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Durbuy pour une glace

durbuy

Nous avions traversé Durbuy sous la drache, Fabien et moi. Le peu que j’avais vu me donnait envie de revoir un peu plus longuement la plus petite ville du monde.
C’est avec Jacques, Sylvia et son père que j’ai fait le tour de Durbuy, toute petite ville, il est vrai.
Encore des maisons de pierre comme je les aime pour tout décor. Des pavés. Des sculptures, des fleurs. Et Sylvia qui voit tout, qui m’indique l’angle, le détail, et ne rate rien de ce que je dois retenir avec son œil de photographe.

Voilà plusieurs fois que nous nous croisions trop brièvement, elle et moi. Durbuy a sûrement constitué un moment qui nous aura donné envie de nous connaître davantage. Attablés tous les quatre, Sylvia, devant une gaufre, moi devant une glace, nous nous découvrions, elle et moi, des tas de points communs. Voyages, livres, théâtre, pour n’en nommer que quelques-uns.

Au retour, quelques semaines plus tard, nous avons eu une soirée-nuit mémorable qui me fait encore sourire. Soirée pour moi, nuit pour elle et sa mère. Grâce à la cam, je me retrouvais chez elles, bonheur. On m’a même fait un café, comme chaque fois que je suis passée les voir. Et ce café avait un goût d’amitié, capable de franchir l’écran et de réchauffer le cœur.

Je repasserai chez Sylvia à Comblain-la-Tour. Elle m’emmènera voir un morceau de Belgique. On babeillera le temps du voyage et on rentrera pour le café.
Je ferme les yeux, je vois la table, les tasses, et surtout les sourires de tous ceux qui franchissent le seuil de cette maison, où la porte, comme le cœur, sont toujours ouverts.

La pizza des au revoir

pizza

Je n’ai pas vu beaucoup Jean-Yves, le géographe voyageur, le temps qu’il a vécu chez moi. Sinon qu’en coup de vent, le plus souvent, puisque je dormais quand il rentrait et qu’il était encore dans les bras de Morphée quand je partais le matin.
Pas tout à fait trois mois à ne pas beaucoup se voir, mais qui se clôtureront comme ils ont été entamés.
Autour d’une pizza « spécial Acropolis » avec bacon.

Rien de gastronomique. Pas typiquement québécois.
Mais comme ce mets est rare au Laos et qu’il sera parti 26 mois, la pizza d’entrée signera les au revoir.
Et elle sera bonnnnnnnnnnne !!

Allez, bon vent, Jean-Yves ! Ta vie est ailleurs, fais-la belle. Aime, ris, danse, chante !
On se fera une pizza avec Hoai quand tu reviendras… si je n’ai pas pris le large moi aussi !!

Eupen avec Eugénie

eupen

Il est des journées improvisées qui ont un goût de tarte aux pommes à l’allemande.
Il est des journées où on a mal au ventre de tant rire.
Ce fut le cas avec Eugénie.

Nous nous connaissions peu et quelle ne fut pas notre joie de voir que nous aimions tant de choses en commun. Les vieilles bâtisses, l’histoire, le café, la campagne, la musique, ne pas nous prendre au sérieux, marcher, regarder, profiter de l’instant présent.

Grâce à Eugénie, j’aurai vu un morceau de la Belgique germanophone.
Eupen m’a séduite. Plein de petites allées où entrer, de vieilles pierres qu’on caresse du bout des doigts, des fenêtres fleuries, des bâtisses qui ont vécu et qui ont été conservées.
Et Eugénie et moi qui n’en finissions pas de nous raconter nos vies à mesure qu’elle me racontait Eupen. Ville qu’elle aime, qu’elle connaît et présente avec une anecdote pour chacun de ses recoins.

Trop heureuses de notre journée, on l’a étirée au maximum, allant jusqu’à souper chez son ami Éric, qu’on a traîné dans une soirée karaoké à Comblain-la-Tour. Où on a continué à rire et à discuter.

Depuis, combien de conversations sur le net, combien encore de moments partagés…
Les gens arrivent dans nos vies de toutes sortes de façons. Pour Eugénie, je remercierai toujours Jacques. Oui, la vie est étonnante. C’est pour cela, peut-être, que je l’aime tant!

Une image qui fait saliver

nanaimo

Il paraît qu’une image vaut mille mots…
Moi, je sais que quand la dame à l’épicerie du coin a des barres Nanaimo en étalage, je suis incapable de résister à la tentation, comme aujourd’hui. La gourmandise, un péché ? Mais non, vous n’avez rien compris ! La gourmandise, c’est un plaisir qu’on s’offre !

