Commentaires récents
Admin:
Archives:
février 2012
D L M M J V S
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
26272829  
L’univers d’Adam

L’illustrateur polonais Adam Pekalski, créateur de ces quelques livresques bien différentes les unes des autres, a beaucoup d’imagination, comme vous pourrez le constater en visitant son site.

Ce que mots vous inspirent 604

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser. (Nicolas Boileau)

*illustration de Yuki Kitazumi

Les vers d’Anthony 4

Vénus gardienne

L’aube insidieuse
amorce un croc-en-jambe
à la nuit qui s’attarde.
Les mots
le sel de ma demeure
s’évaporent
se dissipent.

Sans drap ni nasse
au plus bas de la lune
la montagne se dévoile.
À travers les persiennes voyeuses
l’éternité nous tient à l’œil.
Vénus est là.
Gardienne.

Anthony Phelps, Une plage intemporelle

*choix de la lectrice d’Édouard Vuillard

Ça ne pouvait que mal finir

Sophie Bérubé, qui a porté plusieurs chapeaux depuis son entrée au Barreau en 1999, s’est surtout fait connaître des téléphiles, d’abord à titre de reporter pour la couverture d’affaires judiciaires puis en tant qu’animatrice, puisqu’elle anime Sans filtre depuis 2006. Auteure notamment d’un recueil d’entrevues, elle signe avec Sans antécédents son premier livre de fiction.

Roman qui vous prend à la gorge dès le départ parce qu’il met en scène deux individus au comportement pour le moins exalté, détachés de la réalité ou alors possédant une réalité bien à eux et à laquelle ils s’accrochent coûte que coûte, Sans antécédents a du rythme et propose une mécanique réussie.

C’est par la version de Thomas que s’ouvre le roman qui relate les hauts et les bas d’une histoire d’amour où tout va très vite, laquelle n’est pas dénuée de charme et de romantisme, mais qui plongera assez rapidement dans l’horreur. Le jeune libraire découvre en effet des failles de taille chez Roxanne, laquelle fait parfois preuve d’un comportement plus qu’erratique. Ceci ne pourra se terminer que par un drame à plus ou moins long terme, et c’est ce vers quoi la jeune auteure nous mène deux fois plutôt qu’une.En effet, dans la seconde partie du roman, c’est Roxanne qui raconte sa version des faits, de sa rencontre avec Thomas, de leurs jours idylliques jusqu’à ceux où rien ne va plus, en passant par un mariage qu’elle a soigneusement préparé, la grossesse tant attendue pour l’un et pour l’autre, la perte d’un des jumeaux,, la naissance provoquée de Mathilde, la guerre pour la garde de la petite et le comportement effarant de Thomas.

Sophie Bérubé a choisi de présenter la version de Thomas et celle de Roxanne, auxquelles elle a greffé à la toute fin des documents explicatifs. Comme si le lecteur était membre d’un jury et qu’il lui était demandé de poser un verdict à la lumière des éléments fournis, ce qui en soi, à mon avis, se révèle un habile exercice tout en mettant au jour des lacunes, le ton et l’écriture des deux protagonistes étant à peu de choses près identiques, et l’écriture factuelle et efficace, sans plus.

C’est donc avec entre les mains sa propre conclusion qu’on ferme Sans antécédents, roman cautionné par Marie-France Hirigoyen, qui a signé le bestseller Le harcèlement moral et l’écrivaine Kim Thúy, auteure de Ru, qui a connu le succès international que l’on sait. Sans toutefois pouvoir affirmer lequel des deux personnages est un manipulateur. Ou alors celui qui l’est le plus. C’est là le joli tour de force de Sophie Bérubé qui devrait trouver son style en appliquant les préceptes de Nicolas Boileau qui n’ont rien perdu de leur justesse malgré les siècles, maintenant qu’elle connaît la mécanique.

Texte publié dans

Titre pour le Défi Premier Roman

C’est aujourd’hui que ça débute!

La cuisine belge est à l’honneur de la toute nouvelle édition de Montréal en lumière qui débute aujourd’hui, qui va tenir occupés les Montréalais pendant dix jours tant il y a d’activités qui s’offrent à eux à l’occasion de ce festival d’hiver.

Et pour moi aussi, ça commence aujourd’hui puisque je mange ce soir des moules au Joli Fou.

