrait qu’il entre dans la chambre d’hôtel et la trouve ainsi, de dos, aussi désirable qu’autrefois. Et qu’il s’approche tout doucement afin que leurs yeux puissent se faire l’amour bien avant que leurs peaux se mélangent.

Cette scène de celle qui attend dans une chambre, elle l’a rêvée, imaginée si souvent, que ce soir elle se demande s’il ne vaut pas mieux la laisser au pays des rêves pour ne pas l’abîmer.