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Une musique au souvenir plus vif qu’une lecture

porteuse

Combien de fois ai-je voulu entendre à nouveau le générique de La porteuse de pain, série mettant en vedette Martine Sarcey, qui avait enchanté mon âme romantique d’adolescente ? Qui m’avait tellement emballée que j’avais lu le roman de Xavier de Montépin, celui-ci paru paru sous forme de feuilletons dans les journaux presque un siècle avant qu’il ne devienne un film, puis une série. Il doit sûrement encore être sur un des rayons.

Comme j’avais aimé la détermination de Jeanne Fortier, condamnée à tort pour un meurtre qu’elle n’a pas commis et qui, vingt ans plus tard, en sortant de prison, se charge de trouver le coupable. Je conserve peut-être de cette lecture une image biaisée, mais il me semble que ce roman me plairait encore aujourd’hui. Peut-être parce que je ne l’ai pas oublié et que je sais encore chantonner la musique, trente ans après.

Et quel plaisir de trouver ce soir un endroit où j’ai pu l’entendre. La musique de Georges Delerue n’a pas pris une ride. Et c’est de bon cœur que je chante ces notes qui ne m’ont jamais quittée alors que tant de musiques sont entrées dans ma tête et reparties depuis. C’est dire qu’elle a sûrement quelque chose de spécial. À vous de voir. Enfin, d’entendre.

La 117 avec Marc

sainteagathe

On partait sur les chemins, comme ça, sans but. C’était la belle époque de la route 117 et de ses détours. Celle qui nous emmenait, Marc et moi, dans ses Laurentides qu’il aimait tant, et où il a depuis élu domicile.

Une des belles escapades fut celle de l’Action de Grâce, il y a déjà quatre ans. Nous voulions voir les feuilles avant qu’elles ne soient toutes tombées, nous gaver de couleurs, laisser la route défiler. Et nous sommes ainsi allés jusqu’à Saint-Donat. Le Saint-Donat du lac Archambault tant aimé de Danielle et de Manon. Mais nous l’avons fui, quand nous avons constaté qu’il y avait là cette fin de semaine un rassemblement de motocyclistes qui allaient sûrement faire rouler leurs engins. Nous n’avions tout de même pas quitté Montréal pour nous retrouver dans le bruit.

À Sainte-Agathe, où nous avions déjeuné une fois précédente avec bonheur au cœur du village et fait le tour de la librairie d’occasion, nous n’avons fait que nous arrêter à l’épicerie, question de prendre ce qui allait constituer notre repas du soir : crevettes, pain, fromage, pâté, vin.

valmorin

Puis, nous avons hésité entre Val-David et Val-Morin pour finalement opter pour ce dernier, et choisi le motel d’une autre fin de semaine heureuse où nous avions nagé dans une piscine qui n’était qu’à nous. Ce n’était plus l’heure de la baignade, mais celle d’un régal sans fin pour les yeux. À gauche, à droite, devant, derrière, il y avait là toutes les palettes du jaune au rouge flamboyant.

Nous avions un ou deux jeux de société, de la musique, de quoi manger et le paysage. Il n’en fallait pas plus pour des amis qui avaient fui le brouhaha de la ville. Ce fut l’avant-dernière de nos escapades. L’hiver ne nous pas menés sur la route 117. Et à Pâques qui a suivi, nous avons une dernière fois pris le large.

Partir à deux sans destination sera toujours intimement lié à Marc. Je n’avais jamais fait ça avant et ne l’ai pas refait depuis. Il y avait tellement de plaisir dans ces soirées où nous parlions livres et où on chantait Joe Dassin à tue-tête. Loin de tout. À une heure de Montréal.

Et si Marc me lit encore, qu’il sache que je conserve de chacune de ces escapades un souvenir impérissable. Des chaises de jardin et un livre de questions/réponses pour nous amuser quelque part, lui qui se dore au soleil une autre fois, ou moi marchant sans lui qui dort encore pour me gaver d’images. Et nos déjeuners gargantuesques avant le retour.

C’est quand je pense à tout ça que je regrette de ne plus avoir de voiture, de ne plus pouvoir décider sur un coup de tête de partir, comme je faisais autrefois, bien avant Marc qui, lui, m’a donné le goût de voyages dont on ne rentre que le lendemain. Au risque de me répéter, l’important reste d’avoir eu la chance de vivre de tels instants et non pas que la vie sans voiture ne me donne plus ce privilège.

Ne pas toujours croire aux indices

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Facile, quand on passe son nez dans les livres, de fabriquer des histoires, quand lire, c’est déjà anticiper le dénouement. Facile, quand on a une imagination comme la mienne, de voir des indices à partir de détails non concluants ou significatifs. Facile, je vous dis. Et quel bonheur que de constater que l’alternative d’une erreur technique est à l’origine de ce qui m’a fait douter de tout.

Alors, j’aurai beau lire et lire, je me tromperai toujours sur l’âme humaine. Et j’aurai beau chercher dans les pages d’autrui des réponses, les questions me raméneront toujours à moi et à mes perceptions.

Et à l’instar de la lectrice de l’Australienne Elizabeth Gordon Werner, je plongerai tantôt dans un livre qui me racontera la vie des autres. Et peut-être que ce que je lirai m’apprendra à ne plus extrapoler et à maintenir en moi ce dicton qui dit que « la première idée est toujours la meilleure ». Car c’est bien ce qui m’est venu en tête en premier, avant que je ne me mette à chercher des motivations autres, qui était bel et bien la raison.

Peut-être tout ça est-ce dû au fait que je travaille dans un milieu où chacun passe son temps à interpréter ce qui a été dit, à prédire le pire et à imaginer des catastrophes. Quatre jours de congé vont m’éloigner un peu de ces divagations et de ces messes basses. Et me permettre de retourner à mes chers livres. Et surtout me donner l’occasion de rêver avec vous.

Quand la réponse n’est pas dans les livres

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J’aurai beau lire tous les livres du monde, il y aura toujours des moments où je me trouverai confrontée à de curieuses réactions de la part des gens. Ainsi, cette page ailleurs sur le net qui était mienne et qui semble disparue de la page d’accueil, alors que j’y ai encore accès en tant qu’administrateur. Erreur du webmestre ou choix de celui-ci parce que ça n’a pas fonctionné comme il l’aurait voulu avec celle que je lui ai présentée ?

Je préfère penser qu’il a commis une erreur en ajoutant des événements, même si je n’y crois guère. Je sens plutôt la réaction infantile du mâle blessé dans son orgueil. Sauf que je me demande pourquoi s’en prendre à une tierce personne qui n’a rien à voir dans cette partie de l’histoire ?

Les gens ont parfois de ces réactions à l’emporte-pièce. Que je ne comprends pas. Et que je ne cherche plus à approfondir sinon qu’en posant une question par courriel, laquelle aura une réponse ou pas. Ça fait partie de la liberté des uns de ne pas s’expliquer. Même si les autres restent là, sans comprendre.

Et je pourrai bien, telle la lectrice de Ricardo Cejudo Nogales, chercher dans tous les rayons LE livre qui me fera comprendre les facettes innombrables de l’être humain, je ne trouverai pas ce livre. Car aucun livre ne nous permet d’apprendre ce que la vie nous apprend. Aucun livre ne sait à lui seul tracer des lignes directrices afin que nous puissions comprendre les mécanismes de chacun.

Mais je continuerai de creuser, non pas afin de savoir si celui qui a décidé de ne pas s’expliquer n’y tient pas mais de chercher de livre en livre le mot, la phrase qui peut-être m’expliqueront ce geste et bien d’autres gestes passés et à venir.