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Sur le balcon

ogringo

Elle s’est assise sur le balcon, pensant que la brise promise allait enfin se lever et atténuer la lourdeur de l’air. Mais la brise tarde, malgré de légers soubresauts trop rares. Tout de même, il fait bon. Meilleur qu’à l’intérieur. Et la lectrice d’OGringo profite des derniers rayons du soleil pour avaler avec avidité quelques pages.

Elle a cru voir son voisin d’en face lui sourire alors qu’il tournait lui aussi les pages. Peut-être même a-t-elle rougi.

Hommage à Monique Bosco

monique bosco

Elle m’a donné plus que tous ceux qui m’ont enseignée réunis.

J’ai eu l’occasion de le lui dire des années plus tard alors que j’animais une émission littéraire à la radio. J’ai eu cette chance de lui dire combien sa petite phrase incisive avait changé le cours de ma vie d’écrivaine en devenir.

J’avais 21 ou 22 ans. Chaque lundi matin avait lieu le cours de création littéraire. Et bien entendu, j’attendais au dimanche soir, voire même au lundi matin, pour tout jeter sur papier de ce qui avait mûri depuis le lundi précédent. En général, mes textes étaient bons, bien construits. Ils n’avaient rien de remarquable, mais rien pour être démolis à cause de maladresses linguistiques ou historiques quand ils étaient soumis en classe devant la critique de mes collègues étudiants.

Mais Monique Bosco n’était pas dupe. Elle savait que je n’avais pas passé des heures à travailler mes nouvelles et mes poèmes longuement mûris hors du papier. Et elle me l’a dit. En ajoutant que si je travaillais, que je prenais le temps, j’écrirais de très bons textes plutôt que des textes corrects. Et elle l’a fait devant tout le monde. Le genre de choses dont on se souvient toute une vie. Un moment qui revient en tête chaque fois qu’on croit un texte fini.

C’est d’ailleurs à cause d’elle si ma première nouvelle publiée a mis un an à prendre la forme qu’elle a dans sa facture définitive. Et je la remercie pour ça. Pour cette phrase qui a tout changé. Pour ces mots qui m’ont fait écrire autrement.

Monique Bosco est décédée aujourd’hui. Laissant derrière elle de beaux romans dont La femme de Loth qui a marqué mon parcours de lectrice.

Tenue pour jours de canicule

lukka

Il fait si chaud ce soir que je ne supporte aucun vêtement pour lire ou écrire, à l’instar de la lectrice de Waleri Lukka. Et même nue, j’ai encore chaud. Et même les cheveux relevés, j’ai chaud.

Je ne devrais pas me plaindre, moi qui ai attendu avec autant d’impatience l’arrivée du beau temps. Mais tout de même, une canicule de juillet en plein mois de mai, c’est peut-être un peu trop…

Lire en famille

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Je me souviens qu’il y avait sur un mur de la chambre de mes parents un texte encadré qui disait Les enfants apprennent par l’exemple. Il me semble qu’était mentionnée la tolérance parmi toutes ces choses à apprendre. Enfin, je crois. Il faudra que je vois si le cadre est toujours là.

Tout ça pour montrer que des parents qui lisent devant des enfants qui ne lisent pas encore ou des enfants pour qui les parents lisent finissent pas retenir l’exemple. Joliment illustré par Susan M. Wadsworth. Galerie que je dédie à Bellesahi qui va se reconnaître, je crois.

L’ombre de Lali, un matin ensoleillé

ombre

Je voulais photographier les marelles dessinées à la craie sur le chemin qui mène de la porte au trottoir. Mais c’était sans compter mon ombre qui s’est interposée. J’ai choisi de faire la photo quand même. Petit clin d’œil qui m’a fait sourire et qui fera dire que je reste toujours aussi mystérieuse!

Un matin de lumière

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C’est un de ces matins de lumière douce comme il y en a au printemps. Un matin où les bourgeons ont tenu leur promesse. Un de ces matins de couleurs vives ou feutrées selon l’essence des fleurs. Un matin où les odeurs entrent par la porte laissée ouverte. Un matin pour ouvrir un livre et rêver sur des mots. Comme le fait la lectrice de Claude Faussoux.