Pour succomber à la tentation, feuilletez le programme!

Un dimanche glacial et glacé

C’est dimanche dernier que se tenait la deuxième journée de la Fête des glaces de la rue Saint-Denis où les quelques visiteurs qui ont bravé un froid glacial pour assister à la conception d’une dizaine de sculptures en direct, n’ont pas été déçus, même si certaines pièces ont été vandalisées avant et après avoir été sculptées.

En quelques photos, ce dimanche glacial et glacé, mais qui a su réchauffer mon cœur : ma filleule m’accompagnait.

Ce que mots vous inspirent 603

Les pensées tiennent assez de l’imagination; on en a souvent de chimériques. (Gabriel Girard)

*toile d’Anatoly Kontsub

Les vers d’Anthony 3

Papier-poème

Papier
mémoire d’écorce
souvenir d’aubier
réminiscence du bruissement des feuilles.

Papier
peau de nos mots.
Quand tu deviens bateau
confetti
cerf-volant
le silence fait l’école buissonnière.

Lorsque tu te changes en poème
un visage en toi se reflète
révèle tous mes secrets.

Anthony Phelps, Une plage intemporelle

*choix de la lectrice de José Van Gool

Une nouvelle voix poétique

Qui aime le dépaysement et une langue poétique pour exprimer la couleur des choses sera servi par ce premier roman de la Libanaise d’origine Yara El-Ghadban, L’ombre de l’olivier, qui se déroule essentiellement à Dubaï. C’est là que se retrouvent certains membres d’une famille maintenant dispersée alors que d’autres n’ont pu partir, retenus dans un camp au Liban, réservé aux Palestiniens.

C’est Yuryur, dix ans, qui relate au « je » l’aventure de sa famille, ses espoirs comme ses joies, ses peurs comme ses rires, alors que veille sur elle l’Oiseau à qui elle se livre, usant pour ce faire d’images teintées d’imaginaire et de rêve pour débanaliser des détails qui, aux yeux des grandes personnes, semblent n’avoir que peu ou pas d’intérêt.

Yuryur a donc les pieds bien ancrés dans le réel, même si elle n’est pas à même de saisir la complexité de la situation politique qui les a menés, elle et les siens, en exil. Mais elle a, en même temps, la tête dans les nuages, comme la majorité des fillettes de son âge, qu’elles soient choyées par la vie ou aux prises avec la guerre, la maladie ou la plus grande pauvreté. C’est le propre des enfants de dédramatiser les choses graves et de dramatiser ce qui ne l’est pas. Yuryur ne fait pas exception.

Personnage attachant, elle séduit le lecteur, si bien que je me suis laissée prendre par cette histoire parfois un peu brouillonne, parce qu’on ne saisit pas toujours qui est qui, pourquoi l’un est là et l’autre pas, et où l’on s’en va. Mais sitôt qu’on accepte de ne pas tout comprendre, qu’on fait abstraction de maladresses notamment dans la conjugaison, on se laisse emporter par les saveurs des mets, l’océan, quelques coquillages et le regard d’un cousin.

Et même si la guerre est là, si la mort rôde ou emporte des êtres chers, la vie est plus belle et plus forte que tout. Tel est, peut-être, le message de Yuryur à ceux d’ailleurs qui posent un regard sur cette portion du monde qui voudrait tant connaître la paix.

Texte publié dans

Titre pour le Défi Premier Roman

Pas seize à la fois

Faut-il qu’ils aient si peu de vie hors du bureau pour qu’ils trouvent moyen de se réunir pratiquement chaque semaine sous un prétexte quelconque? La semaine dernière, c’était un souper. Cette semaine, c’est un samedi après-midi à glisser quelque part suivi d’une raclette chez l’une. La semaine prochaine, sûrement un cinq à sept.

C’est déjà l’excitation. La chasse aux prédictions météorologiques. Les conversations autour de qui va apporter quoi pour le souper ou de comment il faut s’habiller pour ne pas avoir ni trop chaud ni trop froid. Et ça va l’être encore demain. Puis vendredi.

Les collègues, ça va pour les heures de bureau et sur place. Le reste du temps, non merci. Ou alors un à la fois, occasionnellement. Mais pas seize à la fois.

*toile de Michael Pracht