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Trop?

  

Est-ce que je publie trop de billets? Est-ce que je n’écris pas assez? Est-ce que je néglige la littérature et privilégie plutôt les images? C’est une question qui m’est venue à l’esprit récemment. Une question à laquelle je ne tiens pas à répondre.

Le pays de Lali est mon refuge, là où au quotidien depuis plus de vingt ans, je me raconte un peu. Par bribes. Et depuis quelque temps, ce sont souvent les cartes postales qui servent à faire revivre des souvenirs, des gens, des lieux, des moments. Et je ne pense pas que ça change. J’aime tellement la publication quotidienne de cartes postales dans ce lieu qui est le mien.

Parler de livres me manque. Prendre des photos aussi, Mais j’y reviendrai.

Non, je ne publie pas trop de billets. Mais oui, je n’écris pas suffisamment, du moins ici.

*illustration d’Aurélien  Galvan

Une pile, des piles, des montagnes

  

Quand on ne parle plus d’une pile de livres à lire, ni de piles de livres à lire, peut-on parler de montagnes de livres à lire? Je crois que je vis au mileu d’une chaîne de montagnes de livres à lire et que je n’aurai pas assez de toute une vie pour les lire tous.

  

*toiles de Sedigheh Zoghi

J’aime être pieds nus

  

J’aime ne pas porter de chaussures. Ce fut d’ailleurs l’objet d’un de mes premiers billets il y a plus de 20 ans. Mais je ne peux plus m’adonner à ce plaisir en toute insouciance. J’ai les pieds engourdis en permanence en raison d’une neuropathie diabétique périphérique. Je ne ressens donc pas le froid ou le chaud de la même façon qu’avant. C’est plus flou et ça peut être dangereux. Même chose pour les objets qui pourraient se trouver au sol et me blesser sans que je n’en rende compte. Donc, plus question de marcher pieds nus dans la cour en sortant de la piscine. Je m’empresse de chausser des espadrilles pour ne pas me brûler la plante des pieds ou me tourner la cheville en marchant sur une des dalles,

Mais rien ne m’empêche de m »offrir ce petit plaisir quand je lis allongée sur le sofa.

*toile de Parvaneh Razaghi

Pas de coup de foudre

  

Tellement de livres me tentaient que je suis rentrée de la bibliothèque avec une pile d’albums jeunesse, me disant que j’allais faire des découvertes, être séduite par une histoire, emballée par des images, tentée de vous parler de ces albums.

Une semaine plus tard, j’ai lu la moitié des albums. Aucun coup de foudre. Pas même un semblant d’émotion. Le problème vient-il de moi? Suis-je blasée? Ou ai-je mal choisi? J’avais tellement envie de recommencer à vous parler de livres jeunesse.

Je croise les doigts. Il y a encore quelques albums à lire avant de faire de nouvelles provisions.

*dessin de Sally K. Smith

Les samedis d’autrefois

  

  

  

  

 

 

Les samedis matins ont été à diverses époques de ma vie le moment idéal pour la chasse aux trésors. J’entends par là les tournées que je faisais avec mon amie Hélène des différentes ventes-débarras quand nous étions voisines. On épluchait les petites annonces dans The Gazette, on sortait une carte de Montréal, et on se mettait en route pour une partie de la journée.

Puis, beaucoup plus tard, il y eut les bazars, les marchés aux puces, les librairies d’occasion, lesquels m’ont donné l’occasion de faire quelques trouvailles fabuleuses. Des cartes postales, des livres, des CD, essentiellement.

On ne sait pas qu’on a besoin de quelque chose tant qu’on ne l’a pas trouvé. Hélène avait raison.

*toiles de Benjamin Walter Spiers

 

Une journée sans aucun souci

  

Comme ce serait agréable d’avoir enfin droit à une journée de calme qu’aucun élément extérieur ne viendrait troubler. Une journée où je n’aurais pas à m’en faire pour toutes sortes de raisons. Où je ne penserais qu’à profiter du jour férié qu’est aujourd’hui.

Mais j’ai dû faire remorquer ma voiture en sortant du bureau hier. Elle ne voulait plus démarrer et divers messages inquiétants sont apparus sur le tableau de bord. J’en saurai plus demain, personne ne travaille aujourd’hui.

Et j’attends toujours la visite du technicien chargé de l’ouverture de ma piscine pour la saison estivale. Je commence même à me dire que je ne me baignerai pas cette année. Tout ça à cause d’un morceau manquant, mais essentiel.

Et je pourrais continuer ainsi. Il y a tant de choses dont m’occuper, et davantage d’imprévues que d’atrendues, ce qui complique mon quotidien. Mais pour l’heure, il fait juste nuageux. Je vais m’installer dehors avant les orages prévus. Avec un livre et une tasse de café. Les problèmes et leur résolution attendront!

*tableau de Gildasio Jardim Barbosa

Anecdotes de libraire 84

  

Il m’arrive certains samedis de laisser mes souvenirs prendre toute la place, de remonter le temps, de me retrouver en train de replacer des livres sur les rayons, de faire l’inventaire de certaines collections, de lire des quatrièmes de couverture, de sélectionner des titres pour une passionnée de romans policiers, de discuter avec un journaliste qui passait faire des provisions un samedi sur deux ou de lire un album jeunesse, installée au comptoir-caisse de la librairie. Toutes ces choses qui datent d’une autre vie, d’une vie d’avant janvier 2006.

Une vie qui me manque parfois, mais de moins en moins, une vie qui fait partie de moi à jamais.

*illustration de Dena Ackerman

Du danger de ranger

  

Chaque fois que, pleine de bonne volonté, je me sens prête à vider deux ou trois caisses de livres, et à faire du rangement, je ne mets pas mon projet à exécution. Ou du moins, pas en totalité. Il y a toujours un livre que je (re)découvre, qui me pousse à en (re)lire des passages. Et je n’avance guère.

Bien sûr, certains trouvent leur place facilement, D’autres me laissent hésitante. Ai-je lu ce roman dont je ne conserve aucun souvenir? Devrais-je vraiment conserver celui-ci que je ne relirai jamais? Et puis, une pépite. Et je laisse tout en plan pour me plonger dans un recueil de poèmes ou un roman. Le rangement attendra.

C’est dimanche, s’il me faut vraiment une raison.

*toile de Yuanyuan Liu

Il fut un temps…

  

Il fut un temps où je prenais mon temps, où les samedis débutaient tout en douceur, où je sortais acheter des croissants et où je lisais les pages culturelles du journal. Un temps qui a disparu et qui me manque parfois. Surtout les samedis pluvieux comme aujourd’hui, alors qu’il serait si agréable de rester en pyjama. Mêrme sans les croissants. Même sans le journal. Mais avec du café. Et de la musique.

*toile de Lydia Laidinen

Mandarine

 

  

J’ai parfois envie d’avoir un chat. Un chat roux, évidemment. Ce sont, parait-il, les plus indisciplinés, les plus fous, les plus enclins à vous faire rire et à vous attendrir. On pardonne tout aux chats roux. Ils n’ont qu’à pencher la tête et à vous faire les yeux doux pour que vous ne fassiez plus cas de la plante renversée, de la disparition d’une chaussette ou de la réorganisation de vos oreillers.

Fatigués, voire épuisés d’avoir dépensé beaucoup d’énergie à faire des pitreries, ils s’installent à vos côtés et vous laissent lire… jusqu’à ce que l’idée d’une nouvelle bêtise surgisse.

La Mandarine de mon adolescence était ainsi.

  

*toiles de Leah Piken Kolidas