Tant pis pour les calories, pour cette minute de plaisir où tout fond dans la bouche.
Tant mieux pour le palais qui frétille de bonheur, pour la langue qui salive.

Il est de ces petits plaisirs qui rendent merveilleuse une journée !

La renarde d’Antheit

renard

Elle est pour les uns Chantal, pour quelques autres, moins nombreux, la Renarde. Pour moi, tantôt l’une, tantôt l’autre, selon notre humeur.
Jamais, en presque dix-huit mois sur MSN, nous ne nous sommes quittées si l’une des deux allait mal. Jamais. C’est dire combien de nuits blanches pour elle, à Antheit, avec le décalage !

Que de confidences partagées. Que de rêves divulgués. Que de bonheurs, aussi! Et de musiques échangées!

À la Renarde, je dois beaucoup. Il fallait une dingue pour réunir dans son jardin tous mes amis du net que je ne connaissais pas autrement et qu’elle ne connaissait pas non plus ! Et ce fut elle. Deux mois de boulot pour choisir la date, contacter tout le monde, en rencontrer certains, à expliquer le où, quand, comment, pourquoi.

J’ai encore les larmes aux yeux quand je repense à ce premier jour de juillet. Pouvoir enfin voir réunis ceux pour qui j’étais là, en quelque sorte. Ceux qui m’avaient donné d’eux-mêmes le meilleur et jamais moins. Qui m’avaient ouvert les portes de leur maison. Et aussi celles de leur cœur. Ceux qui m’avaient adoptée au fil des mois et qui, ce soir-là, se rencontraient les uns les autres.

Chantal, ses enfants, Nathalie, Jacques, Sylvia et sa tribu, Christian, Fa et Clem. Plus ceux qui gravitent autour de Chantal. Des absents, aussi, mais que je verrai une autre fois, puisque je traverserai à nouveau l’Atlantique.

Une fête. Un barbecue. Du reggae. Des rires.
Il m’est arrivé de me pincer ce soir-là. Oui, nous avions réussi notre pari à 6000 km d’écart.

À un moment, je me suis écartée. Isolée, en fait. Je voulais voir de loin les liens qui se tissaient.
C’était beau, je ne vous dis que ça.
Un moment qui vous met des étoiles dans les yeux.

Chantal et moi ne nous sommes pas revues après cette soirée. Mais cette rencontre est en nous, au même que les rêves de la chanson de Pierre Rapsat, ce troubadour qu’elle m’a fait découvrir un soir d’automne, en 2004. Pierre Rapsat, qu’elle a bien connu et qui tient, avec ses mots, avec ce qu’il dégageait, avec son humanisme, une place primordiale dans son cœur.

Nous aurons encore de nombreuses nuits sur le net en attendant de nous revoir elle et moi. Des nuits à écouter de la musique. Et surtout à être là l’une pour l’autre.
De sa cage, dont elle ne sait pas encore ouvrir tout à fait les barreaux à ma vie, tellement plus libre que la sienne, d’aucuns verraient un chemin infranchissable. Et pourtant…

Il y a au bord de ma vie une Chantal que je n’échangerais pour nulle autre et que je rêve de voir vivre pleinement. J’ai confiance, ma Renarde est patiente.

Je repasserai à Antheit. Nous irons voir la maison natale du peintre Paul Delvaux, périple qu’on s’était promis. Et d’ici là, j’écrirai. Et elle me lira. Parce que, désormais, chaque jour, après la lecture des courriels, il y a pour elle la lecture du journal de Lali.

Sans Socrate, je suis déboussolée

clavier

Je déteste dépendre des autres, c’est comme ça. De loin, je préfère rendre service mille fois à demander une fois de l’aide. On ne se refait pas !!

Mais quand il s’agit d’informatique, je n’ai pas le choix. Me voilà confrontée à la disponibilité des uns et des autres. Donc, dans l’attente. Pas évident pour une impatiente comme moi. De plus, accro à son ordi, autant pour clavarder, qu’écrire, chercher et jouer. Sans mon Socrate – c’est son nom -, je me sens complètement démunie. En manque. Même si heureusement, je puis utiliser un ordinateur autre que le mien. Mais ce n’est pas pareil.

J’aime ma mise en page et mes favoris. J’aime me retrouver dans mon organisation à moi. J’aime déplacer à ma guise. Tout chambouler. Me retrouver.
Encore une de mes manies de vieille fille, sûrement !

Ce lundi matin, je voudrais ne pas avoir des ennuis avec Socrate. Qu’il se porte bien et que Windows soit réinstallé sans que je n’aie perdu aucun dossier. Et le plus tôt possible, bien entendu.