L’écrivain et sa lectrice

ray 2

ray 2

Moi qui ai toujours été attirée par des artistes, moi qui ai aimé des musiciens, un homme de théâtre, un qui voulait faire du cinéma, un comédien, un dessinateur, comment se fait-il que je n’aie jamais été amoureuse d’un homme qui écrit ? Aurait-il vu en moi une compétitrice plutôt qu’un complément ? Il y a longtemps que je me pose cette question. Sans trouver la réponse.

Et pourtant, la scène est belle dans mon imagination. Un homme qui écrit et que je lis. Comme les personnages d’Oliver Ray. Ou moi qui écris et un homme qui me lit.

Des images, ce ne sont que ça. Comme celle de moi posant pour un homme qui me peindrait lisant. Inlassablement. Image récurrente. Une de celles qui risque de ne pas s’affadir, curieusement.

Les roses de Géraldine

rosesdegeraldine

Je la connais peu, mais je sais que nous allons devenir amies. Elle apprend à me connaître en me lisant, j’apprends à la connaître en admirant ses photos et les objets qu’elle fabrique.

Un océan nous sépare, mais les mots et les images font fi de ce détail. Et il devrait toujours en être ainsi. L’amitié ne se mesure pas en kilomètres ni en heures passées ensemble. L’amitié, c’est juste partager ce qu’on aime et ce qu’on est avec autrui.

Et sur la grande toile du Web, il y a parfois ceux qu’on croise et qui nous apportent un peu d’eux. Qui nous offrent quelques fleurs qui ajoutent au bonheur d’être en vie. Merci Géraldine. Tes roses m’ont touchée. Je n’ai pu m’empêcher d’en laisser ici. Une éclose, comme cette amitié en train de naître. Les autres en boutons pour ces amitiés à venir.

Sa préférence

tanabe

Peut-être y a-t-il quelqu’un qui, en regardant la lectrice de Yoichi Tanabe, fredonne les mots chantés par Julien Clerc…

Je le sais
Sa façon d’être à moi, parfois
Vous déplait
Autour d’elle et moi le silence se fait
Mais elle est
Ma préférence à moi…

Oui, je sais
Cet air d’indifférence qui est
Sa défense
Vous fait souvent offense…

Mais quand elle est
Parmi mes amis de faïence
De faïence
Je sais sa défaillance…

Je le sais
On ne me croit pas fidèle à
Ce qu elle est
Et déjà vous parlez d’elle à
L’imparfait
Mais elle est
Ma préférence à moi…

Il faut le croire
Moi seul je sais quand elle a froid
Ses regards
Ne regardent que moi

Par hasard
Elle aime mon incertitude
Par hasard
J’aime sa solitude…

Dans une ville qui n’est pas la sienne

petrov

Elle s’est installée à la terrasse d’un café pour écrire. Préférablement dans une ville qui n’est pas la sienne. Parce qu’ainsi elle risque moins de croiser quelqu’un qu’elle connaît, quelqu’un qui voudra partager sa table, quelqu’un qui parlera, beaucoup, bien trop, alors que le brouhaha confus de la vaisselle et des conversations chuchotées lui suffit.

Elle sait si bien s’isoler dans son univers à elle qu’elle sait faire abstraction de tout ce qui gravite autour d’elle. Peut-être regarde-t-elle les gens autour pour graver un geste dans sa mémoire, une manière d’être, lesquels lui serviront au moment d’écrire plus longuement. Elle ne fait que jeter quelques phrases qui lui viennent sur la feuille. Et quand ses mots se tairont, l’écrivaine d’Andrew John Petrov sortira de son grand sac un livre. Et elle restera encore un peu dans sa bulle. Dans cette ville étrangère qui est peut-être Paris. Dans ce café près des grilles du Luxembourg qu’elle affectionne tant. Mais finalement, qui n’est peut-être pas Paris, mais une autre ville dont elle rêve.