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Rouges 2

Pour fuir je détourne mon visage
cours sans perdre mon impatience
qui me traque

je dépèce les rumeurs
avorte les bourgeons des érables
médite ta nudité sous la pluie

tout me fait au nom de l’échec
ce partage coupable.

Jean-François Leblanc, Rouges

*choix de la lectrice de Richard Saliba

Lili et les gros mots

Lili adore les gros mots. Tant et si bien qu’elle décide d’aller en vendre au marché, affirmant qu’il aident à éliminer les maux de tête. Mais quelle pagaille leur arrivée dans la bouche des uns et des autres a semée! On n’entend plus que des insultes d’un bout à l’autre du village, sur la rue, dans les commerces et dans les maisons. Il faut absoument faire quelque chose!

C’est ce quoi s’emploieront Lili et son pépé dans cet album fort sympathique, aux illustrations efficaces, mais pas des plus jolies, qui pousse les enfants à réfléchir sur la portée de leurs actes et sur leurs responsabilité. Tout en demeurant un album ludique, l’album ne perd pas de vue l’idée d’inculquer des valeurs. Ce qui n’est pas plus mal, au contraire.

Les biscuits aux gros mots, un album où il est question de chicane… et de réconciliation.

Jouer avec les reflets

Voilà bien une activité dont je ne me lasse pas!

Un lien pour les amoureux de la langue française

Quel billet passionnant! Je comprends pourquoi elle a noté l’adresse de celui-ci afin de l’envoyer à ses amis qui aiment la langue française!

*toile de John Templeton Lucas

Ce que mots vous inspirent 682

Innombrables sont nos voies et nos demeures incertaines. (Saint-John Perse)

*toile de Karol Kostjan

Rouges 1

C’est le recueil Rouges du poète québécois Jean-François Leblanc, à propos duquel j’ai écrit ce billet, qui a attiré la lectrice peinte par Mikhail Shevchenko. Un recueil qui l’a profondément touchée et dont elle a extrait ces vers :

Sans bruit
le mensonge laisse sa composition
se jouer

l’orage des souvenirs meurt en une
rosée embrassant la nécropole de
notre tendresse

Un livre, ça sert à quoi?

Bonne question que celle posée par Chloé Legeay, à l’heure où tout, de la pus petite cuillère à la montagne la plus haute, doit avoir une utilité. Et c’est avec humour, avec tendresse, avec philosophie et avec subtilité qu’elle répond à la question en mettant en scène un jeune garçon et sa petite sœur qui vieillissent au fil des pages.

J’ai même imaginé les réponses transcrites sur des bouts de papier et servies comme thèmes autant pour des dessins que des compositions. Et je me suis dit que ce livre était une porte ouverte à la création et qu’il fallait qu’il se retrouve dans toutes les classes.

Petit bémol tout de même pour qui aime les belles illustrations. Celles qu’on trouve ici n’ont rien de très poétique. Plus près de la caricature que de l’illustration jeunesse, ils auront pu me faire fuir si le contenu n’avait été si bon.

Un nocturne pour tout oublier

Pour oublier ce qui va tout croche, pour ne pas entendre certaines inepties, rien de mieux que Chopin. Et, pourquoi pas, Chopin interprété par Pollini.
Voici donc le Nocturne, opus 48, no.1 :

Ce que mots vous inspirent 681

L’art est la floraison de la vie. (Arthur Schopenhauer)

*toile de Vladimir Kush

Savanes 6

la phrase coule comme ne coule
que la phrase
c’est le Niger sur nos peaux nues
nous portons le nom des eaux
qui frayent dans les sables
savanes enfin

Joël Des Rosiers, Savanes

*choix de la lectrice de Sally Storch