Lali

4 janvier 2012

Les vers de Nâzim 4

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Nostalgie

Cela fait cent ans
que je n’ai pas vu ton visage
que je n’ai pas passé mon bras
autour de ta taille
que je ne vois plus mon visage dans tes yeux
cela fait cent ans que je ne pose plus de question
à la lumière de ton esprit
que je n’ai pas touché à la chaleur de ton ventre.

Cela fait cent ans
qu’une femme m’attend
dans une ville.
Nous étions penchés sur la même branche,
sur la même branche
nous en sommes tombés, nous nous sommes quittés
entre nous tout un siècle
dans le temps et dans l’espace.
Cela fait cent ans que dans la pénombre
je cours derrière toi.

Tu es mon ivresse
De toi je n’ai point dessoûlé
Je ne puis dessoûler
Je ne veux point dessoûler

Ma tête lourde
Mes genoux écorchés
Mes vêtements crottés
Je vais vers ta lumière qui brille et qui s’éteint
en titubant, tombant, me relevant.

Nâzim Hikmet, Il neige dans la nuit et autres poèmes

*choix de la lectrice de Bertha Worms

Le tatoueur de ciel

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:39

Ce n’était qu’un enfant. Un enfant enivré par la puissance. Un enfant qui un jour succéderait à son père, le plus puissant de tous. Et parce qu’il veut montrer à quel point il est fort, déjà, Nabo Junior va bouleverser la vie du royaume. Il va d’abord chasser les nuages qui font de l’ombre. Faire disparaître les oiseaux qu’il trouve trop bruyants. Faire tatouer le ciel de couleurs afin que son royaume profite d’un arc-en-ciel permanent.

Tout ça pour montrer sa puissance. En négligeant le fait qu’il a tout détruit autour de lui pour arriver à ce résultat. Mais il devra tout réparer, même si ça doit lui prendre le reste de sa vie, c’est ce que lui a ordonné son père en lui laissant les terres qu’il a mis peu de temps à dévaster.

Il est toujours plus long de reconstruire que de détruire. C’est ce que Le tatoueur de ciel raconte dans cet album plutôt sombre et avec lequel j’ai eu un peu de mal. Notamment lorsque sont tués tous les oiseaux et qu’on les voit, transpercés d’une flèche, aux pieds du jeune garçon. N’y aurait-il pas eu moyen d’épargner cette scène très violente pour de jeunes enfants? Voilà pourquoi je ne peux conseiller cet album.

Ce geste

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 15:34

Il y a longtemps, plus d’un quart de siècle, ils avaient vécu ce lien fusionnel dont on parle dans les livres sans préciser qu’il est rare que celui-ci puisse être maintenu et vivaient désormais en parallèle, d’un accord tacite. Ils ne fréquentaient pas les mêmes gens sauf les rares amis de leur jeunesse épargnés par le divorce ou les déménagements à l’autre bout du pays. Et encore, rarement.

Probablement se contentaient-ils de cette vie. Ou du moins ne la remettaient-ils pas en question. Après tout, ils ne se détestaient pas. Ils ne se marchaient pas sur les pieds. Les enfants les soudaient. D’une certaine manière.

Elle n’avait pas de vraie raison de partir, au fond. Et s’il lui arrivait parfois de rêver d’une autre vie, il suffisait d’un regard insistant, d’une étreinte amicale qui se prolongeait, d’un éclat de rire dont il était exclu pour qu’il lui rappelle en l’enlaçant devant celui qu’il jugeait importun que c’était lui le propriétaire.

C’est pour ce geste qu’elle ne peut plus rester. Mais il ne le sait pas encore.

*illustration d’Art Spiegelman

L’orchidée de Monique

Filed under: Signé Lali — Lali @ 10:07

Si belle que je n’ai pu m’empêcher de la prendre en photo!

Ce que mots vous inspirent 572

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

La bonne humeur a quelque chose de généreux : elle donne plutôt qu’elle ne reçoit. [Alain]

*toile de Xie Yousu