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Les mots de Sylvain 2

Les amours anciennes

J’ai la nostalgie des amours anciennes
Au parfum d’été habillé de vous
Vous étiez dimanche au cœur des semaines
Vous étiez dimanche et l’air était doux
Que sont devenues les saisons anciennes
Au parfum d’été habillé de vous
Le temps est perdu qui est temps de peine
Le temps est perdu qui est loin de vous

À tuer mes jours d’aussi longue absence
Vous dûtes vieillir en tristes atours
Ne reste-t-il pas le soir d’une chance
Ne reste-t-il pas quelque carrefour
Qu’elles étaient folles mes promenades
Au fond des ruisseaux et des océans
Vous rappelez-vous nos mille noyades
Vous rappelez-vous ces lumineux chants

Que sont devenues les amours anciennes
Au parfum d’été habillé de vous
Le temps est fané qui est mort de peine
Le temps est fané qui est mort de vous
Ce ne sont que jeux que vaines images
Et je ne sais rien rien du tout de vous
Ni votre prénom ni votre visage
Et le temps a fui vers on ne sait où

Sylvain Leliève, Entre écrire

*choix de la lectrice d’Emil Brack

Le refuseur

Qui a un jour cru qu’être lecteur pour une maison d’édition réputée était un beau métier, valorisant pour le lecteur autant que pour le jeune écrivain qu’il s’appliquera à sortir de l’ombre n’a jamais rencontré Antoine Aimé.

Antoine exerce le noble métier de lecteur aux yeux de tout un chacun, mais en vérité il ne lit les manuscrits qu’en diagonale, avec pour seule et unique directive de refuser tout roman qui passe entre ses mains. Avec tact, bien entendu. Il a d’ailleurs toute une liste de lettres préformatées sous la main, dont il se sert sans faire de cas de conscience. Il doit refuser, il refuse. Du matin au soir. Depuis des années.

Or, un jour, rien ne va plus. Antoine est convoqué chez le patron. Un jeune auteur se serait suicidé à la suite d’une lettre de refus un peu trop sèche écrite par Antoine, qui change alors son fusil d’épaule et décide d’accepter tout manuscrit atterrissant sur son bureau, ce qui ne plait pas plus à la direction qui décide de se débarrasser d’un de ses plus anciens collaborateurs.

Mais Antoine n’en a pas fini avec l’édition ni avec les auteurs à qui il a promis une publication. C’est donc d’eux qu’il va s’occuper après son licenciement. À sa manière. Avec son savoir-faire. Ses talents pour convaincre. Avec quelque chose de surréaliste.

Le métier de refuseur n’existe pas, à proprement parler, mais il n’en reste pas moins que certains lecteurs sont des refuseurs. En effet, « …il existe une véritable industrie du refus de manuscrits. Ce qui m’a donné envie d’écrire sur ce métier, cette profession de refuseur que, sans le vouloir, j’ai côtoyée pendant près d’un quart de siècle. Plutôt que de romancer ma quête d’un éditeur, j’ai choisi d’endosser le rôle de la partie adverse. Je me suis institué lecteur et refuseur, et j’ai laissé le fil de l’histoire que j’avais lancé courir sur son erre », a écrit le journaliste Michel Lauwers à propos de son premier roman enfin publié après des centaines de refus de la part des éditeurs.

Un roman qui se démarque. Un roman qui fait sourire. Dont on retiendra certains épisodes plutôt que la chute beaucoup moins réussie que le reste.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Titre pour le Défi Premier Roman
et pour le Challenge « Le nez dans les livres »

Orchidée de rêve

Une photographie de rêve pour une orchidée de rêve, signée Armando le rêveur. Ça fait rêver tout ça, non?

Un concerto, ça vous va?

Le plus récent album que la pianiste Hélène Grimaud dédie à Mozart n’est pas le premier qu’elle lui consacre et fort probablement pas le dernier. Cette fois-ci, entre deux concertos qu’elle interprète de façon magistrale, elle a prêté ses mains et son talent à la voix de Mojca Erdmann. Elle n’aurait peut-être pas dû. C’est la partie la moins intéressante de l’album et ça coupe le rythme amorcé par le premier concerto. Mais bon. C’était son choix — ou celui de sa maison de disque — et on ne peut rien y changer. On peut par contre passer d’un concerto à l’autre en omettant la partie vocale et déguster les trois mouvements du Concerto no.23 K488.

