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Bien chez moi

  

Il y a six ans, lorsqu’on nous a imposé le télétravail en raison de la pandémie, je ne savais pas que j’y prendrais tellement goût que me rendre au bureau deux fois par semaine depuis un an deviendrait un véritable poids. Mais il parait que c’est vital. Qu’il faut socialiser pour notre santé mentale. Que travailler chez soi provoque un déséquilibre.

Et ce matin, pas plus que les autres matins de cette semaine, je ne me suis rendue au bureau. Ce n’est pourtant pas au bout du monde. Une dizaine de kilomètres seulement, Mais avec les rues fermées en raison de travaux qui s’éternisent, les nids de poule (voire d’autruche dans certains cas) à contourner, la glace noire qui demande qu’on ralentisse certains jours, les équipes de déneigement en pleine action à l’heure de pointe sur les axes importants qui créent des embouteillages et occasionnent des retards d’autres jours, il me faut compter une bonne heure pour me rendre au bureau.

Et comme le stationnement de la clinique où je gare ma voiture est très mal entretenu, je dois user de tous mes talents pour ne pas m’étaler de tout mon long et risquer de ne pas être en mesure de me relever sans aide – si jamais une bonne âme venait me secourir. Les pires jours, j’utilise la canne de ma mère, laquelle est munie d’un pic à glace en plus de porter des crampons. Ça a tout un style avec mon bazar : petit sac à dos pour mes effets personnels, deuxième sac à dos pour l’ordi, les écouteurs et la paperasse, et sac pour mon lunch. Je ne transporte plus de chaussures, mes pantoufles se glissent très bien dans l’un des sacs à dos. Et c’est moins lourd.

Évidemment que j’arrive au bureau stressée et avec l’impression d’avoir travaillé des heures tant j’ai dépensé d’énergie depuis que je suis partie de la maison. Ce n’est pas le moment de faire le tour des bureaux pour saluer les collègues. De toute façcon, il est bien trop tôt pour cela. Je suis la première arrivée sur mon étage, il n’y a donc pas âme qui vive dans les parages.

Je peux donc m’installer, brancher les fils, ajuster les écrans, confimer ma présence. Et espérer que personne n’a réservé l’autre espace de travail du bureau. Je n’ai pas le temps de socialiser. Et ça ne m’intéresse pas. Je suis là pour travailler.

Aujourd’hui, je reste chez moi. Je n’ai pas à quitter la maison, chargée comme un mulet, afin d’affronter les conducteurs impatients parce que les rues sont moins praticables en raison de la neige d’hier soir et de cette nuit. Je n’ai qu’à descendre deux escaliers afin de me retrouver dans le bureau de mon père que j’ai presque conservé intact pour le moment. À côté du clavier, une photo de lui prise il y a une dizaine d’années. Un jour heureux. Un jour où nous avons ri, mais ri…

Et je serai beaucoup plus efficace ici. N’en déplaise à l’équipe de la haute direction qui nous impose ce pensum sous prétexte de préserver notre santé mentale alors que nous ne sommes pas dupes. L’équipe des finances n’aime pas les coûts occasionnés par des bureaux inoccupés.

*toile de Jean Metzinger

Ce matin

  

Il m’arrive encore souvent de penser à Lucie. De me dire que j’aimerais bien voir cette pièce avec elle. D’écouter un artiste qu’elle m’a fait découvrir. De me retrouver dans des endroits que nous aimions. De rire toute seule en me remémorant certaines de nos aventures. De faire fi de la pluie et de la neige qui ne l’arrêtaient jamais, elle qui prenait des bouchées doubles ou même triples pour ne rien rater de tout ce qui s’offrait à elle. Comme si elle sentait que ses jours étaient comptés.

Plus de neuf ans ont passé depuis ce dernier jour d’octobre 2016 où elle nous a quittés. À l’époque, quelques personnes de son entourage et moi nous étions dit qu’elle avait choisi la bonne date pour l’aide à mourir. Quelques jours plus tard, Leonard Cohen nous quittait et un fou  prenait le pouvoir au sud de la frontière. Ça l’aurait archevée. Probablement. Sûrement.

Et ce matin, je pense à elle. Comme souvent. Et elle me manque terriblement.

