L’univers de l’illustrateur sarde Toni Demuro, dont voici quelques scènes mettant en vedette la lecture, est plein de fantaisie. N’hésitez pas à aller voir cela de plus près.
L’univers de l’illustrateur sarde Toni Demuro, dont voici quelques scènes mettant en vedette la lecture, est plein de fantaisie. N’hésitez pas à aller voir cela de plus près.
Là. Toujours là.
L’un ou l’autre.
Présente tacite. Complicité.
Là. Au bout de mon regard.
Plus présent que nul ne l’a jamais été dans ma vie.
Et nous voilà unis.
L’un ou l’autre. Et moi.
Dans notre silence.
Plus vrai que bien des mots inutiles.
*toile de Juan Segura
La difficulté de réussir ne fait qu’ajouter à la nécessité d’entreprendre. (Beaumarchais)
*toile de Kwon Kyung Yup
Un poème sur toi
Tu es le temps
et la poésie de la poésie
t’apporte des nouvelles incertaines.
Le temps n’existe qu’en toi
et tu es son écho.
Ton propre temps tu le relances
où que tu ailles ou n’ailles pas.
Les nuages portent ton message
et la mer le reflète.
La terre et la mer te gardent
dans leurs rêves
car le néant n’a jamais existé.
Tu es la sensibilité du vrai
et du réel
et tu triomphes sur l’illusion que tu n’es rien
dans une mondialisation
qui ne t’intéresse pas.
Tu es la culture les rêves et l’espoir.
Tout est en toi tu es tout.
Jón frá Pálmholti
(dans 25 poètes islandais d’aujourd’hui de Thór Stefánsson)
*choix de la lectrice d’August Macke
Les livres nous nourrissent. Ils nous conseillent, nous renseignent, nous séduisent, nos bouleversent et nous étonnent. Ou encore, ils nous font rêver. Tel est le cas de ce livre exceptionnel qu’est Prague passages et galeries, un album superbement documenté, aux photos toutes plus belles les unes que les autres, qu’elles soient en noir et blanc ou non, dont la lecture vous donnera envie de partir pour Prague dès le livre refermé, et même avant.
Pourtant, le livre n’est pas facile d’accès et a plus du traité historique et architectural destiné aux érudits que du livre qu’on laisse traîner sur la table à café pour ses images. Ce qui ne lui enlève rien, bien au contraire. Le moindre passage, la plus ancienne des galeries, tous sont soumis au regard avisé des auteures Michaela Brozová, Anne Hebler et Chantal Scaler, qui n’ont rien laissé au hasard et nous entraînent dans les dédales d’une ville qui nous offre des facettes méconnues, même si largement connues, un regard duquel on peut affirmer qu’il est amoureux.
Un livre qui, assurément, alimentera vos rêves de voyages.
Et dire qu’elle ne se doutait de rien, la lectrice du mardi. Pourtant, Armando n’était pas très loin. Vous saviez qu’il avait un faible pour les lectrices?
Je ne m’y fais pas, je ne m’y ferai probablement jamais. Je suis Montréalaise, Québécoise, Canadienne, voire même Américaine, tant que ce mot ne fait pas référence uniquement aux États-Unis. Car il existe un adjectif pour remplacer américain quand il n’est pas question de l’Amérique dans sa totalité mais bien d’une portion de celle-ci, à savoir les États-Unis. Cet adjectif, états-unien, que d’aucuns utilisent, notamment des éditeurs québécois et quelques organes de la presse écrite française, est hélas bien trop utilisé à mon goût. Et pourtant, ce n’est pas depuis hier qu’on parle de littérature états-unienne, qu’on fait mention de politique états-unienne, que certains voyagent avec un passeport états-unien et que la cuisine états-unienne tente de se faire une place au soleil sans y parvenir.
L’Amérique, ce n’est pas uniquement les États-Unis. Comme la France n’est pas à elle seule l’Europe, pas plus que l’Allemagne ou l’Italie ne l’est.
Quel Français, quel Belge, quel Suisse accepterait d’être désigné uniquement sous le nom d’Européen? Je revendique donc le fait d’être Américaine, sans pour cela être États-Unienne.
Et tant pis si je dois jusqu’à la fin de mes jours corriger ce mot dans les textes que je révise.
*toile d’Arne Westerman
Ne charge pas un seul jour des soucis de toute une année;
Tu n’es pas sûr du jour entier, et tu t’inquiètes de l’année entière!
(Proverbe arabe)
*toile de Duffy Sheridan
La lectrice de l’artiste australienne Steph Chard a pris du temps à sélectionner le recueil destiné aux lectrices des prochains jours. Il est vrai qu’elle avait une idée en tête. Elle tenait à tout prix à choisir un poète qu’elle ne connaissait pas du tout. C’est ainsi qu’elle a ouvert 25 poètes islandais d’aujourd’hui de Thór Stefánsson. Émue par les mots de Matthias Johannessen :
Quand le soleil s’éteint
dans la mer
les étoiles s’éclairent
et la lune
ainsi je nous vois tous deux
pénétrant l’obscur
qui ignore le soir
J’aime lire des nouvelles et pas juste parce que j’en écris, mais parce que j’aime cette idée d’un avant et d’un après dont on ne saura rien, de personnages esquissés sans plus, propres au genre. C’est donc toujours ravie que j’ouvre un recueil de nouvelles, autant parce ça me permet de retrouver l’écriture d’un auteur que j’aime ou parce que ça m’autorise de belles découvertes. Mais pas toujours.
C’est ainsi que j’ai croisé La lettre de Chattanika, un recueil de trois nouvelles, de Christiane Rolland Hasler, desquelles je ne retiendrai rien sinon que l’impression d’avoir lu des brouillons malhabiles. « La lettre de Chattanika », qui donne son titre au recueil publié en 2010 aux éditions Rhubarbe que je ne connaissais pas (et que je n’ai pas envie de connaître davantage tant le travail d’édition et de révision a été bâclé), qui n’en finit pas de s’étirer et de vouloir nous expliquer quelque chose qu’on a très vite compris, se révèle de peu d’intérêt. Quant aux deux autres, si elles n’avaient pas été elles aussi longues inutilement, elles auraient peut-être réussi à m’interpeller. Mais l’auteure s’est perdue en route, voulant trop semer de détails qui ennuient plus qu’ils n’éclairent. Et pourtant, la nouvelle qui clôture le recueil aurait pu, si elle avait été plus concise, se révéler fort intéressante avec cette idée que la photographie peut provoquer des catastrophes.
Une fois de plus, bonne volonté et littérature n’auront pas fait bon ménage.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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