Ce que mots vous inspirent 582

Celui qui ne peut pas ajouter un oiseau dans son paysage est un artiste qui n’a pas le sens de l’infini, il confond le défini et l’infini. (André Derain)

*toile de Silvestro Lega

Les mots de Sylvain 1

Est-ce la sortie d’un album réunissant Ses plus belles chansons d’amour soulignant à quel point Sylvain Lelièvre est toujours vivant même s’il nous a quittés il y a presque dix ans, qui a donné l’idée à cette lectrice de l’école hollandaise, peinte au début du XXe siècle, de parcourir Entre écrire, son recueil de poèmes et chansons paru en 1982? Peut-être. Ce que je sais, c’est qu’elle a décidé de partager ce livre avec les lectrices des prochains soir. Ce que je sais aussi, c’est qu’elle a été émue. Notamment par ces vers :

elle s’avance dans le soir
comme une aurore égarée
avec les courbes des montagnes
sous les bras
et la blessure du soleil fixe
à l’autre bout de l’eau

elle s’avance dans le soir
des dessins irréversibles intolérables

nous allons un autre fois gravir
le rocher de ceux qui n’ont rien
que l’espérance de l’amour

Des nouvelles comme autant d’extraits de films

Qui aime les nouvelles qui vont de A à Z sans retours en arrière seront déroutés par L’amour au cinéma, un recueil de huit nouvelles signé Éveline Mailhot, mettant en scène des personnages aux prises avec des situations qui ne nous sont pas présentées dans l’ordre chronologique. Cette façon de faire bouscule qui s’attend à autre chose, mais ravira les cinéphiles qui trouveront dans ce processus quelques familiarités avec le septième art.

Les nouvelles s’ouvrent donc sur des scènes qui ne mènent pas nécessairement à un dénouement, mais qui, dans la plupart des cas, en expliquent les prémices. J’avoue avoir aimé ce choix de l’auteure, même si je n’ai pas été emballée par la totalité des nouvelles ni touchée par tous ses personnages. L’idée de les installer dans le feu de l’action ou au cœur même d’une situation sans nous présenter d’abord les intervenants, en faisant des lecteurs des témoins, permet — quand c’est bien fait, et c’est le cas ici — de créer une synergie personnages/lecteurs des plus réussies.

Il est ici question du sentiment amoureux et d’intimité, mais de loin, l’auteure ayant choisi de rester à la surface des choses comme si elle avait eu une caméra entre les mains. On peut apprécier ou pas. Malgré une écriture alerte et imagée, qui laisse suffisamment de place au lecteur pour qu’il puisse imaginer ce qui est tu et qui se trame entre les scènes décrites, on pourra par contre reprocher l’absence d’un fil conducteur autre que la forme et le faux thème de l’amour suggéré par le titre.

Je retiendrai plutôt l’idée d’un recueil volontairement décousu, sorte de clin d’œil au cinéma, dont le résultat semble correspondre au projet initial de l’auteure, mais qui demeure un exercice.

Texte publié dans

Je les regarde

Je les regarde tourner les pages. Épris des images. Amoureux des mots en devenir. Et c’est à elle que je pense. Ève. À qui Lali sa marraine a offert bien des livres. Sans penser qu’un jour elle aimerait tant les mots elle aussi qu’elle s’inscrirait en septembre 2009 en traduction à l’université.
Je les regarde et c’est à elle que je pense. J’aimais tant la regarder caresser les couvertures des livres avant de les feuilleter.

*toiles de Karoly (Charles) Roka

C’est l’hiver!

Ce coup-ci, nous n’y échapperons pas. Les derniers flocons ont été si nombreux qu’ils ne risquent pas de disparaître de sitôt. L’hiver est là. Et dire qu’en Bretagne il y a des jonquilles…

Ce que mots vous inspirent 581

Logique et vérité sont deux choses très différentes. Mais elles se confondent pour l’esprit qui est le créateur de cette logique. (Theodor Sturgeon)

*toile d’Aleksandr Egedis