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Tendre la main

sandrinerastit

Quelqu’un, récemment, que je ne nommerai pas, m’a dit, sur le ton du reproche à peine dissimulé: « Tu connais tellement de gens, toi! » Et je n’ai pu qu’acquiescer: c’est vrai. Et est-ce un tort ? Moi, la sauvage si bien dans sa bulle, je suis aussi sociable. Et toute ma vie durant, j’ai, par le travail, par mes intérêts divers, par ma curiosité, rencontré des gens. Et de ces gens croisés, la plupart sont restés ou me seraient accessibles assez facilement. Bien évidemment, ceux qui ont demandé la quasi exclusivité de mon amitié n’ont pas été en mesure de supporter que je m’éparpille aux quatre vents, qu’avec un je fasse tel genre d’activité, qu’avec une autre je passe du temps, et encore moins le fait que je puisse souvent préférer ces moments avec moi-même avec mes papiers, mes bouquins et ma musique à une quelconque sortie.

Oui, je connais beaucoup de gens. J’ai 45 ans et j’ai passé le plus clair de ma vie à travailler dans des domaines qui me donnaient l’occasion de côtoyer des gens. Et pour le reste, ma curiosité et mon goût d’apprendre m’ont emmenée ici et là. Est-ce un tort ?

Je ne crois pas. En tous les cas, pas quand je pense à ce qualificatif de « rassembleuse » que m’avait donné Bertrand il y a quelques années. Pas plus quand je pense à ces soirées où j’ai mêlé des gens qui ont eu plaisir à se connaître. Pas plus quand je pense à tout ce que je reçois de bonheur de ceux qui font partie de ma vie. Pas plus quand je pense à combien j’aime agrandir le cercle tout en sachant que je n’aurai pas assez d’une vie pour être présente à tous comme je le voudrais.

Mais je crois, et cela sans aucun doute, que nous sommes faits pour créer des liens. Pour tendre les mains les uns vers les autres, comme dans ce tableau de Sandrine Rastit. Même si pour cela, il faut parfois se tromper. Même si pour cela, il faut accepter d’avance la possibilité de la déception. Elle est plus rare que les moments de bonheur et de partage, croyez-moi. Et attendre sur le bord de la route, toutes griffes sorties et méfiante, ce n’est vraiment pas pour moi. Mais tendre la main, oui. Et ainsi ouvrir la porte ouverte à la plus belle des aventures: l’amitié.

Un jour, l’Italie…

amalfi

À l’heure qu’il est, l’avion qui menait Martine à Casablanca a sûrement atterri. Celui qui emmène des visiteurs à Montréal est quelque part au-dessus de l’Atlantique. Celui qui transportera mes parents en Italie s’envolera dans quelques heures. Chassés-croisés au-dessus de l’océan.

Je me serais bien fait toute petite pour entrer dans une des valises. L’italie me tente depuis si longtemps. Elle viendra à son heure. Et c’est à travers les yeux de mes parents que je la verrai, à travers leurs anecdotes et leurs photos que je me la rêverai. Surtout la côte amalfitaine où débutera le périple de 15 jours. Là où chaque village s’incruste dans la pierre. Là où la beauté et les couleurs se sont posées dans la plus parfaite des lumières. Là où l’art de vivre, cette dolce vita, semble exister en permanence.

Je ne sais de l’Italie que ce que j’ai vu dans les livres et dans les films, que ce qu’on m’a raconté. La vie à Rome durant l’année où mon cousin Richard y a étudié. Celle à Pérouse grâce aux histoires italiennes de Roseline les trois années où elle a vécu là-bas. Et le reste, par les quelques voyages que mes parents y ont fait. Naples, Rome, Florence, Capri, Positano… Autant de noms magiques pour moi qui ne connais ni les odeurs ni les sons de ces lieux, la seule véritable façon de les rendre vivants.

Mais un jour je partirai à la découverte de l’Italie. Autrement que dans mes rêves.