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La tasse sur la table

morgan

La tasse de café est posée sur la table. Et il y a des livres. On dirait mon bureau. L. Morgan serait-elle entrée chez moi en mon absence pour croquer cette scène de mon quotidien ?

J’aime qu’il y ait là la tasse. J’aime que les livres ne soient pas parfaitement rangés, certains debout, d’autres couchés. J’aime cette naïveté qui se dégage de l’ensemble et qui fait qu’on a envie de s’asseoir dans ce décor de livres. Il y a quelque chose de convivial qui me plaît beaucoup ici. Faut-il une autre raison ?

Celui qui écoute le vent

koloane

Il écoute le vent. Il pensait lire, mais il écoute le vent qui siffle dehors.

Il a toujours aimé le vent. Car le vent soulève la poussière, la déplace plus loin et permet de voir ce qu’il y a dessous et qu’on ne voyait plus. Du moins est-ce ainsi qu’il explique son amour pour le vent. Il dit : Le vent fait de la place dans notre esprit.

Il dit aussi : Les livres sont des portes ouvertes.

Et parfois, on le prend pour un sage. Ou pour un fou. Le lecteur de David Koloane ne se demande pas ce qu’il est ou ce qu’il n’est pas. Il écoute le vent qui fait tourner les pages des livres et qui les ouvre sur la phrase qu’il doit lire.

Sur la table

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J’ai apporté du bureau un gros document dont je dois réviser la traduction. Fastidieux, devrais-je ajouter. Il est posé sur la table et m’attend, comme ce qui semble attendre aussi la lectrice de Maximilien Colin puisque sa petite table est elle aussi jonchée de feuilles.

Comme moi, elle ne semble pas pressée de se mettre au travail. Et peut-être fera-t-elle comme moi et va-t-elle y aller petit à petit, par blocs, pour ne pas devenir ahurie. C’est ce qui m’arrive quand je fais face à un long document à réviser et à « coller » à d’autres sur le même sujet. En faisant ça par petits bouts, ça risque moins de me sortir par les oreilles

Je crois que je vais laisser encore une heure les 60 feuilles de côté et me faire un autre café. Tout de même, il me faut être d’attaque pour un travail de cette envergure et le café saura y faire… un peu. Le reste est dans la préparation mentale!

Elle était là…

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La lectrice de la cathédrale

Elle était là assise dans l’escalier qui donnait accès à la cathédrale d’Evora. Indifférente à tous les passants. Le nez collé à sa lecture, comme si rien d’autre existait.

En ce moment. Où les murmures des passants semblent déranger le sommeil des statues.

En ce lieu. Ivre de siècles d’histoire.

Qu’y avait-il de si important dans ce livre ? …

Je ne saurai jamais. D’ailleurs pourquoi le savoir ? …

L’envie m’est venue de voler cette image pour te l’offrir …

Juste comme ça …

Pour un sourire … Peut-être …

(Photo et texte d’Armando. Sourire de Lali, parce que de là-bas, au Portugal, il a pensé à elle.)

À première vue

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Quiconque doit aimer aime à première vue.[ William Shakespeare ]

À première vue, ou dès les premiers mots, pense la lectrice d’Abel Roy. Puisque ce sont quelques phrases, bien avant que l’homme ne lui livre son visage, qui ont fait fléchir son cœur.

À première vue, ça a été pour elle quelques jours plus tard.

Il y a d’abord eu ces lettres, toutes ces lettres. Ces lettres qu’ils ont échangées. Ces lettres qui ont alimenté leurs rêves laissant en eux ce mélange de certitude et de doute. Cette assurance instinctive que ce serait une magnifique histoire. Mais en même temps cette question : Et si en vrai ce n’était pas ça?

Or, ça a été ça. Ça et même davantage. Plus qu’une histoire de mots.

Et ce matin, devant son livre ouvert, elle sait qu’elle a aimé aussi une seconde fois. Cette deuxième fois, à première vue. Et même si l’histoire n’est plus, même si elle s’est effritée, il y aura toujours dans ses souvenirs heureux les mots et le visage d’un homme dont elle est tombée amoureuse deux fois en huit jours. La première, à cause de quelques mots. La seconde, à cause de ses yeux.

