Grande lessive
Nos livres déteignent à la clarté de
nos illusions.
Nous ne saurons bientôt plus lire
que la blancheur de nos silences.
Mimy Kinet
(dans La poésie francophone de Belgique de Werner Lambersy)
*choix de la lectrice de RFM McInnis
Grande lessive
Nos livres déteignent à la clarté de
nos illusions.
Nous ne saurons bientôt plus lire
que la blancheur de nos silences.
Mimy Kinet
(dans La poésie francophone de Belgique de Werner Lambersy)
*choix de la lectrice de RFM McInnis
Elle est tellement absorbée par son livre qu’elle n’a pas vu l’autobus à un coin de rue de là. Je me demande bien ce qu’elle lisait ainsi…
Le théâtre est le lieu où se rencontrent le monde visible et le monde invisible. (Laurent Terzieff)
*toile d’Antoine Pesne
Qui déchiffrera le livre?
Qui déchiffrera les signes du livre
Et les signes déposés alentour des choses à ne pas dire
Et des choses à ne pas franchir
Qui?
Le temps qui efface tout
Et efface le Tout?
Ou serait-ce l’ombre du temps?
Ou serait-ce encore l’effacement qui te porte
Et te porte infiniment dans le livre?
Yves Namur
(dans La poésie francophone de Belgique de Werner Lambersy)
*choix de la lectrice d’Erin McGee Farrell
Depuis une dizaine d’années, le dramaturge Pascal Brullemans fait régulièrement parler de lui, tant ici qu’à l’étranger, en accumulant prix après prix pour chacune de ses pièces destinées aux adolescents. Vipérine, présentée à la Maison Théâtre cet hiver, ne fait pas exception. Elle a reçu en 2013 le prix Jeune public des Journées des auteurs de Lyon.
L’auteur, n’ayant pas peur des défis, a choisi de passer au roman et a publié en mars dernier La ballade de Vipérine, un roman d’une centaine de pages destiné aux huit ans et plus. Or, si adapter un roman pour en faire une pièce de théâtre n’est pas rare, l’inverse l’est. Et le résultat, dans ce cas-ci, n’est pas des plus heureux.
Le travail d’adaptation a été réduit au minimum et les didascalies ont été transposées telles quelles sans être étoffées, si bien que le résultat n’est qu’un calque de la pièce qui l’a inspiré. De plus, tout ce qui manquait au spectateur de détails sur les personnages et qu’il aurait été en droit d’espérer retrouver ici est absent. Dommage.
Je me suis donc butée aux mêmes questions soulevées par la pièce et me suis aussi retrouvée face à cette impression d’être passée à côté de quelque chose. Est-ce parce que, pour faire face à la réalité, soit le décès de la sœur ainée de Vipérine, il faille passer par des images oniriques et un narrateur qui personnifie la Mort, plutôt qu’affronter ses démons et ses peurs, que je n’ai pas accroché? Fort possible. Et si c’était plutôt la ressemblance avec le roman d’Annabel Pitcher, Ma sœur vit sur la cheminée?
Que ce soit à cause de l’une ou l’autre des raisons, ou même les deux, j’ai eu autant de mal avec le faux roman que la pièce elle-même. Et pourtant, le sujet m’intéressait. Il y a tellement peu de livres qui abordent la mort d’un enfant et encore moins qui s’adressent aux enfants eux-mêmes.
De plus, je suis demeurée quelque peu perplexe quant au surnom de l’héroïne. La vipérine utilisée en pharmacopée pour calmer la toux est parfois une plante envahissante. Or, c’est davantage la défunte que Vipérine qui est envahissante, l’urne renfermant ses cendres trônant au milieu du salon et faisant l’objet d’un culte que Vipérine a décidé de cesser en la jetant dans le fleuve.
Espérons que, lors de la réédition, l’éditeur et l’auteur retravailleront le texte afin d’en faire un vrai roman. Les enfants ne lisent pas de théâtre.
Aimer le rouge a du bon. C’est en effet parce que le rouge est ma couleur préférée qu’Élodie m’a envoyé ce coucher de soleil de toute beauté sur les îlets Pigeon.
Nouvel amour
Comment savoir d’avance
Si ce nouvel amour sera la vague immense
Qui transportera l’âme ivre d’émotion,
Jusqu’où s’annonce, enfin, la révélation,
Ou s’il ira se perdre en fol espoir vivide,
En trépignements dans le vide?
À sa famille de pensées
Une femme nous présenta;
Ravi, nous avons dit, en phrases nuancées,
Vers quel bonheur tendaient nos pas.
Un soir de clair de lune,
Un moment de tendresse et de rêve charnel,
Où le monde paraît simple et presque irréel,
Cette femme devient la grisante fortune
Que notre désir appelait.
Le songe autour de nous danse un pas de ballet.
Tout à coup transparaît en l’aimée une tache
Qui nous hallucine, grandit,
Éclipse ses vertus et cache
Son charme de jadis.
Et parce que la dissemblance
Inéluctable entre les cœurs,
Avança par hasard son jour de délivrance,
Le bel amour nouveau se meurt.
Alphonse Beauregard, Les alternances
*choix de la lectrice de Boris Koustodiev
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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