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A time for me à défaut d’A time for us

pianokeys

Combien d’heures à caresser les notes, à me battre avec une partition rebelle, en onze ans de leçons de piano ? Combien d’heures à souhaiter la maîtrise d’un prélude de Chopin ou d’une pièce de Bach ? Combien d’heures en gammes et en arpèges pour délier les doigts ? Et combien d’heures à tricher, à chercher les notes d’une mélodie à la radio, à m’attaquer à une chanson de Sanson en chantant, plutôt que d’aller, mesure après mesure, à la conquête d’un Czerny qui n’avait pas toujours l’heur de me plaire ?

Combien d’heures d’amour/haine en compagnie de cet instrument sur lequel je pose toujours les doigts quand je vais chez mes parents ? Il m’aura trahi comme je l’ai trahi, ne tentant pas le meilleur de moi-même à cause d’une trop grande envie de butiner ailleurs que dans le programme imposé. Et si je n’avais pas souvent failli à la tâche des heures de pratique pour rêver sur les mélodies qui m’étaient interdites, aurais-je réussi à tirer le meilleur des pièces ou n’aurais-je jamais franchi que l’étape des balbutiements qui octroie une note correcte afin de passer à de nouvelles obligations ?

Et s’il n’y avait pas eu tous ces examens, ce programme qu’il fallait traverser, mais aussi des pauses pour s’amuser, se détendre, aurais-je vécu avec le piano un amour plus harmonieux ? Je me demande souvent si les méthodes d’aujourd’hui qui allient le ludique à la formation rigoureuse, ne m’auraient pas davantage servie, sans pourtant en connaître la réponse.

Je sais seulement ce désir qui ne m’a pas quitté de caresser les touches, de reprendre cette invention du Bach, ce prélude de Chopin et « A time for us », la chanson-thème de Romeo and Juliet de Zeffirelli composée par Nino Rota. Et je ne sais que ce désir, ce désir d’apprivoiser une fois pour toutes ces mélodies tant de fois entamées mais abandonnées au profit d’autres ou de moments à rêver.

romeo

Joyeux Halloween à mes petits amis

halloween

Il y avait une gamine de deux ou trois ans déguisée en licorne dans l’autobus ce matin. Et depuis, plus rien. Pas de monstre, de sorcière ou de fantôme quand je suis sortie du travail. Pas non plus de Superman ou de Harry Potter. Et pourtant, quelques décorations ici et là, des maisons bien éclairées prêtes à accueillir tous ces bouts de choux costumés tendant une citrouille de plastique ou une taie d’oreiller à remplir de friandises.

Halloween est-il moins souligné ? N’y a-t-il plus d’enfants qui partent en bandes avec un ou deux adultes parcourir les rues et qui rentrent épuisés mais ravis ? Ou sont-ils ailleurs, les parents n’aimant pas trop les laisser monter les escaliers des immeubles ?

Je me souviens de quelques-uns de mes costumes, peut-être de tous même, je n’ai pas souvent fait les rues déguisée, préférant rester à la maison accueillir ceux qui se présenteraient. Mais il me semble une année avoir revêtu sombrero et poncho pour jouer à la mexicaine, et m’être glissée sous un vieux couvre-lit pour faire le fantôme l’année suivante.

Je me souviens du parcours bien davantage, des maisons où on se faisait un must d’arrêter, celle de mes voisins polonais en particulier, où on recevait un sac de chips. Il y avait aussi celle des Italiens avant le croissant où on avait des tablettes de chocolat. Ailleurs, il y avait de la tire Sainte-Catherine, des toffees, de la gomme à mâcher et des Smarties. Des trésors qu’on pouvait conserver alors que les bonbons non emballés et les pommes prenaient le chemin des poubelles, tout ça parce qu’une année un fou avait fait de cette fête une soirée cauchemardesque en introduisant des lames de rasoir dans des pommes.

Je préfère penser à l’année où j’étais habillée en princesse, comme 80 % des gamines de 8 ans, avec une belle robe, rose il va sans dire, et avec une couronne, bien entendu. Et au sourire que je devais avoir en plus des yeux brillants. Et je me dis qu’il doit bien y avoir quelques princesses à sillonner les rues de Montréal. Je leur souhaite de s’amuser comme je m’amusais autrefois.