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Une lectrice paisible et heureuse

sergeh

Les nuages se teintaient du soleil qui s’emparaient tranquillement du ciel. Je buvais tranquillement mon mon bol de café et me laissais baigner par les ambiances des nouvelles de Richard Bresson. Et la vie était juste douce. C’était il y a quelques heures. Un de ces matins tranquilles où la précipitation n’a pas lieu d’être.

Un de ces matins qui me font penser à la toile de Serge Hollerbach que je dédie à ce nouvellier qui aime mes lectrices. Une lectrice qui boirait son café en lisant le journal tandis que devant elle s’étalerait la rade de Toulon que je ne connais qu’en photo. Une lectrice qui prendrait son temps, sans montre et sans rendez-vous. Une lectrice toute simple, jambes nues sous le soleil qui, je le sais, je le sens, aime la vie.

Il y a quelque chose du bleu du Toulon que j’imagine dans la toile de Hollerbach. Il y a aussi le temps qui s’écoule sans qu’on s’y attache et le café qui refroidit dans la tasse. Et cette paix harmonieuse. Petit moment croqué, instantané à la manière de certaines nouvelles.

La richesse selon Armando

guerra

Armando a bien raison quand il écrit que la richesse, c’est la possibilité de partager, car elle n’a rien à voir avec le compte en banque ou la voiture de l’année. Enfin, pour des gens comme nous et beaucoup d’autres qui préfèrent partager des images, des impressions, des musiques, des toiles et des idées. Et quand l’occasion se présentera, un café, une bière ou une glace.

Oui, la richesse, c’est cette possibilité de partager avec les gens de notre entourage, le voisin comme l’ami du bout du monde. Ainsi, le merenge endiablé du Dominicain Juan Luis Guerra, envoûtant et sensuel, découvert grâce à Chantal, à Antheit. Et qui ce soir, est à l’honneur. Qui me donne envie d’apprendre vraiment l’espagnol, puisque je me débrouille à le lire à peu près correctement – merci au latin, au français et à l’italien. Mais je sais qu’il me manque les nuances, et que je ne peux pas le chanter. Comme je sais aussi que même si la musique entraînante de Juan Luis Guerra me plaît, je ne connais pas celui qui est connu encore plus pour son amour des mots, sa poésie. Qu’il me manque donc l’essentiel même si je bouge des épaules et des hanches et si je souris à m’en étirer la bouche.

Et puissent ces pages qui sont les miennes toujours rester un lieu de partage où l’on tourne les pages. Car, oui, la plus grande richesse, c’est bel et bien de pouvoir partager. Un sourire, une chanson, un paysage ou un rêve.

Écrire, imaginer, je ne sais faire que ça

jacquessylvain

Etre écrivain, c’est errer dans l’espace avec un crayon.
[ Pascal Quignard ]

C’est une bien jolie affirmation que celle-là. Et qui me va comme un gant. Car il me semble que je passe mes jours à traîner avec un crayon, cherchant l’image ou l’impression. Et que je ne suis satisfaite que si j’ai réussi à écrire, ne serait-ce qu’une anecdote, une phrase. En fait, je suis incapable de trouver le sommeil si je n’ai pas écrit, ou si j’ai retenu en moi une phrase qui ne demande qu’à s’inscrire quelque part.

Et il y a si longtemps que j’écris que je ne sais pas comment c’était de ne pas écrire. Trente ans à le faire presque au quotidien ont fait que, de toutes les choses que j’aime, ce geste est devenu non pas le préféré, ce serait trop simple de le définir ainsi, mais bien celui qui m’est vital.

Dans combien de cafés ai-je traîné avec un carnet et de quoi écrire à l’instar du peintre Jacques Sylvain qui lui aussi allait de café en café chercher l’inspiration ? Avons-nous un jour écrit et dessiné dans ls mêmes lieux?

La seule chose que je sache est que j’aime cette lectrice. Qui, je crois, n’est pas que lectrice, car elle semble aussi écrire. Et que c’est peut-être le fait qu’elle soit un peu des deux qui me plaît. Tout comme le pull rouge ou la table où elle a étalé livres et papiers. Ou le tout, finalement. Et surtout ce qui se dégage de bonheur de la toile.

Les peintres comme les écrivains vont-ils toujours ainsi crayon en main ? Peut-être pas. Mais j’aime imaginer une histoire qui se déroulerait dans un café où l’artiste peindrait celle qui serait en train de raconter celui qui peint.

Petits desserts en agréable compagnie

profiteroles

Difficile de dire si les profiteroles au chocolat du Bordelais hier soir étaient meilleures que le Paris-Brest d’aujourd’hui.

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Entre le deux, mon cœur balance… ou plutôt mes papilles.

