Soir d’hiver dans une salle qui n’existe plus
CELUI
Celui qui ne m’a pas parlé d’amour
M’a plus appris m’a plus donné
Que ceux qui m’en ont trop compté
Celui qui ne m’a pas embrassée
M’a plus donné m’a plus appris
Que ceux qui m’ont trouvé jolie
Celui qui ne m’a jamais caressée
M’a révélé plus de splendeurs
Que ceux qui m’ont offert leur cœur
Celui qui ne m’a jamais fait l’amour
M’a mieux comprise et mieux aidée
Que toi qui prétendais m’aimer
Sans faire un geste sans un bruit
Il m’a découvert des pays
J’ai vu des jardins suspendus
À la beauté de ses mains nues
Il n’est pas de plus pur écrin
Que ses mains qui n’exigeaient rien
Celui qui ne regardait pas mes yeux
Mais le monde autour de nous deux
M’a fait voir qu’il est merveilleux
Celui qui ne m’a pas donné d’enfant
M’a fait aimer tous les mendiants
Les solitaires et les errants
Celui qui ne m’a jamais possédée
Qui n’a pas voulu m’enfermer
Pour qui l’amour est liberté
Celui qui ne m’a pas parlé d’amour
M’a plus appris m’a plus donné
Que toi qui prétendais m’aimer
J’avais transcrit en turquoise les paroles de Françoise Mallet-Jorris sur une feuille blanche que je me rappelle avoir collée sur la bibliothèque du salon du boulevard Saint-Joseph. Probablement parce que de toutes celles que Marie-Paule Belle avait interprétées un soir d’automne à la défunte salle La Polonaise, en s’accompagnant au piano, était la chanson qui m’avait le plus émue. Et alors que je l’écoute, grâce à ma table tournante qui fonctionne à nouveau, c’est toute cette soirée qui me revient en tête.
La timidité de l’artiste devant cette salle qui avait pourtant quelque chose de très intime. Puis, peu à peu la surprise et le bonheur quand elle nous a entendus tous chanter avec elle Wolfgang et moi ou La parisienne. Et la confiance et le partage quand elle nous a livré les plus intimes de ses textes qu’elle vivait avec nous – plus qu’elle n’interprétait seulement – avec toute la passion qu’elle savait y mettre.
Il y a eu ce soir frisquet de novembre ou décembre tant de chaleur dans cette salle que nous sommes sortis réchauffés pour les jours à venir. Et c’est à ce soir-là que je repense en écoutant Antonio Carlos Maria Brésil, La Louisiane, Mon nez ou Celui. Toutes incontournables, comme devrait l’être Marie-Paule Belle.
Salut, je viens de tomber sur ce message et le lien vers mon site. 🙂 Cool.. 😀
Au moins, en France (ou en Belgique, en Suisse) vous avez la possibilité de la voir en spectacle de temps en temps. Moi à Montréal (Québec), je ne l’ai pas vue depuis 1994 date de sa dernière venue ici. Elle est venue plus tard à Québec, mais c’est quand même à trois heures d’ici alors avec le travail, je ne pouvais pas y aller. On reste optimiste (enfin, moi surtout! :D)
Quant aux vieux 33t.. je les ai laissés en Suisse quand j’ai émigré ici. Grmpf.. J’espérais ce coffret de Reader’s Digest, mais je ne connais personne qui ait réussi à l’obtenir! Si quelqu’un l’a, faites-moi signe!
Amicalement, Pat.
Commentaire by Patricia — 19 janvier 2007 @ 11:24
Ma chère Patricia,
J’ai la même tristesse que toi, comme je vis aussi à Montréal… Mais si jamais… je peux te prêter mes 33 tours pour que tu te sentes moins seule…
Amicalement,
Lali
Commentaire by Lali — 19 janvier 2007 @ 11:29