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Le silence 1

C’est le titre qui a séduit la lectrice peinte par Monika Seidenbusch. Il faut avouer que j’ai aussi été séduite par le titre du recueil de Catherine Fortin, Le silence est une voie navigable. Et pas juste par le titre, mais aussi par les mots de la poète. Notamment ceux-ci :

ce qui meurt à la fenêtre
nul ne peut le retenir
mais à l’extrême l’indicible
repousse toujours plus loin
le jaillissement ordonné
de la lumière où s’amenuise
la force entière du matin

L’histoire de Samuel

Une fois de plus, je me suis laissée tenter par un quatrième de couverture. Enfin, aussi par le nom de Karine Tuil dont j’ai beaucoup apprécié le roman Six mois, six jours, écrit à partir d’un fait divers.

C’est donc gagnée d’avance, ou pas loin, que j’ai entamé la lecture d’Interdit, qui met en scène Samuel, septuagénaire qui apprend de la bouche d’un jeune rabbin qu’il n’est pas juif aux termes de la Loi de Moïse, malgré le fait qu’il ait toujours été considéré comme tel et qu’il ait pour cette raison vécu l’enfer d’Auschwitz qui a décimé sa propre famille, en faisant le seul survivant. Chose qu’il n’aurait jamais sue s’il n’avait décidé de se marier avec une femme de la moitié de son âge. Samuel n’a pas envie de vieillir seul et il veut se faire chouchouter pour ce qu’il lui reste d’années devant lui.

Ce n’est hélas pas possible. Un rabbin a décidé de changer le cours de sa vie alors qu’il est juif depuis presque trois quarts de siècle, ce qui suscite en lui toutes sortes de questions auxquelles il n’arrive pas à répondre et qui lui font perdre la raison au point que deux entités en lui (le juif et le non-juif) décident d’avoir sa peau. Et c’est là que ça se complique, que ça dérape, que j’ai décroché…

Autant il m’intéressait de voir Sam se débattre avec des questions existentielles, autant je n’ai pas réussi à croire à son glissement graduel dans la folie et à son internement ayant pour but de venir à bout des personnalités en lui prêtes à s’entretuer. Autant je n’ai pu croire non plus aux personnages de l’asile ni à ce qui est arrivé par la suite à Samuel. Et pourtant, j’étais gagnée d’avance.

Mais l’histoire de Samuel ne tient pas la route et devient de plus en plus confuse à mesure que nous avançons. Meilleure chance avec un autre livre de Karine Tuil — il y en a six encore que je n’ai pas lus.

Chez Catherine

C’est chez l’artiste Catherine Nolin, du Massachusetts, que je vous emmène aujourd’hui. Parce que j’aime ses couleurs et ses scènes livresques.

Merci à Clairedelune qui me l’a fait découvrir.

Devant la médiathèque

C’est devant la Médiathèque littéraire Gaëtan-Dostie, sur l’avenue de la Montagne, que se trouve cette curieuse sculpture sans titre signée Latesky. Je n’ai pu m’empêcher de la prendre en photo!

Ce que mots vous inspirent 684

Ne plus lire depuis longtemps, c’est comme perdre un ami important. (Proverbe chinois)

*toile de Julia Ciccarone

Rouges 3

Un instant
précipite dans l’immortalité

les parages
tes seins
tes lèvres

et la beauté devient jour

Jean-François Leblanc, Rouges

*choix de la lectrice de Jean-Louis Toutain

Des bijoux d’exception

Qui aime les bijoux, qui les aime hors de l’ordinaire, qui apprécie le travail des artistes ne pourra qu’apprécier le livre-objet fait de planches qui se déplient qu’a consacré à René Lalique une spécialiste des arts décoratifs, Yvonne Brunhammer, laquelle a publié nombre de titres sur le sujet et organisé des expositions partout dans le monde.

Il y a longtemps que je connais ce créateur sans connaître l’étendue de son œuvre. C’est donc avec grand bonheur que j’ai découvert des objets décoratifs ainsi que des broches et diadèmes destinés au théâtre et à la vie publique créés par celui à qui on doit la célèbre bouteille de L’Air du temps de Nina Ricci. Des objets et des bijoux étonnants, proches de la sculpture, souvent issus de la mythologie et mettant en vedette des animaux plus souvent qu’autrement.

Parmi les admirateurs de René Lalique, on trouve entre autres le célèbre collectionneur Calouste Gulbenkian, lequel a acquis au fil des ans en plus de quelques objets nombre de bijoux tous plus somptueux les uns que les autres, et la non moins célèbre Sarah Bernhardt qui a porté ces bijoux à la ville comme sur scène, révélant ainsi au monde entier l’audace et le génie de son créateur, mis à l’honneur de bien belle façon dans ce petit livre publié chez Gallimard.

Pour résumer : un livre qui fait rêver!

F comme fado, F comme Fernando

Né au Brésil qu’il a quitté à 17 ans pour le Portugal, Fernando Girão a roulé sa bosse depuis, accompagnant des grands comme Miles Davis, Herbie Hancock et Chick Corea, de l’Angleterre au Maroc, en passant par la France, l’Angola et les États-Unis. Avec Fado Negro, paru en 2009, il livre un vibrant hommage au fado de ses origines. Entre autres à un guitariste qui a participé au premier album d’Amália Rodrigues, Fernando de Freitas, son père, dans une chanson qui lui est dédiée et qui s’appelle tout simplement Fado Fernando de Freitas.

Du rouge!

C’est ce qu’a, entre autres, rapporté Armando de ses vacances en Algarve. De belles raisons de se réjouir!

Ce que mots vous inspirent 683

L’homme n’est pas ce qu’il cache, il est ce qu’il fait. (André Malraux)

*toile de Godfrey Kneller