Si vous avez envie de lire en regardant les nuages ou sous la protection de la lune, les illustrations de Maria Mola n’attendent que vous. Pour d’autres scènes tout aussi souriantes, prenez le temps d’aller la visiter.
Si vous avez envie de lire en regardant les nuages ou sous la protection de la lune, les illustrations de Maria Mola n’attendent que vous. Pour d’autres scènes tout aussi souriantes, prenez le temps d’aller la visiter.
Tant qu’il y aura des langues, elles continueront à échanger leurs mots sans craindre de perdre leur âme, car une langue qui vit est une langue qui donne et qui reçoit. (Henriette Walter)
*illustration d’Alexey Kurbatov
Le poète
Dans mon enfance le poète était
celui qui parle avec les vagues et la mer
et retrouve en lui l’horizon.
Je suis resté assis sur la plage
et sans un mot le poète m’a touché :
la rumeur de la mer prenait possession de moi.
Jóhann Hjálmarsson
(dans 25 poètes islandais d’aujourd’hui de Thór Stefánsson)
*choix de la lectrice de Belinda Del Pesco
Avec Pense aux jours heureux, Guy Jimenes avait une belle idée. Il avait même des personnages, et un ton. Mais il a laissé tout cela lui filer entre les doigts. Hélas.
Sous prétexte de traiter des sans-papiers, de ceux à qui il faut peu pour qu’ils soient en règle et qui attendent qu’on règle leur sort, l’auteur passe du coq à l’âne, à savoir de la disparition de Fatouma à l’affirmation sans détours de ce qui lui est possiblement arrivé. Sans semer des indices, alors qu’il aurait gagné à le faire, l’auteur va directement là où il voulait aller. Tant pis pour ses lecteurs.
Dommage. J’aimais Fatouma, j’aimais Ludovic. Pourquoi Guy Jimenes a-t-il tué l’histoire qu’il avait entre les mains et en y mettant un terme en moins de deux alors que le lecteur en aurait voulu un peu plus?
Je sens que je m’énerve et que plus ça va, plus je m’énerve.
Pourtant, j’étais si heureuse de me plonger dans le nouveau livre d’un ami.
Mais, certaines phrases n’ont pas eu l’heur de me plaire. Oui, heur. Sans E. La réviseure et la correctrice d’épreuves qui ont travaillé sur ce titre, ne connaissant vraisemblablement que l’heure fournie par leur téléphone cellulaire, se sont empressées d’ajouter le E manquant. Heur, ça n’existe pas, voyons. Si bien que « … elle (la maison) a eu l’heure de séduire Peter ». Même si ça ne fait aucun sens. C’est tellement plus facile d’ajouter des fautes que d’ouvrir un dictionnaire.
Je sens que je m’énerve et que je vais écrire dans le livre emprunté à la bibliothèque. Même si c’est interdit.
Mais non. Je ne le ferai pas. Même si ça démange la réviseure que je suis de le faire.
Je ne donnerai pas l’occasion à quelqu’un d’aller ajouter le E retiré.
Faut pas pousser le bouchon, Maurice.
*illustration de Carla Pott
Le projet est le brouillon de l’avenir. Parfois, il faut à l’avenir des centaines de brouillons. (Jules Renard)
*toile d’Erni Kwast
Désir
Plus profonds que la réalité
dans la conscience du délire
demeurent ton souvenir
et celui de ton amour.
Ils sont parfum dans la brise du soir :
Qu’ils affleurent mes sens
ma respiration se fait timide.
Vilborg Dagbjartsdóttir
(dans 25 poètes islandais d’aujourd’hui de Thór Stefánsson)
*choix de la lectrice de Carol Myer
Je suis restée sur ma faim. Exactement comme ça peut arriver devant une belle assiette bien décorative dont on avale le contenu en trois bouchées en se disant que c’était bien joli, bien bon, mais trop peu. Pourtant, le troisième roman de Nicolas Gilbert portait en lui de belles promesses.
Deux François Meunier au visage identique, séparés par 150 ans, le premier déporté après avoir tenté de tuer le roi, le deuxième bien de son époque, c’est-à-dire en quête de lui-même, tels sont les personnages que nous offre l’auteur qui a décidé de jouer avec l’Histoire.
Nous allons donc d’un François à l’autre, le plus jeune découvrant l’existence de son homonyme au hasard d’une exposition de daguerréotypes. C’est d’ailleurs des deux François l’exilé le plus intéressant des deux par la vie qu’il mène de son acte manqué à sa traversée des États-Unis en pleine guerre de Sécession après de nombreuses années passées à La Nouvelle-Orléans, alors que l’autre a une petite vie beaucoup moins trépidante, même s’il quitte son emploi pour s’installer en pleine campagne.
Les mêmes prénoms pour les personnages gravitant autour des François et auxquels l’auteur a choisi de donner des rôles semblables, nous donnent à penser que l’histoire toujours se répète. Et probablement que là était le but, voire la destination, de Nicolas Gilbert en nous présentant en parallèle ces deux vies, ces deux François Meunier qui échoueront au même endroit.
J’aurais souhaité autre chose que cet exercice de style. Même s’il est réussi. Savoir s’il y a un lien entre les deux François? Peut-être. Mais je ne le saurai jamais. Cela fait partie de ce que Nicolas Gilbert a choisi de taire après nous avoir laissé croire que, peut-être, nous allions savoir la vérité en fermant le roman, lequel demeure tout de même un très bon moment de lecture.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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