Pour que ma vie redevienne « normale ». Si la normalité est de pouvoir discuter à toute heure du jour ou de la nuit, d’écrire quand j’en ai envie, de chercher des heures de temps une info, de m’amuser.

Je suis en manque, c’est horrible !!!

Vivement que je retrouve mon clavier à moi, mon écran à moi, ma tour à moi. Et ainsi, ne plus déranger quiconque. Non, on ne se refait pas !

Louvain-la-Neuve a un goût de crêpes

sculpturelouvain

De certains souvenirs belges, je retiens aujourd’hui la crêperie de Louvain-la-Neuve. Parce que c’était un dimanche, comme aujourd’hui, peut-être. Parce que le ciel annonçait une belle journée. Parce que j’étais bien, sûrement.

Je me rappelle une sculpture, que j’ai scrutée.
La nudité des corps comme quelque chose de naturel. Et ces corps penchés sur un livre. Partage de mots et de désir, voilà ce que je sentais et ce que je ressens encore quand je revois cette sculpture.

Il est des matins où on ne se pose pas de questions. Des matins où on se laisse vivre.
C’était un de ces matins. Où la vie est toute douce. Où il fait bon s’asseoir à une terrasse et y déguster une crêpe.

Quatre mois ont passé depuis ce matin de juillet. Les vacances se sont terminées. Les enfants sont retournés à l’école. Et ce dimanche, je rêve de crêpes à Louvain-la-Neuve.

Gand… sans jamais y être allée

benvenuta

Vingt-deux après avoir vu ce film, sans occasion de le revoir, je conserve de Benvenuta d’André Delvaux, l’émotion intense des confidences, de la passion et de Gand comme toile de fond.

Jeu de la vérité entre un cinéaste et une romancière, le film va au delà de l’anecdote.
Il y a eu roman, mais jusqu’où le roman colle-t-il à la vie de celle qui l’a écrit ? Où a-t-elle puisé son inspiration ? Quelle part d’elle-même a-t-elle mise dans l’histoire de Benvenuta et de Livio ?
C’est ce que le cinéaste-enquêteur tente de percer, lui qui veut adapter cette histoire.

Tandis que se dévoile l’histoire d’une passion écrite et vécue par la romancière, se tisse aussi entre le cinéaste et la femme de lettres une complicité, voire même un jeu de séduction troublant.

Encore aujourd’hui, j’ai en tête deux images quand je pense à ce film.
Françoise Fabian, qui incarne l’écrivaine, marchant aux côtés de Matthieu Carrière, dans le rôle du cinéaste, dans les rues de Gand.
Et Vittorio Gassman (Livio) débarrassant Benvenuta (Fanny Ardant) de sa jupe avec une dextérité qu’on ne voit sûrement qu’au cinéma.

Me faudrait-il relire le roman de Suzanne Lilar qui a inspiré le film ? Devrais-je revoir Benvenuta pour savoir si les mêmes images s’inscriraient à nouveau, aussi fortes que celles que je conserve ?
Des deux femmes, à laquelle m’identifierais-je davantage aujourd’hui ? Ou si, comme à l’époque, je serais toujours un amalgame des deux ?

Nous faut-il relire certains livres ? Revoir certains films ? Retourner sur des lieux marquants ?
C’est à cela que je pense en ce dimanche matin, le corps à Montréal et la tête à Gand, dans un film.

Le sentiment du fleuve

sentimentdufleuve

Quand j’ai rencontré François Emmanuel au salon du livre de Montréal, il y a deux semaines, je voulais simplement lui demander s’il avait du temps à m’accorder, pas nécessairement le soir même, afin que nous puissions causer tranquillement, dans les jours suivants. Je ne m’attendais nullement à m’asseoir avec lui et à monopoliser son temps dès le soir d’ouverture du salon!

J’avais dans mon sac Le sentiment de fleuve, en cours de lecture. Le plus belge de tous ses romans, a-t-il souligné devant mon enthousiasme pour la littérature belge. Un roman insolite, qui tisse sa trame autour d’un disparu, de son neveu, des enquêtes de l’oncle et des personnages qui gravitent autour des deux, hors de l’ordinaire et troublants.
Presque une enquête policière que ce roman. Ou alors un sur les origines, sur ce qui lie les uns aux autres, sans qu’ils s’en doutent, sur ce qui fait qu’on est ce qu’on est, sans savoir pourquoi.
« Car les fins sont dans les commencements, les ascensions dans les chutes, les disparitions dans les coups de foudre, et l’effort à comprendre revient toujours à notre éblouissement de vivre. »

