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Des diaporamas pleins de poésie

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J’adore naviguer sur le net, partir à la découverte sans savoir ce que je pourrai bien trouver. Rarement suis-je déçue. Je fais toujours une petite trouvaille, parce que je vais là sans chercher, de lien en lien, curieuse. Parfois, c’est un renseignement ou une anecdote amusante qui font ma journée. D’autres fois, des photos qui m’emballent.

Et de fil en aiguille, je me suis retrouvée sur le site de Chez Bounty. C’était il y a quelques mois. J’y suis retournée tout à l’heure et j’ai retrouvé ce même plaisir quand j’ai téléchargé les nouveaux diaporamas de cette créatrice. Il y a chez certaines personnes une créativité qui me remplit de joie. Et chez cette Bounty Girl, des paysages, des musiques, des pensées qui font voyager. Je pense particulièrement à « Statues » sur la chanson « Orly » de Jacques Brel. Je vous laisse y aller voir de plus près. Je retourne à la pêche…

Yves Simon, une fleur dans mon jardin

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QU’EST-CE QUE SERA DEMAIN

Des rêves sur le bitume
Quelques mots d’amertume
On change de décor

Des fusiliers marins
Passent Boulevard Saint-Germain
J’ai oublié ton corps

Qu’est-ce que sera demain
Le début ou la fin

Un tramway sous la neige
Des carcans nous protègent
De ce qui nous fait mal

L’arrache-cœur n’arrache plus
La nostalgie n’est plus
Qu’un remède banal

Qu’est-ce que sera demain
Le début ou la fin

Sur les visages de l’ennui
J’invent’rai bien d’autres vies
Tout au long au long des longues nuits

Et pour un rêve qui s’achève
D’autres rêves à inventer
Tout au long au long des longues nuits

Sans haine et sans amour
Passent les jours et les jours
C’est le gris qui s’installe

Dans ce loft rouillé
Où nos vies vont traîner
Comme un rêve qui fait mal

Cette chanson a un quart de siècle. Et parce que Daniel a enfin réparé la table tournante hier, je peux à nouveau l’écouter. C’est bien les voisins/amis bricoleurs qui ne demandent qu’un café pour s’occuper de fils.

On dirait que c’est tout un monde qui s’ouvre à moi avec la possibilté de ressortir mes microsillons. Yves Simon, Marie-Paule Belle, Véronique Sanson, Michel Fugain. Je nage en plein bonheur depuis hier. Et on dira ce qu’on voudra, il est rare qu’on cesse d’aimer ce qu’on a un jour aimé.

Et ce que j’ai écouté ce disque. C’est même étonnant qu’il soit encore en état. Et j’aime toujours Yves Simon, le chanteur comme l’écrivain. Je me rappelle avoir fait lire à Jean-Yves, lui qui aime tant les voyages Le voyageur magnigique. Et d’avoir offert à Fabien L’amour dans l’âme. Et de ce jour où Valérie m’a offert un exemplaire dédicacé par l’auteur et expédié par les éditions Grasset à l’intention d’une quinzaine de libraires du Québec. Je crois que c’est le verbe jubiler qui s’applique ici.

Mon jardin est si vaste. Il est composé d’amis comme de livres, d’écrivains, de chansons, d’interprètes, de films et de lieux. Sans cesse en train de s’agrandir, comme quiconque y est entré peut y rester le temps qu’il voudra. Et Yves Simon y est entré un jour de 1980, grâce à mon amie Chantal, aujourd’hui à Brest. Bien beau cadeau qu’elle m’a fait le jour où elle m’a parlé de lui dans une des longues lettres qu’elle écrivait alors.

Et quel bonheur de retrouver intacte cette chanson que j’aimais tant. Daniel ne sait pas à quel point quelques fils et le tout branché ont pu changer ma vie. C’est l’heure de « Manhattan » (1974). Je n’en ai pas encore fini avec Yves Simon.

