Lali

15 février 2012

Les vers d’Anthony 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Papier-poème

Papier
mémoire d’écorce
souvenir d’aubier
réminiscence du bruissement des feuilles.

Papier
peau de nos mots.
Quand tu deviens bateau
confetti
cerf-volant
le silence fait l’école buissonnière.

Lorsque tu te changes en poème
un visage en toi se reflète
révèle tous mes secrets.

Anthony Phelps, Une plage intemporelle

*choix de la lectrice de José Van Gool

Une nouvelle voix poétique

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:19

Qui aime le dépaysement et une langue poétique pour exprimer la couleur des choses sera servi par ce premier roman de la Libanaise d’origine Yara El-Ghadban, L’ombre de l’olivier, qui se déroule essentiellement à Dubaï. C’est là que se retrouvent certains membres d’une famille maintenant dispersée alors que d’autres n’ont pu partir, retenus dans un camp au Liban, réservé aux Palestiniens.

C’est Yuryur, dix ans, qui relate au « je » l’aventure de sa famille, ses espoirs comme ses joies, ses peurs comme ses rires, alors que veille sur elle l’Oiseau à qui elle se livre, usant pour ce faire d’images teintées d’imaginaire et de rêve pour débanaliser des détails qui, aux yeux des grandes personnes, semblent n’avoir que peu ou pas d’intérêt.

Yuryur a donc les pieds bien ancrés dans le réel, même si elle n’est pas à même de saisir la complexité de la situation politique qui les a menés, elle et les siens, en exil. Mais elle a, en même temps, la tête dans les nuages, comme la majorité des fillettes de son âge, qu’elles soient choyées par la vie ou aux prises avec la guerre, la maladie ou la plus grande pauvreté. C’est le propre des enfants de dédramatiser les choses graves et de dramatiser ce qui ne l’est pas. Yuryur ne fait pas exception.

Personnage attachant, elle séduit le lecteur, si bien que je me suis laissée prendre par cette histoire parfois un peu brouillonne, parce qu’on ne saisit pas toujours qui est qui, pourquoi l’un est là et l’autre pas, et où l’on s’en va. Mais sitôt qu’on accepte de ne pas tout comprendre, qu’on fait abstraction de maladresses notamment dans la conjugaison, on se laisse emporter par les saveurs des mets, l’océan, quelques coquillages et le regard d’un cousin.

Et même si la guerre est là, si la mort rôde ou emporte des êtres chers, la vie est plus belle et plus forte que tout. Tel est, peut-être, le message de Yuryur à ceux d’ailleurs qui posent un regard sur cette portion du monde qui voudrait tant connaître la paix.

Texte publié dans

Titre pour le Défi Premier Roman

Pas seize à la fois

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 12:47

Faut-il qu’ils aient si peu de vie hors du bureau pour qu’ils trouvent moyen de se réunir pratiquement chaque semaine sous un prétexte quelconque? La semaine dernière, c’était un souper. Cette semaine, c’est un samedi après-midi à glisser quelque part suivi d’une raclette chez l’une. La semaine prochaine, sûrement un cinq à sept.

C’est déjà l’excitation. La chasse aux prédictions météorologiques. Les conversations autour de qui va apporter quoi pour le souper ou de comment il faut s’habiller pour ne pas avoir ni trop chaud ni trop froid. Et ça va l’être encore demain. Puis vendredi.

Les collègues, ça va pour les heures de bureau et sur place. Le reste du temps, non merci. Ou alors un à la fois, occasionnellement. Mais pas seize à la fois.

*toile de Michael Pracht

En attendant

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 10:09

Comme un leitmotiv. Ou une obsession. Ou les deux. Cette envie qui me taraude de fenêtres ouvertes et d’arbres en plein éveil. Envie de plus en plus pressante chaque année. Parce que la saison dite blanche, mais en fait plus grise que blanche, est toujours trop longue. Toujours trop froide.

Et me glisser dans ne toile. En attendant. Pour mieux rêver.

*toile de Rein Pol

Ce que mots vous inspirent 602

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

Le goût est une aptitude à bien juger des choses de sentiment. Il faut donc avoir de l’âme pour avoir du goût. (Vauvenargues)

*toile de Fredrik Kolsto