Avec l’été qui file à toute vitesse et l’arrivée du mois d’août dans moins d’une semaine, je me suis dit qu’il était plus que temps que je vous offre une scène livresque estivale à raconter en vos mots. C’est sur une illustration de l’artiste Alison Seiffer que mon choix s’est arrêté, en espérant que celle-ci vous inspirera. Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. Vous avez donc plus que le temps de lire les textes déposés sur l’illustration de dimanche dernier, de les commenter si vous le désirez, et d’écrire quelques lignes. C’est avec plaisir que nous vous lirons.
D’ici là, profitez des beaux jours et retrouvons-nous dimanche prochain!
2 réponses
Je n’ai jamais lu avec toi sur une plage. D’ailleurs tu n’aimais pas lire.
Mais tu m’avais demandé de te lire à haute voix le roman que je venais d’écrire.
De temps en temps je m’interrompais, te demandant si tu voulais que je cesse ma lecture.
Tu me disais gravement: « Non, continue ! »
A un moment, nous avons fait une pause. Puis tu m’as demandé de poursuivre.
Tu m’as dit que je lisais bien.
Tu écoutais avec une immense attention.
Un jour tu m’as dit: « Je ne crois pas aux mots d’amour. Je ne crois qu’aux actes. »
Pour moi les uns n’excluent pas les autres, et se complètent.
Mais j’ai reçu ce soir-là, et j’en eus la conscience immédiate, un cadeau sans mesure, un acte hors de prix.
Mon plus beau cadeau d’amour.
Bernard et Georgette.
Deux prénoms égarés dans un article de journal d’il y a si longtemps dont presque personne ne se souvient plus. Pour beaucoup ce n’était qu’un fait divers. Une tragédie.
Lui, né en Indochine. Homme de lettres et de culture. Elle enseignait le latin, les lettres. Femme instruite et obstinée, dans une époque où seules quelques-unes montraient, la tête haute et le regard fier, à des milliers d’autres. le chemin de l’égalité.
Moi, je les imagine amoureux, plongés dans tous les possibles d’après-guerre. Faire naître des cendres un nouveau monde. Que des rêves pour effacer la folie des hommes.
Puis, une vie est si précieuse et si peu de choses.
Quelques joies. Quelques tristesses. Et de l’amour. Avec la peur de se perdre un jour. Quand le destin décidera que l’heure est venue de séparer ceux qui s’aiment. Si les dieux existent, ils sont des êtres cruels et sans âme.
Bernard et Georgette, ont décidé d’écrire, ensemble, comme ils le faisaient depuis plus de 50 ans, les pages de leur propre destin.
Leur dernière nuit, ils l’ont passé à Paris, dans une chambre luxueuse d’un hôtel qu’ils avaient choisi ensemble.
Le matin, on les a retrouvés morts. Main dans la main. Couchés l’un à côté de l’autre. Le visage apaisé. Presque heureux. Puisqu’ on doit mourir un jour, faisons-le ensemble.
La presse émue a parlé d’un suicide doux. Préparé avec la minutie d’un orfèvre.
Moi je n’ai retenu que l’épilogue d’une histoire d’amour. Égale a celle d’Abélard et Héloïse. Tristan et Yseult. Juliette et Roméo.
Rien que cela. Juste une histoire d’amour. Qui finit mal. Car les vrais histoires d’amour ressemblent toutes à la vie.