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La tournée des librairies 2

Une visite au City Lights Books de San Francisco, haut lieu de la révolution littéraire états-unienne, figure de proue pour les poètes de la génération beatnik.

*pour les personnages peints par Bascove

La tournée des librairies 1

Quand, il y a quelques semaines, j’ai lu cet article de Stéphanie Morin portant sur les dix plus belles librairies au monde, je me suis dit qu’il faudrait que je consacre un billet, voire un dimanche, à ces librairies.

Bibliophiles et dévoreurs de livres ont donc été invités à participer à ce dimanche festif, en commençant par celui de l’artiste néerlandais Gerard Boersma, dans le but de faire le tour de ces quelques librairies en commençant par la Selexyz Dominicanen Boekhandel de Maastricht, une librairie aménagée à même un monastère dominicain par des des architectes ingénieux et respectueux des lieux, que voici dans un reportage en néerlandais.

Prendre langue 5

Phare
Tu te dresses
Devant moi
Je t’enlace
Algues du réel
Clapotis
Mes bras trop courts
Pour t’étreindre
Phare qui s’éteint
Dans la
Mer

Les chalands se heurtent
Aux récifs de mon corps
Écueils de mes cuisses
Encerclant l’opaque nulle part.

Ouanessa Yousni, Prendre langue

*choix de la lectrice de Michael et Inessa Garmash

Belle idée, mais c’est tout

Il y a longtemps que je n’avais lu livre aussi bâclé. Et pourtant, il y a dans l’écriture du Tunisien d’origine Hédi Bouraoui lyrisme et poésie qui nous donnent envie d’aller au bout des 100 pages que constitue La composée, roman publié aux Éditions L’Interligne en 2001.

Dans une volonté de créer une nouvelle Héloïse, l’auteur, dans une déconstruction voulue mais non assumée, ne fait que se perdre lui-même dans des dédales entraînant du même coup son lecteur qui tente de le suivre, mais qui n’est pas en mesure de le faire. Il faut parfois plus qu’une idée et une plume sensible pour faire un bon livre. Il faut un travail d’édition et à l’évidence, ce roman a été accepté tel que, avec ses failles. Et publié sans qu’il ne soit révisé, ce qui nous donne en plus des errances de sens à cause de la construction une kyrielle de coquilles.

Dommage. L’idée était belle et Hédi Bouraoui sait user de poésie. Mais ce qui a été publié est hélas un brouillon.

Je la reconnaîtrai

Elle va de tableau en tableau, séduite par une couleur, un trait de pinceau, saisie par une émotion qui vient d’un geste, d’un regard. Elle va, s’attardant là et puis encore là, plus longuement. Et les tableaux lui racontent un amour et des pays. Inlassablement.

Plus tard, elle ouvrira les livres un à un. Puis une phrase se glissera en elle qui résumera tout, les teintes et les mots, et tous ces gestes qui bouleversent.

Et finalement, elle se tournera vers moi. Je la reconnaîtrai.

*toile de Peter Kuhfeld

Sur d’autres rivages

Loin, là-bas, aux portes de Dubaï, se tisse une histoire dont les mots venus à moi apportent à chaque mets toute sa poésie oubliée, à n’importe quel breuvage davantage que sa couleur ou sa chaleur.
Et me voilà emportée sur d’autres rivages.

Dans un bol rapporté d’Alsace, le café colombien emballé en Italie doucement refroidit alors que je lis le premier roman de Yara El-Ghadban, née au Liban et vivant a Londres, après 21 ans à Montréal.
Certains jours, les frontières n’ont plus cours.

*toile d’Alexander Sokht

Alors qu’il ne s’y attendait plus

Voilà des jours qui la regarde. Elle, la lectrice qui figure sur la toile de la semaine.

Voilà des jours qu’il hésite. Sans savoir si les mots lui viendront pour la raconter.
Puis, alors qu’il ne s’y attendait plus, ils sont arrivés.

*toile d’Anton von Maron

Prendre langue 4

Dans les presque silences
Laisse-moi polir des vers
À la frontière des nids
Et des cubes
Du fond de mes mains
De paille et d’eau
Dans les presque paroles
Te peindre un écho.

Ouanessa Younsi, Prendre langue

*choix de la lectrice de Lucinda Hayes

On est toujours le patron de quelqu’un

On est toujours le patron de quelqu’un, le premier roman de Brune d’Oublevée, serait aussi le premier Bruno Wajskop, directeur de la collection La Muette des éditions Le Bord de l’Eau, lequel a choisi un nom d’emprunt pour l’occasion, qui est celle de relater les dessous d’un certain monde de l’édition qu’il a connu de près et que Sophie Blanche, la narratrice, apprend à connaître à ses dépens.

Le résultat est un livre qui se veut décapant et dénonciateur, ce qu’il est, l’auteur(e) ayant le sens des images, des situations et des mots. Mais qui laisse un drôle de goût dans la bouche. Le livre s’attaquant au conglomérat d’ASBL, à l’édition coup de vent et coup de bluff question de vendre à n’importe quel prix, au détriment de la petite maison d’édition artisanale et respectueuse des auteurs, on se serait attendu à un produit plus soigné. Et non pas à des coquilles à profusion comme celles-ci :
Il s’avait que je n’aimais rien… (p.80)
… des instants futiles qui avaient rythmés ma vie… (p.82)
Et à un laxisme flagrant en ce qui concerne les traits d’union.

Enfin. En dehors de ces considérations de réviseure devant un travail bâclé, On est toujours le patron de quelqu’un se lit en une heure et fait parfois grincer des dents. On peut beaucoup aimer. Ou pas du tout. Moi, je suis plutôt mitigée. Comme on l’est devant tout produit qui dénonce le cliché en étant lui-même un cliché.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Titre pour le Défi Premier Roman

Gentil, mais c’est tout

J’avoue. Je n’ai pas été séduite par le Souchon nouveau. Je ne l’écouterai donc pas en boucle comme je l’ai fait avec C’est déjà ça. Pourtant, À cause d’elles est un joli album, sans prétention. Gentil, quoi. Sans plus. Malgré une reprise d’En sortant de l’école de Prévert des plus sympathiques.

En effet, écoute-t-on un album pour une seule chanson aussi réussie soit-elle? Pas moi.