Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
Du danger de ranger

  

Chaque fois que, pleine de bonne volonté, je me sens prête à vider deux ou trois caisses de livres, et à faire du rangement, je ne mets pas mon projet à exécution. Ou du moins, pas en totalité. Il y a toujours un livre que je (re)découvre, qui me pousse à en (re)lire des passages. Et je n’avance guère.

Bien sûr, certains trouvent leur place facilement, D’autres me laissent hésitante. Ai-je lu ce roman dont je ne conserve aucun souvenir? Devrais-je vraiment conserver celui-ci que je ne relirai jamais? Et puis, une pépite. Et je laisse tout en plan pour me plonger dans un recueil de poèmes ou un roman. Le rangement attendra.

C’est dimanche, s’il me faut vraiment une raison.

*toile de Yuanyuan Liu

Il fut un temps…

  

Il fut un temps où je prenais mon temps, où les samedis débutaient tout en douceur, où je sortais acheter des croissants et où je lisais les pages culturelles du journal. Un temps qui a disparu et qui me manque parfois. Surtout les samedis pluvieux comme aujourd’hui, alors qu’il serait si agréable de rester en pyjama. Mêrme sans les croissants. Même sans le journal. Mais avec du café. Et de la musique.

*toile de Lydia Laidinen

Mandarine

 

  

J’ai parfois envie d’avoir un chat. Un chat roux, évidemment. Ce sont, parait-il, les plus indisciplinés, les plus fous, les plus enclins à vous faire rire et à vous attendrir. On pardonne tout aux chats roux. Ils n’ont qu’à pencher la tête et à vous faire les yeux doux pour que vous ne fassiez plus cas de la plante renversée, de la disparition d’une chaussette ou de la réorganisation de vos oreillers.

Fatigués, voire épuisés d’avoir dépensé beaucoup d’énergie à faire des pitreries, ils s’installent à vos côtés et vous laissent lire… jusqu’à ce que l’idée d’une nouvelle bêtise surgisse.

La Mandarine de mon adolescence était ainsi.

  

*toiles de Leah Piken Kolidas

Ses histoires 3

  

Elle parle davantage des livres qui l’ont marquée que des hommes qu’elle a peut-être aimés. Elle dit probablement aimé en se souvenant de l’un d’eux. Elle n’est plus certaine. C’était il y a si longtemps, après tout.

Mais elle n’oubliera jamais ce samedi matin où en démarrant la voiture, après un dernier baiser, ils avaient entendu cette chanson à la radio. Il lui avait tellement dit qu’elle était belle qu’ils avaient éclaté de rire en même temps en entendant les premières notes de ce hit d’autrefois, remis à la mode cette année-là dans un film inoubliable. En évoquant la scène, elle ne peut que sourire. Et je souris avec elle. J’aime ses histoires.

*toile de Pauline Ender

 

Ces pauses qui n’existent plus

  

Petit moment de nostalgie pour ces pauses qui n’existent plus. Celles que je m’accordais parfois à la table de cafés, notamment quand je vivais dans un quartier plus animé. Il était si facile de me rendre à pied au Café Les Entretiens en quelques minutes. D’y boire un grand bol de café au lait ou de commander une salade de chèvre chaud qui demeure inoubliable. Mais ce lieu n’existe plus. Le café a fermé les portes en 2021 après 42 ans d’existence. Depuis, je n’ai pas trouvé de lieu semblable.

Comme j’ai aimé y lire et y écrire. Pendant quelque temps, une serveuse qui s’appelait Lali (oui, vraiment) a assuré le service.

Retrouverai-je un jour un lieu qui me fasse le même effet ou devrai-je me contenter de tableaux qui me font rêver?

*sur une toile d’Olga Bolgar

Les bons mots

  

Comment trouver les bons mots pour réconforter celle qui va perdre une amie, atteinte d’un cancer fulgurant, dans les prochains jours? Comment lui dire que la mort qui va faucher une jeune femme dans la trentaine, mère de deux jeunes. enfants, ne pourra effacer les souvenirs qu’elles ont en commun, pas plus que le bonheur qu’elle a eu de vivre cette amitié? Comment ne pas penser que la vie est souvent injuste? Comment ne pas pleurer avec elle?

Qu’Ève sache que je suis là. Jamais bien loin. Et que je sais ce qu’elle vit.

*toile de Yolande De Vlugt

Ses histoires 2

  

Parfois, elle voyage dans ses souvenirs et choisit parmi eux une anecdote qu’elle a envie de partager avec moi. Hier, lui est revenu en tête un été qui date de plus de 40 ans. Elle a revu une scène précise. Un parc, un soir de juillet, une pièce de théâtre pour enfants, un carré de sable. Les sandales qu’elle a retirées pour le plaisir d’enfouir ses orteils dans ce qu’en fermant les yeux, elle a pu imaginer être une plage. Et lui qui la regarde. Et qui lui dit qu’il ne va tout de même pas se défaire de ses chaussures et et de ses chaussettes pour faire comme elle.

C’est ce soir-là qu’elle a commencé à devenir un peu moins amoureuse.

*illustration de Yelena Bryksenkova

Des images, des mots et des notes

  

S’il me fallait un jour choisir entre l’écriture, la lecture, la musique, les images, qu’il s’agisse de tableaux ou d’illustrations, je serais bien embêtée tant tout cela fait partie de mon quotidien et m’est essentiel.

Je ne serai jamais en mesure de me priver de mots, de notes ou d’images. Et si cela arrivait, cela signifierait que j’accepte qu’on ampute une partie de ce qui m’anime et me fait vibrer. Donc, imprensable. Alors, inutile d’y songer.

*toile d’Emma Foster

 

Tentations

  

Ouvrir des boîtes de livres avec l’intention de les ranger, c’est prendre le risque de ne pas être en mesure de faire ce qui était au programme. Je m’en rends compte presque quotidiennement,

Cet album sur les impressionnistes est si tentant. Cet autre sur la Bretagne l’est tout autant, sinon plus. Même chose pour le livre portant sur les Jeux olympiques de Montréal. Et que dire de ce recueil de textes d’Yves Simon?

C’est si facile de laisser là le classement et d’ouvrir l’un d’eux. Et de ne âs se sentir coupable.

*toile de Lara Hoke

Ses histoires 1

  

J’aime l’écouter se raconter. Oui, j’aime entendre ses histoires. J’aime aussi quand elle remonte le temps, quand elle me parle de l’un ou de l’autre, d’un lieu, d’une odeur, d’une couleur. J’aime quand elle partage un souvenir, quand elle me fait part d’une rélexion.

Ces jours-ci, elle m’a parlé d’un homme qui lui a dit quand elle avait 20 ans qu’elle avait « la plus belle nuque d’Amérique ». Elle avait trouvé ce compliment étrange sur le coup. Mais plus aujourd’hui. Personne d’autre ne lui a jamais parlé de sa nuque.

Et elle sourit en repensant à ce souvenir qui a plus de 40 ans. Et elle me sourit en tournant la tête pour que je refasse son chignon. C’est vrai qu’elle a une belle nuque.

*toile de Patrice Bailly