il est de ces nuits aux yeux fermées
qui nous apprennent à lire
où j’écris à la lumière lente
d’une fleur
solitaire
éteignoirs
mes d’aube
trempés de rosée
Andrée Christiansen, Racines de neige
*choix de la lectrice d’Andy Wood
il est de ces nuits aux yeux fermées
qui nous apprennent à lire
où j’écris à la lumière lente
d’une fleur
solitaire
éteignoirs
mes d’aube
trempés de rosée
Andrée Christiansen, Racines de neige
*choix de la lectrice d’Andy Wood
Il était une fois un ours qui avait possédait un petit chapeau, un très petit chapeau, un chapeau minuscule, en fait. Un chapeau bien trop petit pour lui, un chapeau qui ne lui tenait pas sur la tête, mais auquel il était attaché. Un chapeau qu’il décida de déposer sur un banc pour qu’il trouve tête à sa taille. Ce qui finit par arriver, puisque le chapeau disparut.
Bien sûr que l’ours fut triste. Et qu’il s’ennuya de son ami disparu. Même si le bonnet tricoté par sa grand-mère le tenait bien au chaud, ce que n’avait pu faire le minuscule chapeau.
Le temps passa. Puis vint le printemps qui ramena un oiseau parti se réchauffer les plumes durant la saison froide. Un oiseau tout petit qui portait sur la tête le tout petit chapeau. Et qui avait pour l’ours un cadeau : un chapeau à sa taille, identique au sien.
Une histoire toute simple, avec peu de mots, des illustrations de Marjorie Béal s’étalant sur deux pages. Un album qui a le goût du bonheur et qui fait battre le cœur des enfants et des grands. Un album rouge où les larmes sont bleues.
Coup de foudre assuré. Si, si. Rien de moins. À moins que vous ne fassiez partie de ces gens (infréquentables) revenus de tout.
En règle générale, la critique littéraire n’apporte aux auteurs eux-mémes que ce que l’ornithologie apporte aux oiseaux : rien du tout. (Erich Auerbach)
*toile d’Ammi Phillips
Le peintre suit le pinceau abstrait de la neige
ses leçons de regard
la lente floraison
de l’absence
il efface le jardin
le découvre
les ailes grandes ouvertes du blanc
aux milliers de couleurs
d’un seul trait
apaisent l’angoisse d’un pas
égaré dans le paysage
Andrée Christiansen, Racines de neige
*choix de la lectrice de Richard Yeomans
Dire oui à tout et à tout le monde, c’est comme si on n’existait pas. (Tahar Ben Jelloun)
*toile d’Eugène Dabit
pourquoi l’hiver
si lent
tarit de silence et d’absence
il faut pourtant une éternité
à la pierre pour devenir oiseau
pourquoi tous ces tourments
sans réponse
Andrée Christiansen, Racines de neige
*choix de la lectrice d’Alexander Ustinovich Zelenko
J’aime les contes qui me surprennent et me ravissent, qui me font rêver et qui m’attendrissent. Et j’aime les lire et les relire quand ils possèdent à mes yeux toutes les qualités. C’est le cas du très bel album écrit et illustré par Éric Puybaret, Les échasses rouges, où il est question d’une ville sur pilotis, de ses habitants qui utilisent des échasses pour se déplacer, et de Léopold, qui a des échasses tellement grandes qu’il a la tête perchée dans le ciel.
Et de là-haut, on ne se rend pas toujours compte de ce qui se passe en bas, beaucoup plus bas, parce qu’il y a les nuages, les étoiles et la pie, son amie. Jusqu’au jour où celle-ci, vêtue de ses plus beaux atours, abandonne Léopold à ses hauteurs afin de participer à la fête annuelle qui se tient là-bas, en bas, vraiment bas. Si bas qu’il lui faut se pencher, se pencher et se pencher pour découvrir ce qui s’y déroule. Et surtout ce qui ne s’y déroule pas, la réserve de bois étant tombée à l’eau, ce qui empêche la fête de battre son plein, car impossible de faire un feu sans bois sec.
Et pourtant… il y eut un feu. Un immense feu de joie. Grâce à Léopold qui sacrifia ses échasses pour le bonheur des autres.
N’est grand que celui qui a un grand cœur. Ce conte magnifique nous le prouve. Quant aux illustrations, chacune d’elles est un poème.
Un album parfait.
pour participer au miracle
du premier printemps
épouser l’énigme
de l’invisible promesse
regarder mourir la neige
l’écouter murmurer
le nom inédit
de l’oiseau
du nid
de la feuille
Andrée Christiansen, Racines de neige
*choix de la lectrice d’Anna Zinlovsky (dont toute trace a disparu)
Le temps de l’attente ressemble au temps de la sécheresse; toujours trop long. (Jovette Marchessault)
*toile de Mamma Andersson
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