*toile de Maxwell Armfield

Plus de temps?

  

A-t-on plus de temps pour soi à l’heure de la retraite? Je me le demande alors que je vois les uns et les autres courir d’un rendez-vous médical à l’autre et être aux prises avec plus de papiers administratifs qu’ils ne l’ont été de toute leur vie.

Je me pose la question à l’heure où je dois commencer à y penser sérieusement et à faire des calculs en conséquence.

Je voudrais juste un peu plus de temps pour lire, écouter de la musique, me glisser dans un tableau et rêver.

La retraite offre-t-elle cela?

*toile de Heather Neill

En ligne!

 

La nouvelle mouture du pays de Lali est en ligne depuis hier et prête à vous accueillir pour deux nouvelles décennies. Qu’en pensez-vous?

*illustration de Lionel Darian

Un jour de décembre

Elle a passé la journée à la maison, en legging, chaussettes chaudes et haut de pyjama. Il faisait si froid dehors. Et il y a tant de livres à ranger sur les rayons des bibliothèques prêtes à les accueillir. Des livres non lus qui attendent leur heure. Des livres lus et relus, dont elle ne se départira jamais. Des livres qu’on lui a offerts. Des romans, des recueils de poèmes, des livres d’art, des guides de voyage.

Elle restera encore au chaud aujourd’hui. Elle aimerait bien retrouver un livre en particulier.

*toile de Layla Oz

Joyeux, joyeux Noël!

Qu’elle se déroule en famille, entre amis, ou les deux, que la journée de Noël vous apporte des moments de bonheur qui demeureront gravés à jamais.

Ça avance

En cette première journée de vacances, j’ai vidé deux sacs et une boîte, et je compte bien continuer à le faire presque tous les jours d’ici le 5 janvier. J’ai même posé des cadres pour remplacer ceux apportés à ma mère pour donner de la couleur à la chambre de la résidence où elle vit depuis quelques mois, et où tous les murs sont blancs. Je peux donc affirmer que ça avance et que je me sens de plus en plus chez moi dans cette maison où se trouvent côte à côte ce que je tiens à conserver des 40 ans où j’ai vécu ailleurs et des souvenirs qu’ont accumulés mes parents pendant 62 ans.

*toile d’Andor Basch

Bientôt

L’équipe de mon hébergeur travaille fort afin de mettre en ligne très bientôt un pays de Lali plus fonctionnel. Le visuel sera un peu différent, mais la machine à écrire à laquelle je tenais ne disparaîtra pas. La deuxième ronde de révision est en cours. Après la troisième, et la confirmation que tout est prêt pour la migration, donc d’ici la fin de l’année, vous pourrez vous promener et (re)découvrir certains billets. Vous avez aussi hâte que moi?

Dans huit jours

À cette heure-ci, dans huit jours, je m’apprêterai dans les prochaines heures à accueillir mes meubles et quelques caisses de livres, principalement, Le reste a été transporté petit à petit, donné ou jeté. Je pourrai donc enfin installer ma bibliothèque/salle de musique. J’en rêve depuis des mois.

*toile de Kristen Olson Stone

Quelle semaine!

Je suis en congé depuis le 6 octobre et ne retournerai au bureau que mardi. Bien sûr que trier le contenu des sacs et des boîtes était au menu, question d’avancer afin de pouvoir procéder au déménagement de meubles dans les prochaines semaines. Lire l’était aussi. Mais mon vendredi auquel je pensais consacrer de nombreuses heures à la lecture a été chamboulé.

J’ai passé toute la journée à échanger avec mon hébergeur. Mon blogue a de nombreux problèmes comme vous pouvez le constater en accédant à la page d’accueil. Malgré des mises à jour, ce ne sera pas suffisant pour qu’il retrouve sa fonctionnalité. Une optimisation s’impose donc. Elle aura lieu lundi. Donc, pas de panique si le pays de Lali n’est pas accessible ce jour-là.

Peut-être que ce sera l’occasion de lire puisque c’est un jour férié? Je me le souhaite. Ces dernières semaines ne m’ont pas donné l’occasion de me reposer et de me détendre. Je vous épargne le reste de mes soucis, la liste serait trop longue.

Bon samedi!

*toile de Levan Chabukiani