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Un guitariste exceptionnel

alexdegrassi

À mesure que je découvre de nouveaux artistes et de nouveaux horizons, persiste en moi ce besoin continu de retourner à ceux que j’aime. Comme pour dire à ceux qui étaient dans mon jardin de notes que je ne les oublie pas même si j’accueille de nouveaux artistes qui me font rêver, danser et fredonner. Qu’il y a de place pour tous dans l’univers éclectique de Lali qui aime autant les mots et les couleurs que les notes. Et qui a un gros faible pour les guitaristes.

Est-ce parce que je n’ai jamais su dompter la bête – ma guitare – à cause de mes doigts trop courts que j’ai une telle admiration pour ceux qui manient l’instrument avec tant de virtuosité ? Et pourtant, ce n’est pas faute d’essayer, mais j’ai compris que le piano m’allait mieux. Tout ça pour en arriver à Alex De Grassi, ce guitariste exceptionnel, né au Japon, mais ayant grandi à San Francisco.

C’est son cousin, Will Ackerman, autre guitariste hors du commun, qui l’a poussé à enregistrer son premier disque, alors que ce dernier se lançait dans la production en fondant Windham-Hill, synonyme aujourd’hui de musique instrumentale nouvel âge, et regroupant des artistes comme Michael Hedges, George Winston et Liz Story, pour ne nommer que ceux-là.

Et ce soir, c’est De Grassi qui tourne en boucle. Et cet album datant de 1992 donne un bel exemple de ce que ce guitariste sait tirer de son intrument. Certaines pièces donnent la chair de poule. Et c’est peu dire.

Quel bonheur qu’un jardin où les fleurs sont des chansons ou des poèmes, des mélodies ou des romans, des paysages et des amitiés, des toiles comme des plats. D’autant plus que c’est un jardin sans barrière et sans limite. Un jardin qui ressemble à la liberté.

LA question de Sylvain Lelièvre

lelievre

Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves, des rêves de nos vingt ans?
Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves, même trop fous même trop grands?

demande Sylvain Lelièvre, parti trop vite en 2002, dans une très belle chanson. Et si les miens étaient presque inchangés même si je m’en suis détournée quelque temps? Et si les miens étaient toujours aussi présents et aussi vifs? Et si je rêvais toujours autant de voir des pays, de rencontrer des gens, d’écrire et d’être libre?

Et si beaucoup trop de gens ont mis de côté leurs rêves, rongés par un quotidien qui les bouffe, je ne suis pas de ceux-là et n’espère bien jamais en être. Même si certains rêves semblent trop grands, voire impossibles aux yeux de certains. Cesser de rêver, c’est sûrement mourir à petit feu.

Pas pour moi cesser de rêver, la vie est trop bonne, même si elle ne m’a toujours gâtée. Et puis, je préfère gommer les souvenirs tristes au profit des plus gais. Même s’il fut un temps où je me complaisais dans les poèmes tristes. Mais plus maintenant. Et plus jamais, j’espère.

Car je n’ai pas oublié les rêves de mes 20 ans.
Car « Y’a pas plus beau métier que de tenir parole », disait encore Sylvain Lelièvre, immortalisé par cette magnifique sculpture de Jean-Pierre Busque. Et ce que j’ai affirmé à 20 ans, ce que j’ai voulu et souhaité, puissé-je ne jamais défaillir et tenir parole. Pas envers qui que ce soit, mais envers moi-même. Et s’il faut pour cela tous les jours, et pour ne pas laisser tomber, écouter la chanson de Sylvain Lelièvre, une des plus belles du répertoire québécois, je le ferai.