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Derrière la fenêtre

vernissage

C’était soir de vernissage dans le nouvel atelier de Kapelier, rue Ontario. Et au milieu des échinacées qu’elle peint si bien, un groupe de musiciens, des toiles plus abstraites, des bernaches… et une liseuse.

Et aussi beaucoup de monde dans ce bel atelier si accueillant où tout n’est que couleurs et joie de vivre. La scène était toujours aussi belle de la ruelle où j’ai pris la photo alors que les uns et les autres s’extasiaient. L’artiste était resplendissante. La liseuse quand elle s’est vue sur la toile, aussi.

Il y a des moments dans la vie qui sont trop forts pour dire sur le coup l’émotion. Ce fut un de ceux-là. Demain, je serai davantage en mesure de vous faire partager la toile de « Lali… seuse », pas encore vernie et photographiée rapidement.

Il faisait beau ce soir dans l’atelier de Kapelier. Il faisait beau dans la ruelle.

Il faisait bon le dernier verre de vin pris dans la cuisine avec Kathleen (alias Kapelier).

La liseuse va rêver à « Lali… seuse ». J’en suis certaine.

Lire les quotidiens

louise dodd

Est-elle en train d’organiser sa longue fin de semaine, se préparer des sorties, choisir un nouveau restaurant ? La lectrice de Louise Dodd Richardson semble bien décidée à lire le journal en entier. Du moins donne-t-elle cette impression. Je n’ai pas son courage ou alors je trouve le contenu des quotidiens bien trop insipides pour l’imiter. En fait, rarement est-ce que je lis autre chose que les pages culturelles et ce qui concerne l’actualité internationale. Pourtant, j’ai eu pendant des années sous les yeux un exemple bien différent, puisque mon grand-père lisait tout. Les nouvelles étaient-elles plus intéressantes à une autre époque ou alors mieux écrites pour qu’il dévore le contenu de trois journaux par jour, deux en français et un anglais ?

Soleil hésitant

ileauxmoines

Le soleil hésite et valse entre les nuages. Identique à celui d’un jour de juillet il y a 20 ans où, avec Chantal la vannoise, je suis entrée dans le décor peint par Kerfily, celui de l’île aux Moines qui, ce matin, me revient en tête.

Le soleil hésite comme il hésitait alors que nous marchions dans les rues de la petite île si accueillante du Morbihan. Ce Morbihan qui reste gravé en moi, au même titre que Paris, que certains paysages de mes vacances belges, que la côte californienne, que tant de lieux qui surgissent à cause d’un nuage, d’une pluie fine ou d’une phrase.

Le soleil va et vient derrière les nuages, ne sachant s’il doit rester. Comme je me demande aussi si je ne devrais pas rester un peu dans la toile. Malgré le travail qui m’attend. Parce qu’il faisait bon le Bretagne et l’amitié ce jour de juillet. Et parce que ce jour-là, même les nuages ont fui.

Dans chaque souffle de vent

cwl

L’aventure est dans chaque souffle de vent.
[ Charles Lindbergh ]

Il frôle la nuque au passage, avec la douceur de la voix de celui qui lui a dit hier soir avant de la quitter au téléphone : Je vous laisse une caresse. Et l’aventure est là, dans ce vent qui souffle, dans le souvenir de cette image qui l’a poursuivie toute la nuit.

Il soulève quelques pages du livre tandis qu’elle regarde ailleurs, peut-être pas le décor, mais au fond d’elle-même. Et l’aventure est dans ce vent doux qui fait frémir le sable et la fait rêver.

La lectrice de Candace Whittemore Lovely se laise bercer par le vent de ce matin de mai. L’aventure est au rendez-vous. Écrite dans ce livre qui va partager sa journée. À écrire autre part, prolongement d’une caresse sur sa peau.

Celle qui a jailli de la pierre

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Elle a jailli de la pierre. Avec ses rondeurs et ce livre qui retient toute son attention. Elle a jailli de la pierre et elle lit au soleil ou sous la pluie, sans se préoccuper des passants. La lectrice de Thorsten Sieber respire le bonheur et me donne envie d’adopter sa pose.

La phrase qui va la toucher

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Peut-être s’est-elle dépêchée de rentrer, comme je l’ai fait. Peut-être a-t-elle presque couru pour profiter des derniers rayons de soleil de la journée. Peut-être aussi avait-elle envie, comme moi, de ce café près de la fenêtre. Et peut-être que la lectrice d’Ulisse Caputo tourne-t-elle les pages du livre comme je regarde les toiles emmagasinées, en espérant trouver parmi toutes les phrases celle qui va la toucher, comme je souhaite aussi qu’un tableau plus qu’un autre me livrera son histoire ?

Les tulipes de la rue Laurier

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J’ai dû m’arrêter et les photographier : elles étaient trop invitantes ainsi étalées dans des bacs à fleurs faits de pousses de bambou séchées. Grâce à elles, la rue Laurier, tout à côté de la rue Fabre, avait cet après-midi des airs de fête. Un peu hésitantes, encore humides d’une pluie récente, les tulipes se dressaient pourtant fièrement dans leurs bacs. Comme pour saluer les passants.

Pour rendre la vie douce et sucrée

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Et parfois, il suffit de peu pour me donner de l’allant, alors qu’il m’est si facile de rester prostrée devant cet écran à regarder les toiles en imaginant des histoires. Ce matin, il a suffi de quelques cuillérées de beurre d’érable à même le pot pour que j’aie envie de bouger et pas juste rêver, activité qui pourtant me convient tellement quand il pleut.

Un peu de beurre d’érable onctueux sur la langue et j’oublie la grisaille. Un peu de beurre d’érable et la vie est douce et sucrée.

À quelques heures de la récitation

quinomero

Depuis plusieurs jours, elle peut réciter sans aucune hésitation le poème. Mais à quelques heures de le faire, devant toute la classe, la lectrice de Gines Casado Quinomero lit et relit tous ces mots qu’elle va interpréter tout à l’heure. Pour se rassurer qu’elle n’oublie aucune strophe. Pour être certaine qu’elle n’a pas modifié un mot sans s’en s’en rendre compte en le répétant des dizaines de fois depuis le début de la semaine.

Elle est sérieuse, appliquée. Rien ne la détourne de sa préparation finale. Et peut-être à l’autre bout de la pièce y a-t-il des parents émus de la voir ainsi, toute au poème, dans l’embrasure d’une porte où ils se font petits et silencieux, pour ne pas troubler cette concentration.

Le lecteur qui voyage par les livres

eeckhout

Comme il aime ces matins bien avant la lumière vive. Comme il aime pouvoir ouvrir ses précieux livres dans le silence. Ces livres qui le font voyager et examiner de près les traces du passage de ses héros sur le globe terrestre.

Comme le lecteur de Gerbrand van den Eeckhout aime ce moment privilégié, ces heures quotidiennes avec pour amis ceux qui lui font découvrir ces contrées qu’il ne verra jamais.

Ces heures douces et rêveuses. Avec pour seuls compagnons ses livres, toujours les mêmes.