Lali

9 mai 2007

Le regard de l’amoureuse

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:32

19e siecle

Alors même qu’elle a commencé à écrire cette lettre, elle sait que si jamais elle va jusqu’à la poster, et que si le destinataire se donnait la peine de la lire, elle ne recevrait aucune réponse. Mais celle qu’on a peinte au XIXe siècle sans que l’artiste signe sa toile a besoin de le faire, de dire les choses tues depuis des mois. Ces choses qui remontent en elle, mais que cette fois-ci elle ne veut plus contenir, mais exprimer.

Même si tout cela, pour d’autres, peut sembler un geste inutile, celui-ci porte à ses yeux un sens, un achèvement.

Non, elle n’est pas triste en écrivant cette lettre. Son regard est celui de l’amoureuse qui continue d’aimer, malgré le temps, malgré l’absence. Mais qui n’attend plus.

Redécouvrir le(s) ciel(s)

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 20:33

lainez 1

lainez 2

lainez 3

C’est il y a quatre ans que j’ai redécouvert le ciel, après une année où il a perdu graduellement toutes ses nuances pour devenir gris en permanence, même quand il était d’un bleu éclatant. C’est d’ailleurs l’indice qui a été probant dans la décision d’aller consulter. Oui, je voyais moins bien. Oui, je voyais moins loin. Oui, j’avais de plus en plus de mal à lire les petits caractères.

Mais c’est quand je n’ai plus perçu les bleus un jour d’octobre 2003 qu’il a fallu me rendre à l’évidence. Quelque chose n’allait pas. Mais vraiment pas. Verdict : cataractes. Au même âge que mon père. Joli cadeau que l’hérédité, parfois…

L’hiver qui a suivi a été le plus sombre de ma vie en terme de lumière. Déjà que les heures d’ensoleillement ne sont pas nombreuses, il fallait ajouter à cela que je n’en percevais plus l’éclat. Gris, tout était gris. Même mes yeux dans le miroir avaient tendance à le devenir alors qu’ils sont d’un vert doré qu’on ne peut confondre avec le gris.

Et puis est arrivé ce jour de mai 2003, le 7, précisément. Ce jour où on a incisé la pupille pour me redonner les couleurs. C’est 48 heures plus tard que je les ai retrouvées, un jour de soleil et de ciel vraiment bleu. Et même si un seul des deux yeux a été opéré en mai 2003 – le deuxième l’a été cinq mois plus tard -, je sais que dès ce jour de mai, ma vie n’a plus été pareille. Je sortais de ma longue nuit.

Et peut-être mon enthousiasme pour le moindre pan de ciel bleu, pour les levers de soleil flamboyants, pour les teintes variées des fleurs et des tissus, est-il revenu à ce moment. Et peut-être aussi mon goût pour lire dehors, comme la lectrice et le lecteur de Carlos C. Lainez qui, probablement aussi, se laissent distraire, comme c’est mon cas, par le ciel autant que par les mots.