Comment ne pas s’arrêter?
Le monde déteste le changement, c’est pourtant la seule chose qui lui a permis de progresser. (Charles Franklin Kettering)
*toile de Mahaut Carpentier
certains matins tout se pare
d’ombre silencieuse
comme si la lumière hésitait
à quitter l’autre côté du monde
le monde des chemins perdus
— dérives irrémédiables —
où se consument
tant d’images évanouies
de vies trop courtes
d’histoires sans issue
Catherine Fortin, Le silence est une voie navigable
*choix de la lectrice de Joseph Stella
Bastien, onze ans, a perdu l’usage de ses jambes à la suite d’un accident. Sa vie pourrait s’arrêter là, stagner, tandis qu’il se replierait peu à peu sur lui-même parce qu’il ne peut plus jouer au football. Mais Iris et, par la suite, un vieux professeur de violon dont il sera le dernier élève vont se relayer afin de donner un sens nouveau à l’existence du garçon.
Peu encouragé par les siens qui voient davantage en la musique un passe-temps temporaire pour sortir Bastien de son état de prostration que quelque chose de plus vital, celui-ci réussira à convaincre ses parents que sa place est bien au conservatoire, même si cela signifie pour lui accéder à un milieu qui n’est pas le sien.
Avec Un violon dans les jambes, Hervé Mastron signe un roman destiné aux jeunes mettant en scène un héros attachant et de plus un roman positif, malgré toute la détresse à laquelle est confronté son personnage au départ. Parce que la vie est plus forte que tout. Ainsi que l’appel de la musique, lequel peut parfois changer le cours d’une vie.
Un violon dans les jambes : un roman à mettre entre les mains de tout jeune. Pour lui donner les ailes qu’il lui manque parfois.

détails ici
Un livre vit grâce à la recommandation passionnée qu’en fait un lecteur à un autre. (Henry Miller)
*toile d’Henry Guillaume Schlesinger
Quand les voyageurs embarquent
une part de leur histoire
se mêle à celle des livres
refermés en hâte
D’une rive à l’autre
chacun emporte avec soi
le centre du monde.
Caherine Fortin, Le silence est une voie navigable
*toile signée Hodges Soileau
Rarement un titre a-t-il porté autant de sens que Le livre épuisé, un magnifique album signé Frédéric Clément, que l’éditeur n’entend pas réimprimer et qui est considéré comme épuisé depuis 2004.
Or, Le livre épuisé (qu’on peut encore trouver dans certaines bibliothèques, et heureusement), qui relate la rencontre entre un livre échoué sur le sable après un long voyage et un enfant qui veut voir la neige, est un livre qui méritait meilleur traitement que celui-ci.
Comment des livres aussi beaux physiquement et faisant montre d’autant de poésie peuvent-ils tout bonnement disparaître alors que d’autres, souvent insipides mais à saveur commerciale, sont réimprimés ad nauseam? Il y a décidément beaucoup de choses que je ne comprendrai jamais. Ou que je refuse de comprendre.
Le livre épuisé, ponctué de toiles et de photos, est un livre sur un livre. Un livre qui a fait un long voyage. Un livre qui mérite qu’on le respecte. Un livre où il est question du silence, de la beauté, de la nature. Un livre qui apprend à l’enfant à regarder le monde dans ses moindres détails comme autant de richesses.
Un livre inépuisable tant il offre de possibilités. Et pourtant, Le livre épuisé… est épuisé.
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
Commentaires récents