Lali

20 août 2025

On s’écrira?

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:02

On ne peut que tomber sous le charme de l’album On s’écrira. Les illustrations de Marie Saarbach accompagnant le texte plein de poésie de Pierre Glémet sont si belles qu’on aurait envie de toutes les retirer pour en couvrir les murs.

En résumé, Lola et Léo s’écrivent pour ne pas se perdre de vue à la suite des vacances d’été à l’occasion desquelles ils se sont rencontrés, mais il ne s’agit pas d’un véritable échange épistolaire. De courtes phrases s’inscrivent au fil des images, relatant des bribes de leur quotidien. Comment circulent-elles? Ce n’est pas clair, et ce n’est pas important. Cela se joue ailleurs. Dans cet espoir de se revoir, dans cette espèce de grand cahier qu’est la vie.

Il est plus complexe que je ne le croyais au départ d’expliquer la forme que prend cette histoire. Et je ne suis pas certaine d’avoir réussi. Il ne me reste qu’à vous inviter à ouvrir cet album. Moments de bonheur garantis. Je n’en dirai pas plus.

6 août 2025

L’étoile jaune sous divers angles

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:05

« Le jour où le monde devint plus noir, ma mère était ciseaux, mon père était toile d’un jaune lumineux, c’est là que, précise, je fus taillée. »

Ainsi parle l’étoile jaune, qui raconte dans cet album le destin de quelques personnes qui ont dû coudre ce signe distinctif sur leurs vêtements. Pour que tout le monde sache qu’elles étaient Juives et qu’il fallait que ce soit visible pour mieux les bannir et les exclure. De l’enfant au fou, en passant par le rabbin, le libraire et le vieux. Ces porteurs d’étoiles qu’on a jetés dans des trains destinés au bétail, qu’on a persécutés et tués.

C’est à eux et à ceux qui ont survécu à l’enfer des camps de concentration que cet album est dédié. Pour que nul n’oublie. Pour que cette étoile jaune brille à jamais et témoigne du passé. Pour que ça ne se reproduise plus. Tel est le message véhiculé par cet album écrit par Matteo Coradini et illustré par Vittoria Facchini.

Un album juste, économe de mots, mais éloquent, aux images bouleversantes.

Un album percé de la première à la dernière page par un trou en forme d’étoile.

Un album remarquable. Tout simplement.

4 août 2025

La ville grise

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:29

Quand Nina découvre que le gris n’est pas la couleur dominante de tout ce qui l’entoure à la suite de son déménagement dans une grande ville, mais bien la seule couleur, même si elle comporte des nuances, elle ne se laisse pas absorber par tout ce gris, elle qui aime tant les couleurs.

C’est pourquoi beau temps mauvais temps, elle enfile son ciré jaune, même si cela lui attire des heures de retenue. Mais elle n’est pas la seule à qui les couleurs manquent. C’est aussi le cas d’Alan et de sa famille qui se réunissent chaque semaine pour faire de la musique et qui enfilent pour l’occasion leurs vêtements les plus colorés.

Rien ne peut plus les arrêter maintenant qu’ils sont deux. Pas mêmes les portes closes d’une usine où l’on s’applique à ne fabriquer que de la peinture grise. Grâce à eux, la ville retrouvera ses couleurs, celles et ceux qui y vivent aussi. Je vous laisse découvrir comment ils s’y sont pris. Ce serait dommage de gâcher votre plaisir.

J’ai beaucoup aimé La ville grise, un album écrit et illustré par Torben Kuhlman, s’adressant à un public jeune, mais qui devrait être mis dans les mains de tout le monde. Non pas parce que c’est un livre autour de la pollution propre aux villes, non pas parce que Nina est triste d’avoir quitté l’endroit où elle vivait, deux éléments que certaines personnes ont mentionné dans des critiques et comptes rendus que j’ai lus, mais pour une raison bien plus simple. Quand on veut, on peut.

Il n’y a pas de gris trop gris. Il n’y a pas de montagne tout à fait infranchissable. Il n’y a pas d’épreuve devant laquelle on doit baisser les bras. Le combat de Nina, c’est notre combat à tous. Par moments ou quotidiennement. Pour telle ou telle raison. Qu’on ait 10, 60 ou 90 ans.

26 mai 2025

Une belle histoire

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:39

J’adore tout ce qui porte sur les livres, les écrivains, les bibliothèques, les lecteurs, les livres, les éditeurs. Je crois que vous l’avez compris si vous visitez le pays de Lali depuis un moment. Je ne pouvais donc qu’être attirée par l’album Le samedi au Paradis, destiné auc lecteurs débutants, lequel porte sur une bibliothèque de Bogota, créée à partir de livres trouvés dans les poubelles des quartiers riches de la capitale de la Colombie.

C’est José Alberto Gutierrez, un éboueur amoureux des livres, qui est l’instigateur de ce fabuleux projet de recycler des livres dont on ne veut plus afin de les proposer au prêt dans une bibliothèque ouverte tous les samedis. Pour le jeune José, l’autre José de cette histoire, samedi est le jour qu’il attend toute la semaine. Le jour oû il choisira parmi les centaines de livres recueillis celui qui lui tiendra compagnie pendant sept jours.