Dans les deux cas, les deux desserts étaient exceptionnels. Parce que les profiteroles constituent, je crois, le plus achevé des desserts, et que j’ai pu les savourer entourée de Francine, ma collègue, et de nos parents respectifs, ils étaient hors du commun. Ils avaient le goût du bonheur.
Et parce que ce Paris-Brest qui avait été préparé à l’intention d’Alain, notre webmestre, dont nous fêtions l’anniversaire cet après-midi, il avait sûrement lui aussi ce goût du bonheur.

Un dessert n’est jamais si bon que quand il est partagé avec des gens qu’on apprécie. Qu’ils s’appellent profiteroles au chocolat, Paris-Brest, Saint-Honoré, tarte aux pommes ou mille -feuilles. Et en deux jours, je puis dire que j’ai été comblée: desserts et amitié étaient au rendez-vous.

Oui, la vie est douce et sucrée, finalement.

Écrire dans ses livres ? Oui, sans aucune hésitation !

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Je me demande parfois pourquoi les gens se refusent à écrire dans leurs livres. Je n’ai vraiment rien contre et serais plutôt pour, en ce qui me concerne. Je ne parle pas de corriger les coquilles, ça je le fais depuis toujours, et me retiens pour ne pas paraître plus enquiquineuse que je ne le suis en remettant des menus corrigés au restaurant. Je le faisais encore il y a peu, mais je me suis calmée. Malgré quelques mercis, j’ai comme senti que ça ne plaisait pas toujours…

Je parle ici de ces phrases qu’on souligne. De ces petites remarques qui nous viennent en tête au détour d’une phrase. De ces mots nouveaux dont il faut éclaircir la définition. Et non pas de l’usage d’un surligneur jaune barbouilleur. Juste de quelques coups de crayons de mine quand l’envie nous en prend.

Je ne dis pas que mes livres sont couverts de notes, loin de là. La plupart sont vierges à part les coquilles corrigées. Mais certains conservent le passage de ma lecture.

Un livre est-il moins beau quand quelques notes y sont jetées ? Devons-nous nous vanter de posséder des livres aussi intacts qu’au moment de leur achat, comme le font certains ? Les miens ont des coins écornés, parce que traînés avec moi. Ils ont des pages aux coins pliés pour que je puissse retrouver une phrase. Les miens ont vécu, pour tout dire.

C’est pourquoi j’aime la lectrice d’Annabel Mednick qui, sans hésitation, semble-t-il, s’approprie son livre en laissant des traces d’elle au hasard d’une page. Petits mots qu’elle ne retrouvera que quelques années plus tard ou le lendemain, et dont elle pourra s’inspirer pour écrire une lettre, un poème ou une chanson.

Les livres ne sont pas des objets sacrés. Ils font notre quotidien et nous avons le droit de les « user » au même titre que nous usons nos chaussures.

Ça, un cerveau féminin ?

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Mon ami Antonio m’a envoyé cette image en affirmant qu’il s’agit là de la résolution d’une grande énigme, à savoir comment fonctionne le cerveau féminin… Je ne suis pas très convaincue. Je vois plutôt là de quoi remplacer les fameux moutons quand on ne trouve pas le sommeil. À force de suivre les billes, les yeux vont finir par se fermer… Mais bon, sa théorie vaut la mienne. Et à titre de rappel: nous sommes dans la rubrique « Vraiment pas sérieux »…

La robe de la lectrice

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La robe de la lectrice de Pierre Quentel est du même jaune que le soleil qui, peu à peu, s’empare du ciel, et que je vois par la fenêtre du bureau. Un peu timide mais qui a toutes les chances de devenir vif à mesure qu’il monte dans le ciel à l’assaut des nuages qui ressemblent aux rayons d’une bibliothèque.

Est-ce un paysage semblable à celui qui illumine mon matin qui a fait choisir à l’artiste la couleur de la robe ou la lectrice était-elle ainsi vêtue pour illuminer la vie de l’artiste ? Encore une fois, on peut se poser toutes ces questions sans qu’aucune réponse ne soit autre chose qu’une supposition. Mais j’aime à penser que le sourire de la demoiselle était si radieux qu’il a préféré ne pas le peindre de peur de l’amoindrir, de lui enlever de sa superbe. Et qu’il a réussi ce tour de force que nous le voyons tous.

Alors que derrière elle on s’ébat sur la plage, elle sourit. Pour elle, d’abord, à cause des mots qui la séduisent. Pour lui, ensuite. Et le jaune irradie de partout: la lecture est lumière.

