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Un dimanche russe et poétique 7

Les nuages

J’ai demandé aux nuages :
-Quand dans vos vagabondages
Vous vous heurtez tout à coup,
Ils vous font très mal ces coups?
-Pas du tout.
-Alors, pourquoi pleurez-vous?

Oleg Grigoriev
(dans Anthologie de la poésie russe pour enfants)

*toile de Dorothy Kate Richmond

Un dimanche russe et poétique 6

Un poème violet

Toute violette
Est ma maison
Et tout violet
Est mon chaton.

Violettes sont
Chambres, cuisine,
Et la piscine.
À l’horizon
Un train violet
Est à l’arrêt.

Et voici là
De beaux lilas,
Un gros bouquet.
C’est si mignon,
Tout en violet!

Et puis,
Je n’avais pas
D’autres crayons…

Roman Sef
(dans Anthologie de la poésie russe pour enfants)

*toile d’Ernest Rocher

Un dimanche russe et poétique 5

Nous et les étoiles

Vous marchez debout? C’est normal :
Les hommes viennent des étoiles.
Et les étoiles les attirent,
Vers les étoiles ils s’étirent…
C’est pour ça que les gens
Marchent verticalement.

Oleg Grigoriev
(dans Anthologie de la poésie russe pour enfants)

*toile de Maria Szantho

En vos mots 249

C’est une scène livresque bien spéciale que celle imaginée par le peintre russe Oleg Voronin que je vous offre ce dimanche. En effet, ce que lit le jeune personnage semble avoir des répercussions hors de l’ordinaire sur son environnement.

Reste à voir s’il s’agit de l’imagination du peintre, de celle du lecteur de la toile ou de celui qui examine celle-ci, puisque la toile vous appartient pour sept jours, le temps de concocter en vos mots une nouvelle, un poème, un dialogue, voire une seule phrase, afin de faire vivre cette scène.

Les commentaires acheminés seront, comme le veut l’habitude, validés dans sept jours et pas avant. D’ici là, bonne semaine et bon dimanche à tous!

Un dimanche russe et poétique 4

Le silence

Dans la forêt
Par un beau jour d’automne
Je me promenais
Avec mon téléphone.
Et sans arrêt
Mon téléphone
sonnait,
sonnait…

Alors j’en ai eu marre
Et j’ai jeté dare-dare
Le combiné.
Aussitôt
il s’est fait
Un grand silence
dans la forêt.

Et puis j’ai entendu
Un vol d’oiseau,
Une biche et son faon
Qui allaient boire
À l’étang.

Roman Sef
(dans Anthologie de la poésie russe pour enfants)

*illustration de Zoe Ranucci

Un dimanche russe et poétique 3

Le petit poète

« Salut, poète! » criait-on en riant.
Le poète était un enfant.
Et il ne rêvait ps de gloire,
Il rêvait seulement de pouvoir
Se venger de ceux qui criaient à tue-tête :
« Poète! Poète! Pouète-pouète! »

Valentin Bérestrov
(dans Anthologie de la poésie russe pour enfants)

*toile de Rupert Valerian

Un dimanche russe et poétique 2

Le papillon

Ce matin dans ma chambre
un papillon
est entré par la fenêtre
et s’est posé à mon chevet
en déployant ses ailes,
en agitant ses antennes
tout près de ma tête.
Puis il s’est envolé
par la fenêtre…
Que voulait-il me dire,
me confier?

Guenrikh Sapguir
(dans Anthologie de la poésie russe pour enfants)

*toile de Valentin Serov

Un dimanche russe et poétique 1

Comme elles étaient heureuses les jeunes lectrices peintes par Eugene Spiro quand elles sont arrivées chez moi. Toutes pétillantes, elles m’ont à peine laissé placer un mot tant elles avaient hâte de me faire part de leur trouvaille. En effet, elles avaient avec elle un livre qu’elles tenaient absolument à me faire découvrir.

Je me suis donc installée avec elles afin de me plonger dans l’Anthologie de la poésie russe pour enfants qui réunit quelques poèmes colligés par Henri Abril. Et c’est ainsi que nous avons décidé ensemble d’offrir quelques-uns de ces textes à de jeunes lecteurs au cours de ce dimanche, en commençant par ce texte signé Valentin Bérestrov :

L’avenir

Qu’apprend d’abord
un petit chat?
À saisir!
Qu’apprend d’abord
un oisillon?
À voler!
Qu’apprend d’abord
l’écolier?
À lire-écrire1

Le petit chaton devient un chat
pareil à tous les chats du monde.
L’oisillon devient un oiseau
pareil à tout oiseau au monde.
Mais l’enfant a beau lire,
l’enfant a beau écrire,
nul ne peut dire au monde
comment il va grandir,
ce qu’il va devenir…

Où serons-nous… 4

Le vent épuise la rumeur des arbres
ce frémissement voile la fenêtre
chère dormeuse où trouves-tu
la continuité de ton rêve

Jacques Ouellet, Où serons-nous dans une heure

*choix de la lectrice d’Adelaide Cole Chase

Un meurtre parfait?

J’aimais l’idée de ces trois lecteurs de romans policiers, affectés au Bureau des Risques et Périls du ministère de l’Intérieur, afin de répertorier les titres de la littérature policière récemment parus selon certains critères de faisabilité et aussi, de détails novateurs. J’aimais aussi l’idée qu’avec une telle expérience ils décident de concocter le meurtre parfait. C’est d’ailleurs ce à quoi ils s’appliquent, ou plutôt se sont appliqués, puisque le roman de Jean-Baptiste Baronian s’ouvre sur la découverte d’un cadavre.

De fil en aiguille, nous apprendrons qui sont les protagonistes de cette histoire, ce qui lie chacun d’entre eux avec les autres directement ou indirectement, ainsi que les raisons et les circonstances qui ont poussé trois d’entre eux à s’allier pour éliminer quelqu’un. Et ça tient la route. Vraiment. Baronian sait raconter et il connaît le genre. Et même si je ne m’attendais pas à trouver un mort dès la première page, mais plutôt des détails sur le travail de ces lecteurs au quotidien, je me suis laissée prendre au jeu de ce meurtre parfait.

Vous l’aurez compris, Le Bureau des Risques et Périls n’est pas juste un roman policier. C’est aussi un roman ludique, authentiquement belge dans son surréalisme.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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