Écrit par Angela Burke Kunkel et illustré par Paola Escobar, Le samedi au Paradis relate l’histoire de ces deux José qui se retrouvent tous les samedis au Paradis, nom affectueux que porte cette bibliothèque hors de l’ordinaire, qui a valu à son créateur des prix et une renommée mondiale. Une belle histoire, d’autant plus belle qu’elle est vraie.

De moins en moins de livres se retrouvent à la poubelle depuis quelques années. Des boîtes à livres ont surgi dans les rues et même sur notre lieu de travail. Des boutiques qui récupéraient au départ principalement de quoi se vêtir et se chausser de même que des articles de maison recyclent aussi des livres et ont même ouvert des librairies pour que la vie de ces livres se poursuive.

L’inititative de José Alberto Gutierrez s’inscrit dans cette démarche de sauver les livres qui est une préoccupation à l’échelle mondiale. Et pour cause. On ne devrait jamais jeter des livres.

28 avril 2025

Anne Frank, toujours

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 17:23

J’avais 10 ans quand j’ai lu son journal. C’est le dernier livre que mon grand-père m’a offert. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles l’histoire d’Anne Frank a été si importante dès la première lecture et pendant toute mon adolescence. Je rêvais comme elle de devenir écrivaine, et c’est à cause d’elle que j’ai tenu mon journal quotidiennement pendant vingt ans. J’ai même porté une barrette du côté droit tout comme elle.

Je n’ai jamais vécu ce qu’elle a vécu. Mais comme j’aurais voulu la connaître si nous étions nées à la même époque et si sa vie n’avait pas été fauchée prématurément.

Plus tard, j’ai lu de nombreux livres qui portaient sur elle, sur les camps de concentration, sur les résistants, particulièrement des témoignages. Probablement en raison de cette lecture de départ dont nous parlions mon grand-père et moi au téléphone quand il était à l’hôpital. Nous projetions même d’aller à Amsterdam ensemble, nous ne pouvions penser qu’il vivait son dernier automne.

Anne Frank est un peu partout dans mes pages. Dès 2006. Dans ce billet qui demeure un de ceux dont je serai toujours fière. Dans celui-ci. Et aussi dans ce compte rendu. Et dans cet autre encore, datant de 2019.

Sachant cela, vous ne serez pas étonnés que j’aie emprunté cet album jeunesse à la bibliothèque quand je l’ai repéré dans un étalage suggérant des titres portant sur la Seconde Guerre mondiale. Et quelle réussite que cet album écrit par Isabel Thomas et illustré par Paola Escobar.

Un album à offrir aux jeunes qui ne connaissent pas Anne Frank. Et même à celles et ceux qui ont déjà entendu parler d’elle. Pour souligner les 80 ans de la fin de cette guerre qu’on ne doit pas oublier, pas plus qu’aucune autre. Un album qui est une réussite totale, tant pour la narration et le contenu historique que pour la facture. Un livre qui ouvre sur le monde, un livre comme il en faut toujours davantage.

27 mars 2025

Des personnages attachants

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:03

Dès les premières pages de Florence & Léon, j’ai été conquise, rien de moins. Il faut dire que ces deux personnages sont très attachants. Florence, même si elle a un problème aux poumons qui l’empêche de respirer à fond. enseigne la natation. Léon, qui n’a pas une bonne vue, est agent d’assurances.

C’est en raison d’une collision qu’ils font connaissance. Et c’est devant un café glacé et un jus mangue et melon qu’ils re racontent, et qu’ils parlent de ce qui les empêche de vivre à plein. Manquer d’air, pour Florence, c’est comme respirer à travers une paille. Ne voir qu’en partie, pour Léon, c’est un peu comme voir ce qui l’entoure à travers une paille.

Et si l’un et l’autre s’entraidaient et faisaient en sorte que les carences de l’un soient compensées par les forces de l’autre? Une histoire qui m’a rappelé mes parents qui, en vieillissant, avaient perdu en partie la vue et l’ouïe pour l’un, la mobilité pour l’autre, et qui affirmaient haut et fort que tout allait bien puisqu’à deux, ils obtenaient la note parfaite de 100 %.

Une belle histoire signée Simon Boulerice, soutenue par les illustrations de Delphine Côté-Lacroix. Une histoire que vous pouvez aussi voir et entendre si vous en avez envie.

26 mars 2025

L’homme qui écoutait chanter l’oiseau

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:35

L’album écrit par Christian Merveille et illustré par Valeria Docampo, L’homme qui écoutait chanter l’oiseau, est bouleversant, à l’instar de tous les livres qui portent le logo d’Amnesty International. Oui, bouleversant. C’est le moins qu’on puisse dire. On ne peut en effet fermer l’album sans verser une larme.

