Etre écrivain, c’est errer dans l’espace avec un crayon.
[ Pascal Quignard ]
C’est une bien jolie affirmation que celle-là. Et qui me va comme un gant. Car il me semble que je passe mes jours à traîner avec un crayon, cherchant l’image ou l’impression. Et que je ne suis satisfaite que si j’ai réussi à écrire, ne serait-ce qu’une anecdote, une phrase. En fait, je suis incapable de trouver le sommeil si je n’ai pas écrit, ou si j’ai retenu en moi une phrase qui ne demande qu’à s’inscrire quelque part.
Et il y a si longtemps que j’écris que je ne sais pas comment c’était de ne pas écrire. Trente ans à le faire presque au quotidien ont fait que, de toutes les choses que j’aime, ce geste est devenu non pas le préféré, ce serait trop simple de le définir ainsi, mais bien celui qui m’est vital.
Dans combien de cafés ai-je traîné avec un carnet et de quoi écrire à l’instar du peintre Jacques Sylvain qui lui aussi allait de café en café chercher l’inspiration ? Avons-nous un jour écrit et dessiné dans ls mêmes lieux?
La seule chose que je sache est que j’aime cette lectrice. Qui, je crois, n’est pas que lectrice, car elle semble aussi écrire. Et que c’est peut-être le fait qu’elle soit un peu des deux qui me plaît. Tout comme le pull rouge ou la table où elle a étalé livres et papiers. Ou le tout, finalement. Et surtout ce qui se dégage de bonheur de la toile.
Les peintres comme les écrivains vont-ils toujours ainsi crayon en main ? Peut-être pas. Mais j’aime imaginer une histoire qui se déroulerait dans un café où l’artiste peindrait celle qui serait en train de raconter celui qui peint.
2 réponses
J’aime beaucoup cette rubrique « couleurs et textures ». Pour reprendre Quignard (osons !), il faut le reposer, le crayon ! Le plus difficile peut-être.
Lien fait sur « vos » lectrices. Merci