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La lectrice sans livre

gerardmaitre

J’ai un faible pour les lectrices, ce n’est plus un secret pour personne. Mais j’aime aussi faire l’école buissonnière et me laisser inspirer par des tableaux autres.

Les couleurs de cette toile de Gérard Maître m’ont tout de suite attirée. Je ne suis toujours pas guérie de ma passion pour le rouge. Et il est là, ce rouge, dans le tissu, dans la chevelure, sur la bouche et dans le décor. Et il est là, jusque dans les tons orangés et cuivrés.

Mais n’est-ce pas plutôt la pose qui m’a attirée ? Ce geste coutumier que j’ai de m’asseoir n’importe comment, telle une contorsionniste, avec le coude sur un genou, qui m’a interpellée ? Mais n’est-ce pas plutôt ce regard rêveur que je ferais mien aisément ?

Et j’imagine le livre qui n’est pas sur la toile, mais sûrement là, quelque part, pas loin. Peut-être fait-il partie de ce décor non réaliste dans lequel l’artiste, « un amoureux fervent de la vie dans ce qu’elle lui offre de plus pénétrant », l’a installée ?
Je choisis d’y voir ce que je veux y voir, car tel est là mon plaisir. La toile appartient à celui ou celle qui la regarde.

Et je vois ici une lectrice qui vient de poser là, ailleurs, le livre qui l’aura enflammée. Et qui la laisse rêveuse. Et ME laisse rêveuse.

Celui qui fait danser le soleil

jcook

Alors que d’autres dorment encore et ratent tout de ce ciel qui s’enflamme aux petites heures du jour en longs traits de toutes les teintes roses, j’écoute Free fall, tiré de l’album éponyme de Jesse Cook. Et le ciel qui s’embrase a soudain des airs de danseuse de flamenco qui déploie sa robe en tous sens.

Jesse Cook, né à Paris de parents canadiens, habite Toronto et il y a quelques jours à peine, je ne savais rien de lui. C’était sans compter sur la complicité d’Armando à dénicher ce qui allait me séduire et faire danser le soleil en ce matin d’automne. Et c’est à mon ami portugais de Belgique que je dédie ce billet et ce lever de soleil sur les notes de la guitare de Jesse Cook. Elle qui va me faire virevolter sur les trottoirs tout à l’heure sous le regard étonné des gens. C’est bien plus troublant – et moins courant – une femme qui danse sur la musique dans sa tête que des coups de klaxon ou des gens qui marchent tête baissée sans regarder le ciel.