Avant la pluie

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Le ciel est incertain, mais elle n’a pas résisté à la tentation de déjeuner et de lire dehors avant qu’il ne tourne à la pluie. Elle rentrera précipitamment à la première goutte d’eau. Mais tout le temps où le ciel n’aura été que couvert et annonciateur d’averses, la lectrice de Betsy K. Coogler en aura profité. C’est ce petit détail, cette manière à elle de saisir le moment présent qui fait que la plupart du temps elle sourit et elle est heureuse. Et peut-être devrions-nous tous en tirer quelque leçon.

La petite phrase assassine

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Un jour, il y a très longtemps de cela, presque 25 ans je crois, la lectrice d’Igor Maykov a ouvert son grand livre de textes pour lire quelques feuillets en public lors d’une soirée de poésie. Des poèmes d’amour comme on en écrit à 20 ans, et quelquefois plus tard. Des poèmes qui s’adressaient à lui, lui qui s’était caché derrière une colonne pour ne pas la troubler par son regard.

Ce soir d’automne d’il y a très longtemps, elle a tout livré d’elle, tout ce qu’ell avait écrit, tout ce qu’elle ressentait pour lui.

Son départ précipité de la salle après une petite phrase assassine de sa part a fait que plus jamais elle ne lui a fait lire les mots qu’il suscitait en elle. Non, ce n’était vraiment pas ce qu’elle espérait.

Elle attendait plus de lui que cette toute petite phrase fort simple, mais assassine : Tu lis bien.

Les correspondantes

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Elles se sont connues à l’université ou peut-être même avant. Mais c’est la passion des livres qu’elles partageaient toutes et qui ne s’est jamais éteinte qui les a tenues ensemble.

Les années ont passé. Elles lisent toujours, elles se prêtent leurs livres, elles se réunissent par deux ou trois pour en discuter. Du moins celles qui vivent dans la même ville, car la vie a fait que l’une est à l’autre bout du pays, l’une sur un autre continent, les autres éparpillées autour de trois villes.

Mais une fois par an, elles arrivent à se réunir toutes et s’il est question de livres autour de la table, dans le jardin de l’une ou ailleurs, il est aussi beaucoup question de leur vie à chacune.

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Cette vie que les correspondantes de Mary Ferris Kelly se racontent entre elles par écrit.

Instant de tendresse

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Il y a tellement de tendresse dans la toile d’Abbott Fuller Graves que quand je l’ai trouvée ce soir, je n’ai pu la ranger au milieu de ma galerie à venir qui dépasse maintenant 3300 tableaux. Non, pas question que je la laisse patienter, il fallait que je la partage tout de suite.

Ceux et celles qui ont eu le bonheur d’avoir un grand-père qui leur a enseigné les rudiments de la lecture comme l’amour et le respect des livres, dont je suis, se reconnaîtront dans ce tableau. Ces moments de parfaite communion et d’amour sont de ceux qui restent gravés toute la vie durant.

En marchant ce matin

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Voilà ce que j’ai trouvé en marchant ce matin. Sur un trajet de cinq mètres environ. Faut-il ajouter que je parlais toute seule devant ces bouteilles abandonnées ça et là par manque de civisme ? Faut-il aussi dire que c’est un bien mince exemple et qu’il y a pire ?

Voilà où mène le je m’en-foutisme. Voilà où nous allons. Vers une ville-foutoir. Et je devrais faire semblant que tout est parfait dans le meilleur des mondes ? Non, je regrette. Je vais comtinuer à rapporter aux gens le papier jeté au sol, la bouteille abandonnée sur le trottoir en leur disant : Je crois que vous avez échappé quelque chose… Quatre fois sur quatre, l’interpellé gêné s’empresse de mettre dans ses poches ou son sac l’objet que je lui ai restitué. Et ça fait ça de moins sur les gazons et les trottoirs.

Il n’est pas tout de se plaindre. Ce que je fais est un petit geste qui ne coûte rien. Il est anodin, mais si nous le faisons tous, c’est notre vie à tous que nous changerons.