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Un dimanche euphorisant 2

Il y a beaucoup de laisser-aller sur notre planète. La dérive des continents en est la preuve.

Grégoire Lacroix, Les euphorismes de Grégoire

*pour le lecteur de JoAnne Perez Robinson

Un dimanche euphorisant 1

Décidément, ce qu’on lit dans les journaux n’a rien de réjouissant. C’est du moins ce que m’a affirmé la lectrice peinte par Dmitriy Lisichenko. Ce qui m’a donné l’idée de lui offrir, ainsi qu’aux lecteurs de journaux du jour, des euphorismes. Et pour tout vous dire, ceux que Grégoire Lacroix a regroupés sous le titre Les euphorismes de Grégoire.

Parce que les euphorismes, c’est très bon pour le moral. En effet, selon ce qu’affirme l’auteur, un euphorisme est un aphorisme qui apporte l’euphorie. Sans tarder, voici donc la première de ces réflexions :

Où se posaient les hirondelles avant l’invention du téléphone?

Les vers de Robin 2

Chaque courbe
Chaque ligne de ton corps
Est un royaume
Une cité
Une île
J’ai accosté
Par inadvertance
Entre un brouillard et une tempête
Pour revivre encore

Robin Aubert, Entre la ville et l’écorce

*choix de la lectrice de Daniel Hernandez Morillo

La vérité en héritage

C’est pour laisser des traces, aux siens d’abord, mais aux générations qui viendront, que la violoncelliste Anita Lasker-Wallfisch a écrit La vérité en héritage, un récit qui raconte en trois temps comment elle a vécu la guerre : avant, pendant et après Auschwitz.

Dans un récit sobre, presque détaché, parce qu’il lui est douloureux de se souvenir, un récit entrecoupé de nombreuses lettres qu’elle, sa mère et sa sœur Renate ont envoyées à l’ainée des filles Lasker qui avait réussi à fuir en Angleterre, elle nous livre un témoignage qui éclaire un autre pan de l’Histoire, celui-ci exploité par Arthur Miller dans sa pièce Playing for time qui a été transposée à l’écran. C’est d’ailleurs à la suite de ce film qui est avant tout la vision de Fania Fénélon, une des musiciennes de l’Orchestre des femmes d’Auschwitz comme Anita, que celle-ci a décidé de transmettre sa propre perception des choses, quelque peu différente de celle de Fania.

Les épisodes relatés par l’auteure révèlent une jeune femme décidée, qui ne perd jamais de vue ce qui l’attend, et qui reste chaque fois étonnée du cours des choses. Ainsi, celle qu’elle pensait être sa dernière heure ne le sera pas. La chance, un concours de circonstances, la phrase jetée inopinément en cours de conversation, tout cela a eu raison de ce qui aurait dû arriver et auquel elle a échappé, c’est-à-dire à la chambre à gaz.

Cette phrase qui lui a sauvé la vie, c’est la réponse donnée par Anita à la question qu’on lui a posée à son arrivée au camp. Que faisait-elle avant? Avant la guerre, avant la prison, avant d’arriver à Auschwitz. « Je jouais du violoncelle. » Quatre mots. Il n’en fallut pas plus pour qu’Anita soit intégrée à l’orchestre que dirigeait Alma Rosé, la nièce de Gustav Mahler, dont on explique mal la mort sinon que par un possible empoisonnement par une des détenues.

Cet orchestre, créé par la Polonaise Zofia Czajkowska, professeur de musique, sur ordre de la SS, regroupaient des musiciennes jouant de tous les instruments propres aux orchestres symphoniques mais aussi de tout autre instrument folklorique auquel Alma trouvait un usage afin d’épargner un maximum de femmes de la mort. C’est donc à un orchestre hétéroclite qu’a été intégrée la jeune Anita, un orchestre qui n’en avait pas moins ses règles, auxquelles on ne dérogeait pas. Cette discipline stricte à laquelle les musiciennes se plièrent leur sauva la vie en n’attirant pas le regard sur les moins fortes physiquement ou musicalement, ou les deux, celles-ci se trouvant constamment entourées plutôt que sur la sellette.

