Pour fuir je détourne mon visage
cours sans perdre mon impatience
qui me traque
je dépèce les rumeurs
avorte les bourgeons des érables
médite ta nudité sous la pluie
tout me fait au nom de l’échec
ce partage coupable.
Jean-François Leblanc, Rouges
*choix de la lectrice de Richard Saliba

3 réponses
Je me rends compte qu’il y a des moments plus appropriés que d’autres pour lire un poème.
Par exemple ce matin après avoir lu les manchettes des journaux, certains mots de ce poème déploient dans mon esprit une image qui aurait été bien différente les jours d’avant, comme: traque….dépèce…rumeurs…coupable…
Cette gravure aérienne de la lectrice est magnifique!
Oh, « médite ta nudité sous la pluie », comme ça me parle, Lali, moi qui ai tant imaginé des demoiselles ainsi…
Merci de nous gâter de quelques mots accompagnés d’une si belle gravure.
Sais-tu que quelques demoiselles se sont vêtues depuis ta dernière visite ?
J’ai une jeune femme dans son lit, un livre à la main, si elle te tente, ce sera avec grand plaisir de te la confier, je sais qu’elle sera bien dans ton univers…
Belle après-midi, toujours dans les livres,
Tatieva