Une musique au souvenir plus vif qu’une lecture

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Combien de fois ai-je voulu entendre à nouveau le générique de La porteuse de pain, série mettant en vedette Martine Sarcey, qui avait enchanté mon âme romantique d’adolescente ? Qui m’avait tellement emballée que j’avais lu le roman de Xavier de Montépin, celui-ci paru paru sous forme de feuilletons dans les journaux presque un siècle avant qu’il ne devienne un film, puis une série. Il doit sûrement encore être sur un des rayons.

Comme j’avais aimé la détermination de Jeanne Fortier, condamnée à tort pour un meurtre qu’elle n’a pas commis et qui, vingt ans plus tard, en sortant de prison, se charge de trouver le coupable. Je conserve peut-être de cette lecture une image biaisée, mais il me semble que ce roman me plairait encore aujourd’hui. Peut-être parce que je ne l’ai pas oublié et que je sais encore chantonner la musique, trente ans après.

Et quel plaisir de trouver ce soir un endroit où j’ai pu l’entendre. La musique de Georges Delerue n’a pas pris une ride. Et c’est de bon cœur que je chante ces notes qui ne m’ont jamais quittée alors que tant de musiques sont entrées dans ma tête et reparties depuis. C’est dire qu’elle a sûrement quelque chose de spécial. À vous de voir. Enfin, d’entendre.

La 117 avec Marc

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On partait sur les chemins, comme ça, sans but. C’était la belle époque de la route 117 et de ses détours. Celle qui nous emmenait, Marc et moi, dans ses Laurentides qu’il aimait tant, et où il a depuis élu domicile.

Une des belles escapades fut celle de l’Action de Grâce, il y a déjà quatre ans. Nous voulions voir les feuilles avant qu’elles ne soient toutes tombées, nous gaver de couleurs, laisser la route défiler. Et nous sommes ainsi allés jusqu’à Saint-Donat. Le Saint-Donat du lac Archambault tant aimé de Danielle et de Manon. Mais nous l’avons fui, quand nous avons constaté qu’il y avait là cette fin de semaine un rassemblement de motocyclistes qui allaient sûrement faire rouler leurs engins. Nous n’avions tout de même pas quitté Montréal pour nous retrouver dans le bruit.

À Sainte-Agathe, où nous avions déjeuné une fois précédente avec bonheur au cœur du village et fait le tour de la librairie d’occasion, nous n’avons fait que nous arrêter à l’épicerie, question de prendre ce qui allait constituer notre repas du soir : crevettes, pain, fromage, pâté, vin.

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Puis, nous avons hésité entre Val-David et Val-Morin pour finalement opter pour ce dernier, et choisi le motel d’une autre fin de semaine heureuse où nous avions nagé dans une piscine qui n’était qu’à nous. Ce n’était plus l’heure de la baignade, mais celle d’un régal sans fin pour les yeux. À gauche, à droite, devant, derrière, il y avait là toutes les palettes du jaune au rouge flamboyant.

Nous avions un ou deux jeux de société, de la musique, de quoi manger et le paysage. Il n’en fallait pas plus pour des amis qui avaient fui le brouhaha de la ville. Ce fut l’avant-dernière de nos escapades. L’hiver ne nous pas menés sur la route 117. Et à Pâques qui a suivi, nous avons une dernière fois pris le large.

Partir à deux sans destination sera toujours intimement lié à Marc. Je n’avais jamais fait ça avant et ne l’ai pas refait depuis. Il y avait tellement de plaisir dans ces soirées où nous parlions livres et où on chantait Joe Dassin à tue-tête. Loin de tout. À une heure de Montréal.

Et si Marc me lit encore, qu’il sache que je conserve de chacune de ces escapades un souvenir impérissable. Des chaises de jardin et un livre de questions/réponses pour nous amuser quelque part, lui qui se dore au soleil une autre fois, ou moi marchant sans lui qui dort encore pour me gaver d’images. Et nos déjeuners gargantuesques avant le retour.

C’est quand je pense à tout ça que je regrette de ne plus avoir de voiture, de ne plus pouvoir décider sur un coup de tête de partir, comme je faisais autrefois, bien avant Marc qui, lui, m’a donné le goût de voyages dont on ne rentre que le lendemain. Au risque de me répéter, l’important reste d’avoir eu la chance de vivre de tels instants et non pas que la vie sans voiture ne me donne plus ce privilège.