Cela commence de façon bien innocente. Un homme refuse de se coucher au sol lors du passage du Roi parce qu’il veut entendre l’oiseau chanter alors que c’est obligatoire de se prosterner et de ne pas lever les yeux. On l’emprisonne pour cette raison. Mais comme l’oiseau le visite pendant qu’il est derrière les barreaux, on le rend aveugle. Puis, comme ce n’est pas suffisant, puisqu’il peut toujours entendre le chant de l’oiseau, on le rend sourd. Il n’a plus rien pour se rattacher à la vie que ses souvenirs puisqu’il ne peut plus voir ou entendre l’oiseau.

Vous aurez compris qu’il s’agit d’un livre sur la torture, sur ce qu’on inflige à celles et ceux qui sont différents et qui ne veulent pas se plier à des lois qui briment leur liberté et leurs droits. Vous aurez sûrement aussi deviné que cet homme sera un jour libéré. Les albums jeunesse se terminent souvent bien dans la vie. Et tant mieux. Il faut laisser un opeu d’espoir aux jeunes.

Puissent de nombreuses bibliothèques scolaires avoir ce livre sur leurs rayons. Il est essentiel.

20 mars 2025

Le nuage de papa

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:52

Pas facile d’aborder un sujet aussi sensible que la dépression d’un parent sans utiliser de mot savant, sans parler de médication. Agnès de Lestrade a réussi ce tour de force avec Le nuage de papa. Un album qui relate ce que vit le papa de l’héroïne de cette histoire, écrite au je, et qui nous est racontée de façon poétique.

Pas de drame. Juste de la tristesse et l’impossibilité de sourire. Tout cela en raison d’un nuage qui prend beaucoup de place et qu’on essaie de faire disparaître par toutes sortes de moyens, notamment en soufflant dessus.

Or, le nuage est tenace. Il faudra du temps pour qu’il ne prenne plus toute la place et que le papa retrouve le sourire. Mais il y parviendra. Pour le moment. Il n’est pas dit que le nuage ne réapparaîtra pas.

Une totale réussite que cet album illustré par Stéphanie Marchal.

26 février 2025

Louise et Rose

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:39

Ce sont les illustrations de l’artiste vietnamienne Khoa Le, découvertes en butinant d’un site à l’autre comme j’aime tant le faire, qui m’ont poussée à chercher à en apprendre davantage sur son travail. C’est ainsi que j’ai emprunté à la bibliothèque le très bel album écrit par par April Genevieve Tucholke, Louise de la nuit.

L’album nous présente Louise, qui aime le noir, la nuit, les araignées, les cimetières, et Rose, qui aime la lumière, les couleurs vives, les papillons et les fêtes d’anniversaire. Or, Louise ne comprend pas Rose. Rose ne comprend pas plus Louise.

Mais on peut être sœurs, avoir des goûts très différents et s’aimer, se soutenir, s’accepter. C’est le message que livre cet album aux images toutes plus belles les unes que les autres et sur lesquelles on a envie de s’attarder pour en examiner les moindres détails.

Texte et illustrations se complètent et se répondent, et on se laisse emporter de page en page par cette histoire toute simple qui m’a émue. Ma sœur et moi avons si peu en commun, à l’instar de Louise et Rose. Mais toute notre vie, nous avons été là l’une pour l’autre. Et si j’aime les cimetières qu’elle n’aime pas, j’aime aussi, tout comme elle, le rouge et le rose.

Si Monique aimait les albums jeunesse, ce qui n’est pas le cas, je lui offrirais celui-ci, qui parle un peu de nous. Oui, de nous, et de nombreuses autres sœurs, j’en suis convaincue.

20 décembre 2024

Joséphine

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:59

Je devais avoir 10 ou 11 ans quand j’ai entendu parler de Joséphine Baker. Pas de la danseuse, ni de la chanteuse. Mais de cette maman de douze enfants de toutes origines qu’elle avait adoptés et qu’elle appelait sa tribu arc-en-ciel. Je me rappelle qu’à l’époque j’avais été émue par son histoire et par toute l’énergie qu’elle avait déployée pour donner le meilleur à ses enfants alors qu’elle était totalement ruinée.

C’est plus tard que j’ai connu la danseuse de La revue nègre et celle qui chantait J’ai deux amours. Plus tard encore que j’ai connu son rôle au sein de la Résistance.

L’album Joséphine fait le tour de toutes celles qu’elle a été. Et quel album remarquable! Patrick Hruby Powell n’a négligé aucun détail. Autant la vie personnelle de Joséphine Baker y est-elle présentée, autant la condition des Noirs aux États-Unis et la ségrégation raciale qui y régnait sont-elles expliquées. L’illustrateur Christian Robinson, quant à lui, s’est appliqué. Chaque planche est une petite merveille. L’album est publié par Rue du monde, un éditeur jeunesse qui peut se vanter de ne publier que des livres de grande qualité et indémodables.

Et pour finir, une petite anecdote qui m’a bien plu : Joséphine Baker a fait ajouter l’accent aigu à son prénom quand elle a obtenu la nationalité française. Et cette citation de Joséphine : « Vivre, c’est danser. J’aimerais mourir à bout de souffle, épuisée, à la fin d’une danse. »

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