francoisemmanuel

J’ai repris depuis le roman à son début. Non pas pour trouver l’auteur dans ce qu’il raconte. Il s’agit ici de fiction, et le roman se dissocie de son créateur, même si celui-ci laisse des traces de lui-même dans ce qu’il écrit. J’ai repris le roman pour le traverser d’une seule traite, avec le souvenir d’une rencontre entre François Emmanuel et moi.
Il y avait foule, mais nous étions dans les mots, dans le partage, dans la passion de l’écriture, dans mon amour pour la Belgique, dans son plaisir de se retrouver à Montréal. Cette ville qui n’est pas foncièrement belle, mais dont il aime les contrastes et la chaleur. Pour parler d’écriture, il dira simplement « ça m’habite ». Réponse pleine de pudeur, qui m’a émue. Et qui me rejoint. L’écriture est quelque chose qui nous habite, ce ne sont pas là vains mots.

François Emmanuel habite Nivelles. Je lui ai fait part qu’un copain allait me faire visiter le parc de la Dodaine. Quel sourire quand il a entendu cela. Il a compris combien la Belgique et ses écrivains sont en moi. Je ne suis pas un modèle courant, je crois. Et tant mieux, je m’aime bien ainsi, avec mes particularités et mes différences.

Un jour, je prendrai un café avec François Emmanuel, qui m’a si gentiment accordé de son temps et qui cite volontiers Blanchot pour se définir: « L’insomniaque rend la vie présente ».

Comment j’ai appris le mot drache

scrabble

Scrabble: Jeu où le Q vaut encore plus cher que dans la vie de tous les jours.
(Jacques Sternberg)

Huit points, voilà ce qu’il vaut. Encore faut-il le placer… et avoir un U disponible, autant que possible.
Et ne pas se retrouver avec un tirage qui ressemble à JKQWXYZ !!

Femme de lettres et de mots, j’aime le scrabble depuis toujours. Pour le défi, pour apprendre, pour m’amuser, pour partager un moment. Pour séduire, à l’occasion. Quoi, vous n’avez pas encore essayé ? Ce n’est pas une valeur sûre, mais ça a son charme, je vous l’assure !! Le scrabble est un jeu, séduire en est un autre, et la vie le plus grand des jeux, alors…

Ceci dit, maintenant que je vous ai fait sourire, je n’ai pas un seul doute là-dessus, je dois avouer que depuis juillet 2003 le scrabble a pris un autre sens, maintenant que je peux jouer sur le net à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit et avec des gens de partout. Certains sont mauvais perdants, tricheurs ou râleurs. Mais ils ne constituent pas la majorité. Et heureusement !

Et quand on ne joue pas avec une machine mais avec des gens, et qu’on peut discuter en jouant, jouer prend un tout autre sens.
Parfois, on a envie de discuter sans jouer, de sortir de la salle de jeu, pour voir si nous avons des atomes crochus.

Le premier avec qui c’est arrivé, je le classe parmi les inclassables, parce qu’il se démarque des quatre autres. En effet, je ne l’ai toujours pas rencontré, celui-là. Il s’agit de Frédéric, qui vit à Lima. Toujours en contact, proches l’un de l’autre même si nous ne nous croisons pas souvent, nous resterons à jamais importants l’un pour l’autre. Même s’il déteste perdre !! Un de ces jours, je veux y croire, nous prendrons bien un café ensemble, dans une ville ou l’autre de la planète.

Les autres… comme par hasard – je n’y suis pour rien -, sont tous des Belges.
Jacques, d’Anthisnes, qui m’a reçue chez lui, et par l’entremise de qui j’ai rencontré plein de gens formidables. Sylvia, dite Sissi, la musicienne des carnavals, que j’ai rencontrée lors d’une grande fête, et que je reverrai au prochain voyage. Patricia, Ostendaise d’origine, qui a longtemps vécu à Tournai, et qui m’a invitée dans sa cabane au Canada, en pleine Mauricie. À elle, je dois d’avoir découvert Arno et Sttellla. Et même d’avoir participé à l’entaillage des érables au printemps, sur des raquettes, chez la cousine de Jean-Marc, son mari. Et Patrick, Bruxellois vivant à Montréal, qui dit que j’ai le regard qui tue. Vous savez ce que c’est, vous, un regard qui tue ?? Enfin, il est toujours vivant, ça ne doit pas être tout à vrai !

Voilà longtemps que je ne me suis pas offert une soirée scrabble sur le net ou sur table. Je vais devoir y remédier, avant d’avoir oublié tous les mots qu’on peut composer avec W !!

Et si jamais vous êtes des scrabbleurs, vous me trouverez sous belgiquebe (belgiquébécoise était trop long) sur WordBiz.
Là ou le Q vaut huit points.