
Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves, des rêves de nos vingt ans?
Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves, même trop fous même trop grands?
demande Sylvain Lelièvre, parti trop vite en 2002, dans une très belle chanson. Et si les miens étaient presque inchangés même si je m’en suis détournée quelque temps? Et si les miens étaient toujours aussi présents et aussi vifs? Et si je rêvais toujours autant de voir des pays, de rencontrer des gens, d’écrire et d’être libre?
Et si beaucoup trop de gens ont mis de côté leurs rêves, rongés par un quotidien qui les bouffe, je ne suis pas de ceux-là et n’espère bien jamais en être. Même si certains rêves semblent trop grands, voire impossibles aux yeux de certains. Cesser de rêver, c’est sûrement mourir à petit feu.
Pas pour moi cesser de rêver, la vie est trop bonne, même si elle ne m’a toujours gâtée. Et puis, je préfère gommer les souvenirs tristes au profit des plus gais. Même s’il fut un temps où je me complaisais dans les poèmes tristes. Mais plus maintenant. Et plus jamais, j’espère.
Car je n’ai pas oublié les rêves de mes 20 ans.
Car « Y’a pas plus beau métier que de tenir parole », disait encore Sylvain Lelièvre, immortalisé par cette magnifique sculpture de Jean-Pierre Busque. Et ce que j’ai affirmé à 20 ans, ce que j’ai voulu et souhaité, puissé-je ne jamais défaillir et tenir parole. Pas envers qui que ce soit, mais envers moi-même. Et s’il faut pour cela tous les jours, et pour ne pas laisser tomber, écouter la chanson de Sylvain Lelièvre, une des plus belles du répertoire québécois, je le ferai.
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