Ne pas toujours croire aux indices

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Facile, quand on passe son nez dans les livres, de fabriquer des histoires, quand lire, c’est déjà anticiper le dénouement. Facile, quand on a une imagination comme la mienne, de voir des indices à partir de détails non concluants ou significatifs. Facile, je vous dis. Et quel bonheur que de constater que l’alternative d’une erreur technique est à l’origine de ce qui m’a fait douter de tout.

Alors, j’aurai beau lire et lire, je me tromperai toujours sur l’âme humaine. Et j’aurai beau chercher dans les pages d’autrui des réponses, les questions me raméneront toujours à moi et à mes perceptions.

Et à l’instar de la lectrice de l’Australienne Elizabeth Gordon Werner, je plongerai tantôt dans un livre qui me racontera la vie des autres. Et peut-être que ce que je lirai m’apprendra à ne plus extrapoler et à maintenir en moi ce dicton qui dit que « la première idée est toujours la meilleure ». Car c’est bien ce qui m’est venu en tête en premier, avant que je ne me mette à chercher des motivations autres, qui était bel et bien la raison.

Peut-être tout ça est-ce dû au fait que je travaille dans un milieu où chacun passe son temps à interpréter ce qui a été dit, à prédire le pire et à imaginer des catastrophes. Quatre jours de congé vont m’éloigner un peu de ces divagations et de ces messes basses. Et me permettre de retourner à mes chers livres. Et surtout me donner l’occasion de rêver avec vous.

Quand la réponse n’est pas dans les livres

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J’aurai beau lire tous les livres du monde, il y aura toujours des moments où je me trouverai confrontée à de curieuses réactions de la part des gens. Ainsi, cette page ailleurs sur le net qui était mienne et qui semble disparue de la page d’accueil, alors que j’y ai encore accès en tant qu’administrateur. Erreur du webmestre ou choix de celui-ci parce que ça n’a pas fonctionné comme il l’aurait voulu avec celle que je lui ai présentée ?

Je préfère penser qu’il a commis une erreur en ajoutant des événements, même si je n’y crois guère. Je sens plutôt la réaction infantile du mâle blessé dans son orgueil. Sauf que je me demande pourquoi s’en prendre à une tierce personne qui n’a rien à voir dans cette partie de l’histoire ?

Les gens ont parfois de ces réactions à l’emporte-pièce. Que je ne comprends pas. Et que je ne cherche plus à approfondir sinon qu’en posant une question par courriel, laquelle aura une réponse ou pas. Ça fait partie de la liberté des uns de ne pas s’expliquer. Même si les autres restent là, sans comprendre.

Et je pourrai bien, telle la lectrice de Ricardo Cejudo Nogales, chercher dans tous les rayons LE livre qui me fera comprendre les facettes innombrables de l’être humain, je ne trouverai pas ce livre. Car aucun livre ne nous permet d’apprendre ce que la vie nous apprend. Aucun livre ne sait à lui seul tracer des lignes directrices afin que nous puissions comprendre les mécanismes de chacun.

Mais je continuerai de creuser, non pas afin de savoir si celui qui a décidé de ne pas s’expliquer n’y tient pas mais de chercher de livre en livre le mot, la phrase qui peut-être m’expliqueront ce geste et bien d’autres gestes passés et à venir.

La beauté des petites choses selon Nicola Ciccone

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La beauté des petites choses
Et autres gestes anodins
C’est l’appel d’un ami
Lorsqu’on a du chagrin
C’est d’avoir le fou rire
Sans en savoir la cause
C’est sortir faire la fête
Quand le cœur nous explose
C’est d’avoir des vieux potes
Des complices, des témoins
Pour tous ces souvenirs
Qu’on n’oubliera jamais

De tous les vers du chanteur/poète Nicola Ciccone, voilà sûrement ceux qui me parlent le plus.

Parce que les amis, qu’ils soient d’il y a toujours ou d’hier, sont de vieux potes dès qu’on a partagé avec eux des moments qui ne s’oublieront jamais.

