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Ces pauses qui n’existent plus

  

Petit moment de nostalgie pour ces pauses qui n’existent plus. Celles que je m’accordais parfois à la table de cafés, notamment quand je vivais dans un quartier plus animé. Il était si facile de me rendre à pied au Café Les Entretiens en quelques minutes. D’y boire un grand bol de café au lait ou de commander une salade de chèvre chaud qui demeure inoubliable. Mais ce lieu n’existe plus. Le café a fermé les portes en 2021 après 42 ans d’existence. Depuis, je n’ai pas trouvé de lieu semblable.

Comme j’ai aimé y lire et y écrire. Pendant quelque temps, une serveuse qui s’appelait Lali (oui, vraiment) a assuré le service.

Retrouverai-je un jour un lieu qui me fasse le même effet ou devrai-je me contenter de tableaux qui me font rêver?

*sur une toile d’Olga Bolgar

Les bons mots

  

Comment trouver les bons mots pour réconforter celle qui va perdre une amie, atteinte d’un cancer fulgurant, dans les prochains jours? Comment lui dire que la mort qui va faucher une jeune femme dans la trentaine, mère de deux jeunes. enfants, ne pourra effacer les souvenirs qu’elles ont en commun, pas plus que le bonheur qu’elle a eu de vivre cette amitié? Comment ne pas penser que la vie est souvent injuste? Comment ne pas pleurer avec elle?

Qu’Ève sache que je suis là. Jamais bien loin. Et que je sais ce qu’elle vit.

*toile de Yolande De Vlugt

Ses histoires 2

  

Parfois, elle voyage dans ses souvenirs et choisit parmi eux une anecdote qu’elle a envie de partager avec moi. Hier, lui est revenu en tête un été qui date de plus de 40 ans. Elle a revu une scène précise. Un parc, un soir de juillet, une pièce de théâtre pour enfants, un carré de sable. Les sandales qu’elle a retirées pour le plaisir d’enfouir ses orteils dans ce qu’en fermant les yeux, elle a pu imaginer être une plage. Et lui qui la regarde. Et qui lui dit qu’il ne va tout de même pas se défaire de ses chaussures et et de ses chaussettes pour faire comme elle.

C’est ce soir-là qu’elle a commencé à devenir un peu moins amoureuse.

*illustration de Yelena Bryksenkova

Des images, des mots et des notes

  

S’il me fallait un jour choisir entre l’écriture, la lecture, la musique, les images, qu’il s’agisse de tableaux ou d’illustrations, je serais bien embêtée tant tout cela fait partie de mon quotidien et m’est essentiel.

Je ne serai jamais en mesure de me priver de mots, de notes ou d’images. Et si cela arrivait, cela signifierait que j’accepte qu’on ampute une partie de ce qui m’anime et me fait vibrer. Donc, imprensable. Alors, inutile d’y songer.

*toile d’Emma Foster

 

Tentations

  

Ouvrir des boîtes de livres avec l’intention de les ranger, c’est prendre le risque de ne pas être en mesure de faire ce qui était au programme. Je m’en rends compte presque quotidiennement,

Cet album sur les impressionnistes est si tentant. Cet autre sur la Bretagne l’est tout autant, sinon plus. Même chose pour le livre portant sur les Jeux olympiques de Montréal. Et que dire de ce recueil de textes d’Yves Simon?

C’est si facile de laisser là le classement et d’ouvrir l’un d’eux. Et de ne âs se sentir coupable.

*toile de Lara Hoke

Ses histoires 1

  

J’aime l’écouter se raconter. Oui, j’aime entendre ses histoires. J’aime aussi quand elle remonte le temps, quand elle me parle de l’un ou de l’autre, d’un lieu, d’une odeur, d’une couleur. J’aime quand elle partage un souvenir, quand elle me fait part d’une rélexion.

Ces jours-ci, elle m’a parlé d’un homme qui lui a dit quand elle avait 20 ans qu’elle avait « la plus belle nuque d’Amérique ». Elle avait trouvé ce compliment étrange sur le coup. Mais plus aujourd’hui. Personne d’autre ne lui a jamais parlé de sa nuque.

Et elle sourit en repensant à ce souvenir qui a plus de 40 ans. Et elle me sourit en tournant la tête pour que je refasse son chignon. C’est vrai qu’elle a une belle nuque.

*toile de Patrice Bailly

Des livres bien rangés

  

Comme c’est beau, des livres bien rangés. C’est ce que je me dis chaque fois que je réussis à vider quelques boîtes en regardant les rayons des sept étagères de la pièce que j’appelle la bibliothèque/salle de musique se garnir. Romans québécois ici, poésie là-bas, théâtre plus loin. Histoire, essais, dictionnaires et livres sur les langues dans le bureau, cinq marches plus bas.

Oui, comme c’est beau, tous ces livres qui trouvent leur place. Il y a même une section pour les livres en attente d’être lus. Joie : ils sont nombreux.

*illustration d’Olivia Winchester

À l’heure du tri

  

À quels livres tient-on? Lesquels nous sont essentiels? Desquels se départir? Pour quelles raisons conserver celui-ci plutôt qu’un autre?

À l’heure du tri, à mesure que je vide des boîtes, les questions surviennent. En cas d’hésitation, mettre à part ceux pour lesquels je suis indécise pour ne pas avoir de regrets par la suite, comme cela m’est arrivé avec certains vêtements que j’ai donnés.

*toile d’Olivia Chigas

Choisir de me taire

  

J’ai rapporté aujourd’hui à la bibliothèque un album jeunesse qui m’a beaucoup déçue. Ce n’est pourtant pas un mauvais livre. Il est même plutôt beau. Mais aussi très fragile, en raison des images découpées qui s’intercalent entre les illustrations. Et puis, le texte est banal, voire sans intérêt,

Mais je n’en ferai pas un compte rendu ici, encore moins une critique que j’aurais pu publier sur le site de Babelio. J’ai choisi de me taire, de ne pas étaler les défauts de cet album, de ne pas faire part de ma déception.

En sera-t-il toujours ainsi? Vais-je désormais ne parler que des livres que j’ai aimés ou qui ont un certain intérêt? Je l’ignore pour le moment. Mais je me pose la question.

  

*toiles de Dan May

Mieux m’organiser

  

Il n’est pas trop tard pour prendre des résolutions pour 2025, même si j’évite de le faire par peur (ou probabilité) de ne pas être en mesure de les tenir. C’est ce que je me suis dit hier avec l’arrivée du mois de mars.

Il est plus que temps que j’organise mieux mes heures de liberté, que je ne dépasse pas un certain nombre de minutes par jour devant l’écran en quête d »images, que je ne me laisse pas tenter par des séries télé dont j’enfile les épisodes à la chaîne au lieu de doser le visionnement afin d’étirer le plaisir, que je n’empile plus les lettres auxquelles répondre sous toutes sortes de prétextes, et surtout que je m’accorde une heure de lecture au quotidien.

Je ne sais pas s’il s’agit là de résolutions ou de souhaits. Je sais seulement qu’il est temps que je m’organise. Ainsi, je pourrai jour après jour prendre la place des lectrices imaginées par Lida Ziruffo.