C’est la musique qui a sauvé Anita Lasker-Wallfish. Elle ne pouvait, par la suite, que lui consacrer sa vie.

challenge-des-notes-et-des-mots-4.jpg
détails ici

Une fleur, juste une fleur

C’est exactement ce dont j’avais besoin cet après-midi. Armando, qui l’a prise en photo, lirait-il dans mes pensées?

Quand j’aurai fini de rêver

Le printemps commence à pousser l’hiver vers la sortie. Pas avec vigueur, mais tout de même. Les signes sont là. La neige qui fond. Quelques oiseaux qui rentrent au bercail. Le jour qui arrive plus tôt et qui nous quitte plus tard. Tous ces petits détails qui donnent envie d’aller dehors.

Ce que je vais faire. Quand j’aurai fini de rêver.

*toile d’Anne-Catherine Phillips

Le vôtre, peut-être?

La toile est accrochée depuis dimanche. Une autre vous sera proposée demain.
Trois textes attendent déjà leur validation. Y en aura-t-il d’autres?
Le vôtre, peut-être?
Nous le saurons dans 24 heures exactement.

*toile de Richard Piloco

Les vers de Robin 1

La lectrice peinte par Otto Herschel avait envie d’être étonnée, séduite, chavirée par des mots. Entre la ville et l’écorce, le recueil du comédien et poète Robin Aubert, a fait tout ça grâce à ces vers :

Avant toi

Avant toi
Il y avait les choses
Des nuages et des oiseaux
Il y avait le beau
Il y avait l’océan
Et le récif
Il y avait la houle
Et le vent

La terre qui dégèle
Le repli de la neige
Le printemps
Et celui des outardes
L’automne

Avant toi
Il y avait moi
Dans mes doutes
Mes actions et mes fautes

Il y avait l’orage
Et le tonnerre
Le rivage
Et l’éphémère

Il y avait la rivière
Et les poissons
L’ours
Et la forêt

Il y avait les voyages
Les gens d’un autre monde
La souffrance
Les sourires
La candeur et l’amour
Il y avait la tristesse aussi
Et le manque
Et la perte

Il y avait tout ça

Mais avec toi
Toutes ces choses prennent forme

Les boîtes à mots

C’est parce que Thomas Hellman nous a lu La boîte à mots d’Eduardo Galenao le 16 janvier dernier que j’ai eu envie d’en apprendre davantage sur ce texte. Sans savoir que c’était un délicieux album pour enfants tout autant qu’un poème plein de fantaisie.

La boîte à mots raconte l’histoire de Magda qui classe les mots par couleur et selon leur genre dans des boîtes, afin que chacun soit là où il doit être, c’est-à-dire à sa place. Mais les mots ont-ils une seule place? Qu’arriverait-il si on mélangeait le contenu des différentes boîtes?

Voilà une belle façon de changer le cours de l’histoire, de donner aux mots un nouveau sens, parfois loin de celui qui lui a été attribué au départ. Un livre que devrait avoir tout enseignant du primaire dans sa classe afin de proposer ponctuellement des mots à insérer dans une composition.

La boîte à mots, un poème, un livre, un jeu.

Un repas inoubliable

Menu et carte des vins aux couleurs de Renoir.

Bisque de homard et croûton de rouille safranée, l’un comme l’autre inoubliables.

Foie de voie aux oignons confits et à l’estragon, le meilleur que mon père ait jamais mangé selon ses dires.

Cervelle de veau poêlée au citron et aux câpres qui fondait dans la bouche.

En quelques images, le souvenir d’un repas mémorable où la gentillesse de nos hôtes égalait la beauté et la saveur des plats.
Retenez ce nom : L’impressionniste. Pour les détails, c’est ici.

Moi, je sais juste que je compte bien retourner à Saint-Eustache. Plus tôt que tard.