Lali

2 février 2012

Les vers d’Alphonse 1

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

C’est un vieux livre que la lectrice du peintre norvégien Even Ulving a sorti des rayons. Les forces, le recueil du poète Alphonse Beauregard, un des poètes membres de l’École littéraire de Montréal dont le plus connu est sans doute Émile Nelligan, a été publié en 1912. C’est l’édition originale qu’elle a parcourue, ce que vous pouvez faire aussi puisque le recueil est disponible en ligne, et c’est sur ces vers qu’elle s’est longuement attardée :

Sonnet impressionniste

Quelle âme revêtir dans cette forêt vierge
Qui va, grimpant les monts, au ciel donner assaut,
Où la terre a gardé l’empreinte d’un sursaut
Par quoi, depuis des temps fabuleux, elle émerge.

Arrière fatuité, loin de moi rire sot
Que l’on promène au bal, dans la rue ou l’auberge.
Comme si j’explorais quelque nouvelle berge,
J’aurai l’âme qui sied en face d’un berceau.

Ce bois évocateur de l’humaine origine,
Où la hache, plus tard, sonnera la ruine,
Écrira ma devise : Espérance et regret.

Si ma chair tremble et crie en la montée abrupte,
J’accuserai ma chair plutôt que la forêt;
Je serai désormais plus fort aux jours de lutte.

grains de poussière

grains de poussière
que vent emporte
mots murmurés
mots griffonnés
du bout des cils
mots qu’on avait crus
indélébiles
et plus forts que vagues
sur le sable

grains de poussière
tout n’est jamais que
poussière

(février 2012)

*toile de Javlon Umarbekov

Les murs blancs

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:38

Dans Lettres québécoises, Hugues Corriveau avait reproché à Linda Amyot la profusion de personnages qui entourent le personnage principal de son roman Les murs blancs.

Je n’ai vu qu’une femme qui se remet d’un cancer ovarien, une femme de 34 ans dont le corps est à jamais mutilé et qui n’enfantera jamais. Qui se remet lentement. D’abord en s’éloignant. En s’exilant dans un Mexique qui la séduira, alors que la vie s’emparera à nouveau d’elle.

Je n’ai vu que des émotions à fleur de peau, un sens du rythme et des images à chaque page, des images d’autant plus réussies que celle dont il est question est photographe.

Je n’ai vu que poésie face à une vie qu’on se réapproprie petit à petit. Je n’ai vu que justesse et sensibilité dans ces allers et retours qui font surgir personnages et questions.

J’ai été touchée. Émue. Comme je j’ai été devant les toiles de Frida Kahlo dont il est aussi question dans ce roman d’une centaine de pages qui bouleversera quiconque s’y aventurera.

Les illustrations de Yoko

Filed under: Couleurs et textures,Les trouvailles de Lali — Lali @ 14:14

Les illustrations de Yoko Yanji, dont voici deux scènes des plus livresques, un monde à découvrir… Assurément. Vous me suivez?

Un peu de clarinette

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 10:48

Comme il semble difficile de trouver de quoi me mettre sous la dent dans quelque langue que ce soit afin de vous présenter le clarinettiste japonais Eiji Taniguchi, autant écouter Wave et Lamentos, deux titres tirés de son album The Sweet Sound of Bossa Nova.

Ce que mots vous inspirent 593

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

C’est toujours l’erreur qui mène à la sagesse. (Claude-Joseph Dorat)

*toile de Gerrit van Honthorst