La lectrice de la vallée de Carmel

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Accessible. C’est le seul mot qui me vient en tête quand je vois cette sculpture de Mary Buckman. Installée devant l’entrée de la bibliothèque de Del Mar, dans la vallée de Carmel, en Californie, cette lectrice est à la fois l’image même de l’art accessible à tous, parce qu’elle là, dehors, aux quatre vents, offerte à tous les regards. Et installée aux portes d’un lieu où la culture est accessible à tous, ne joue-t-elle pas son rôle deux fois ?

Savoir et art dans cette seule pièce de bronze.

Et venue à moi grâce à cette toile, le net, qui me prend dans ses filets et m’emmène là où mes pas ne m’ont pas encore portée. Ou s’ils m’ont portée, comme c’est le cas pour la vallée de Carmel, c’était bien avant que la bibliothèque de Del Mar et que cette liseuse prévoyante, bien assise sur une pile de livres, n’existent.

J’aime la pose, j’aime l’attention de la lectrice, j’aime le travail du bronze et j’aime que les 360 degrés autour d’elle nous offrent tous des angles qui avantagent tantôt le profil, tantôt le regard baissé, et toujours, les livres, celui ouvert et ceux qui lui servent de siège.

Et surtout j’aime le bonheur qui se dégage de cette sculpture et qui ressemble au mien.

Sourire à la vie

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Curieux que quelque chose qui me semble anodin et que je fais sans y penser, naturellement, puisse me valoir autant de commentaires. Rarement une journée se passe-t-elle sans qu’on me fasse la remarque. Que ce soit Rosie, la réceptionniste, le matin, ou quiconque puis-je croiser dans la journée, voire même quelqu’un qui entre dans mon bureau et qui me voit à la tâche.

Je suis souriante, je n’y puis rien, c’est ainsi. Que peu de gens sourient est plus étonnant. Être en vie, avoir la chance de voir les couleurs de l’automne, n’est-ce pas suffisant pour sourire ?

L’expression sourire à la vie a du vrai dans mon cas. Car si je souris à tous ceux que je croise, voisins, collègues, commerçants, c’est d’abord à moi-même que je souris. Et à cette vie qui ne cesse de m’émerveiller. Parce que je ne recherche pas la perfection, juste des moments qui, lorsque je me les remémore, me donnent ce sourire. Souvenirs d’enfance, voyages, soirées entre amis, tout peut donner à chacun d’entre nous un tel sourire.

Bien sûr, mon lien intime avec le sourire ne date pas d’hier puisque le médecin qui m’a mise au monde a dû me pincer pour que je hurle: je souriais. C’est donc une vieille histoire… Elle ressemble aussi à mon optimisme à toute épreuve. Ce fameux verre d’eau à moité plein. Il sera toujours ainsi pour moi.

Et si je mets du rose là où il y a du gris, comme me l’écrivait récemment Marianne, qu’il en soit ainsi. Je suis trop bien à sourire toute seule pour commencer à me lamenter sur tout ce qui ne va pas. Et de plus, la vie est tellement courte que je ne vais pas commencer à me plaindre. Je suis en vie, je m’émerveille et je souris. Et si dans ma journée, j’ai réussi à faire sourire quelqu’un, c’est une autre journée parfaite.

Et si, de plus, j’ai réussi à vous faire sourire, à vous faire regarder autrement les petits détails du quotidien, me voilà comblée. Et tout aura commencé par un sourire sur les lèvres. C’est si simple, au fond.

La liseuse du métro

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Autant traverser toute la ville en métro me paraissait long et gobait près de douze heures de ma semaine, autant il y avait une note de bonheur à ces longs parcours. La lecture commençait par les journaux gratuits du métro pour se prolonger par le roman du moment. Et ainsi, je faisais abstraction de la chaleur suffocante des journées d’été, des coups de coude des uns qui s’entassaient, des conversations des autres.

Et si je pouvais ainsi lire durant mes traversées, il va sans dire que je préfère mes courts trajets du moment et pouvoir m’adonner à la lecture autrement que dans des wagons bondés.

Je ne suis cette lectrice de Carmen Verala que les jours de sorties au centre-ville. Et cela me convient. Plongée comme elle dans un journal ou un livre. Il suffit juste de ne pas rater la sortie.