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Nous voici à nouveau dimanche. C’est fou comme les semaines passent vite… sans nous apporter le printemps que nous attendons. Mais ayons confiance, un matin, on se lèvera et il sera là pour de bon.

En attendant, faisons comme la lectrice imaginée par Kim Hyerim. Allongeons-nous et ouvrons un livre. Il sera toujours temps d’écrire quelques lignes, inspirés par cette scène livresque. En effet, aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain.

D’ici là, prenez le temps de lire les textes déposés sur l’illustration de dimanche dernier et même de les commenter, si vous le souhaitez. Et retrouvons-nous dans sept jours, printemps installé ou pas, pour vous lire.

2 réponses

  1. Lysiane a ramené aujourd’hui plusieurs revues dont elle se délecte, étendue sur le canapé. Vous savez, ce genre de magazines qui colorent et célèbrent la vie, en mettant en exergue ses meilleurs visages.
    Des pages emplies de jolis dessins et de belles photos. Des articles relatant des expériences positives et encourageantes. Des images et des textes laissant place à la poésie. Nature, voyages, explorations, incursions dans des musées, des jardins, à la ferme, chez des artisans et artisanes, dans des châteaux, des chalets de montagne, des cabanes dans la forêt… Enfin, tout ce qui est efficace pour remonter le moral quand il est dans les chaussettes, et ranime les cinq sens à coups de propositions de soins, d’activités de danse ou de marche, et de décors de fleurs ou de vergers gorgés de fruits évoquant mille senteurs et saveurs suaves.
    C’est vrai que depuis quelques mois son existence est un peu en demi-teintes. Comme si elle se résumait au noir et blanc, malgré le rouge à lèvres incarnat par lequel elle tente d’en rehausser l’intensité et le goût.
    Il n’était pas rare, jadis, qu’elle s’essaie à des réalisations artistiques. Mais, elle ne sait pourquoi, cette envie s’est effilochée peu à peu, élimée par le temps.
    Ce soir, tout ce contenu joyeux l’inspire soudain a reprendre colle et ciseaux, ainsi que pour supports des feuilles colorées. Elle se souvient d’un thème qui l’avait amusée dans le passé. C’était « Pois et Rayures ». Et elle sourit, car sans y penser ce matin, elle a revêtu sa robe à pois. Sa robe noire à pois blancs.La voilà donc sans tarder à la recherche, parmi les multiples illustrations, de pois et de rayures. De lignes et de ronds. En un rien de temps, elle en fait une abondante moisson. Parfois le choix est crucial, entre le recto et le verso présentant chacun une face attractive. Un choix va rarement sans sacrifice, et sans hésitations. Quelquefois, elle découpe une figure pour l’endroit, et en utilise finalement l‘envers, Puis elle s’amuse à les agencer, à les disposer selon sa fantaisie en se laissant aller à son intuition, afin que les coloris et les formes s’harmonisent, se répondent, ou au contraire forment un contraste saisissant.
    Lysiane regarde ses murs nus et blancs, et songe qu’ils ne le resteront plus très longtemps. Elle y visualise ses collages, qui seront nombreux, car elle n’entend pas en rester à une seule séance.

  2. 13 h 15. L’ascenseur, silencieux et moderne, ouvre ses portes sur une ample pièce blanche. Une dame, installée sur un canapé, lit…

    – Bonjour, Madame Claire… (elle ne me laisse même pas le temps de finir ma phrase)
    – Qui la cherche?…
    – Je m’appelle Antoine de Bonséjour. Elle m’a prié de venir.
    – Elle sera à vous d’un moment à l’autre… Asseyez-vous à votre aise…

    La garce!… Elle n’a même pas levé les yeux de son bouquin.

    13 h 25… Mon rendez-vous n’est que dans cinq minutes. Je me dis que pour Madame Claire Montjoly, le temps doit obéissance à la précision d’un horloger suisse. Avant l’heure…
    Sur une petite table à côté de la chaise, quelques revues littéraires. Une édition spéciale, dédiée aux plus belles bibliothèques du monde, éveille ma curiosité.
    14 h 10… Je regarde ma montre perplexe. On m’aurait oublié?…
    – Madame, excusez-moi…
    – Oui… (les yeux toujours dans son bouquin)
    – Ça fait déjà trois quarts d’heure que j’attends Madame Claire Montjoly
    – Elle sera toute à vous d’un instant à l’autre.
    Puis, plus rien. Manifestement elle n’a que faire de ma présence. Il n’y a que son bouquin qui mérite les faveurs de son regard.

    C’est elle qui m’a prié de lui faire le plaisir de venir la voir. Et je me trouve là, comme un idiot, à regarder une garce qui lit, allongée sur son canapé, et à attendre une autre qui tarde à me recevoir. Tout ça commence à avoir raison de ma patience…

    – Monsieur… Monsieur… (Une main douce, délicate et fine secoue mon épaule.)

    – Je n’ai pas voulu vous réveiller, mais là, je viens de terminer de lire votre bouquin. Faudra qu’on parle.

    Hagard, je regarde tout autour de moi. En silence. Le canapé est vide.

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