Soir d’hiver dans une salle qui n’existe plus

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CELUI

Celui qui ne m’a pas parlé d’amour
M’a plus appris m’a plus donné
Que ceux qui m’en ont trop compté

Celui qui ne m’a pas embrassée
M’a plus donné m’a plus appris
Que ceux qui m’ont trouvé jolie

Celui qui ne m’a jamais caressée
M’a révélé plus de splendeurs
Que ceux qui m’ont offert leur cœur

Celui qui ne m’a jamais fait l’amour
M’a mieux comprise et mieux aidée
Que toi qui prétendais m’aimer

Sans faire un geste sans un bruit
Il m’a découvert des pays
J’ai vu des jardins suspendus
À la beauté de ses mains nues
Il n’est pas de plus pur écrin
Que ses mains qui n’exigeaient rien

Celui qui ne regardait pas mes yeux
Mais le monde autour de nous deux
M’a fait voir qu’il est merveilleux

Celui qui ne m’a pas donné d’enfant
M’a fait aimer tous les mendiants
Les solitaires et les errants

Celui qui ne m’a jamais possédée
Qui n’a pas voulu m’enfermer
Pour qui l’amour est liberté

Celui qui ne m’a pas parlé d’amour
M’a plus appris m’a plus donné
Que toi qui prétendais m’aimer

J’avais transcrit en turquoise les paroles de Françoise Mallet-Jorris sur une feuille blanche que je me rappelle avoir collée sur la bibliothèque du salon du boulevard Saint-Joseph. Probablement parce que de toutes celles que Marie-Paule Belle avait interprétées un soir d’automne à la défunte salle La Polonaise, en s’accompagnant au piano, était la chanson qui m’avait le plus émue. Et alors que je l’écoute, grâce à ma table tournante qui fonctionne à nouveau, c’est toute cette soirée qui me revient en tête.

La timidité de l’artiste devant cette salle qui avait pourtant quelque chose de très intime. Puis, peu à peu la surprise et le bonheur quand elle nous a entendus tous chanter avec elle Wolfgang et moi ou La parisienne. Et la confiance et le partage quand elle nous a livré les plus intimes de ses textes qu’elle vivait avec nous – plus qu’elle n’interprétait seulement – avec toute la passion qu’elle savait y mettre.

Il y a eu ce soir frisquet de novembre ou décembre tant de chaleur dans cette salle que nous sommes sortis réchauffés pour les jours à venir. Et c’est à ce soir-là que je repense en écoutant Antonio Carlos Maria Brésil, La Louisiane, Mon nez ou Celui. Toutes incontournables, comme devrait l’être Marie-Paule Belle.

Une lectrice à sa fenêtre

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Comme la table de la lectrice de Frank Russell Wadsworth est invitante. Des livres, que des livres, pour seul menu. Quel appétit et quelle curiosité chez cette demoiselle ! On pourrait penser que l’artiste est passé chez moi pour peindre le tableau tant ces piles ressemblent à celles qui jonchent mon lit, ma table de travail et même la table de la salle à manger. Je n’y peux rien, il me faut toujours des livres dans mon champ de vision.

Et quand je regarde cette lectrice à la fenêtre, ne me viennent que deux possibilités en tête. Ou elle attend quelqu’un avec qui elle partage le même enthousiasme pour la lecture afin de lui livrer ses derniers bonheurs; ou alors, elle voudrait bien que personne n’arrive pour la déranger dans sa lecture.

Chaque toile ouvre sur des histoires qu’on peut raconter ou inventer. Et quand on croira avoir tout dit, une autre histoire se glissera par la fenêtre. Et la vie serait triste ? Pas pour moi !

Histoires de vêtements

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Alors que d’autres — ma sœur et plusieurs de mes amies — adorent faire les magasins, il est une autre façon de m’habiller qui me convient bien plus. Il n’y a rien que je n’aime plus que les séances d’essayage à même la garde-robe de ma sœur ou de ma mère qui, l’une comme l’autre, se lassent de leurs vêtements. Il n’y a pas non plus de chasse au trésor plus amusante que les poches de vêtements qui m’arrivent de chez Lyne ou de chez Nancy.

Et samedi, Nancy est arrivée avec trois sacs. Quelques jolis morceaux pour moi; les mis de côté iront à d’autres. Les vêtements, comme les livres, sont faits pour voyager. Et j’adore me vêtir à même les garde-robe des autres. J’ai ainsi l’impression de porter sur moi un peu des gens qui me sont chers. Peut-être que ma conception du troc est un tantinet étrange. Et puis ? Je n’en changerai pas. Et tout à l’heure, je serai bien aise de sortir avec la jupe de Nancy, les chaussures de Monique, le pull de Lyne et le collier de maman. Ça fait partie de mes petits plaisirs, plaisirs qui ne coûtent rien de plus. Et ça m’éloigne de la cohue des magasins !

Bien sûr, cela veut aussi dire que je me fais ma mode à moi, que je ne suis pas les tendances et n’en fais qu’à ma tête. Non, ce n’est pas demain la veille que je vais disposer de ma cape qui a 25 ans!