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Halte en Condroz namurois

fauxlestombes

(Photo de Luc Léonard)

J’aime ces décors de Wallonie qui me rappellent d’heureux souvenirs. La complicité, l’amitié, le partage. Faulx-les-Tombes est un de ces endroits. Il a surgi au détour d’une route. Et j’ai presque applaudi tant j’étais heureuse. Et il fallait voir la tête de Ricardo et de Nathalie pour imaginer la mienne. Je crois qu’ils n’en revenaient pas de me voir m’extasier, de tout regarder avec les yeux écarquillés d’une enfant. Et ce que c’était beau tous ces villages qui s’enchaînaient l’un après l’autre.

Il me tarde de refaire une autre de ces promenades. De ne suivre aucune route avec quelqu’un qui les connaît toutes. De faire le plein d’images qui me nourriront des mois durant.

Et si nous nous sommes arrêtés, et si j’ai été prise en photo quelque part par là, du côté de Faulx-les-Tombes, je ne mettrai pas cette photo dans mes pages. Comme je n’illustrerai pas non plus ces pages de photos des miens, famille comme amis. C’est mon choix. Non pour rester secrète. Non par fausse pudeur. Mais parce que je n’en ressens pas le besoin. Ces photos-là ne sont pas pour ici. Vous ne les verrez donc pas. Mais vous pouvez très bien imaginer ma tête. Dans ce paysage, c’est une simple image de bonheur qu’il y avait. Un sourire grand comme ça. Et mes yeux qui brillent.

Allez-y voir de plus près et prenez-vous en photo s’il le faut. Et regardez. Vous verrez l’effet de la verte Wallonie et plus particulièrement celui du Condroz namurois sur vous. Je n’en dis pas plus.

Mise en scène de lectrice

annieh

Comme elle est belle celle qui s’offre aux mains de l’amant comme la pâte à celles du boulanger ou la glaise à celles du sculpteur. Oui, comme elle est belle celle qui s’abandonne à celui qui la détournera de sa lecture. Mais elle ne sait pas encore qu’il est là, dans l’embrasure, à la regarder. Mais elle ignore encore tout du désir de celui qui la contemple. Elle est toute à ce livre dont on ne connaît ni le titre ni l’auteur. Elle est toute à une autre aventure que la sienne. Pour le moment.

Car il y a de fortes chances que draps et livre ne soient plus en place dans quelques minutes. Parce que l’homme aura caressé le dos et que son corps aura ondulé pour ne pas en perdre une miette. Parce que, peut-être, il aura posé les lèvres sur la nuque, là où la peau est si fine et si sensible. Et que, dans de tels moments, plus rien ne tient la route. Ni les draps, ni le bouquin qu’on aurait voulu finir.

A-t-elle un doute, la lectrice d’Annie Hoffman, sur ce qui risque de se dérouler à présenter ainsi son corps à celui qui la trouvera ? A-t-elle la naïveté de croire qu’il attendra patiemment qu’elle s’intéresse à lui ?

Comme elle est belle, celle qui sait, mais qui fait semblant que. Il y a sur ses lèvres un petit sourire qui dit tout.

Cafe Italia, pour l’ambiance

IC

Pour être au diapason et me baigner de l’Italie où séjournent mes parents, j’écoute Italian Cafe, le CD que je leur ai offert pour les mettre dans l’ambiance de ce pays qu’ils aiment tant. Et je me laisse bercer par les voix de Fred Buscablione, Vinicio Capossela, Gianmaria Testa et autres.

Pour qui aime cette langue italienne, la lingua del amore, voilà le CD tout désigné. De beaux arrangements, des voix chaudes et riches, et l’ambiance ! Un capuccino avec ça ?? Oui !!

Tendre la main

sandrinerastit

Quelqu’un, récemment, que je ne nommerai pas, m’a dit, sur le ton du reproche à peine dissimulé: « Tu connais tellement de gens, toi! » Et je n’ai pu qu’acquiescer: c’est vrai. Et est-ce un tort ? Moi, la sauvage si bien dans sa bulle, je suis aussi sociable. Et toute ma vie durant, j’ai, par le travail, par mes intérêts divers, par ma curiosité, rencontré des gens. Et de ces gens croisés, la plupart sont restés ou me seraient accessibles assez facilement. Bien évidemment, ceux qui ont demandé la quasi exclusivité de mon amitié n’ont pas été en mesure de supporter que je m’éparpille aux quatre vents, qu’avec un je fasse tel genre d’activité, qu’avec une autre je passe du temps, et encore moins le fait que je puisse souvent préférer ces moments avec moi-même avec mes papiers, mes bouquins et ma musique à une quelconque sortie.

Oui, je connais beaucoup de gens. J’ai 45 ans et j’ai passé le plus clair de ma vie à travailler dans des domaines qui me donnaient l’occasion de côtoyer des gens. Et pour le reste, ma curiosité et mon goût d’apprendre m’ont emmenée ici et là. Est-ce un tort ?

Je ne crois pas. En tous les cas, pas quand je pense à ce qualificatif de « rassembleuse » que m’avait donné Bertrand il y a quelques années. Pas plus quand je pense à ces soirées où j’ai mêlé des gens qui ont eu plaisir à se connaître. Pas plus quand je pense à tout ce que je reçois de bonheur de ceux qui font partie de ma vie. Pas plus quand je pense à combien j’aime agrandir le cercle tout en sachant que je n’aurai pas assez d’une vie pour être présente à tous comme je le voudrais.

Mais je crois, et cela sans aucun doute, que nous sommes faits pour créer des liens. Pour tendre les mains les uns vers les autres, comme dans ce tableau de Sandrine Rastit. Même si pour cela, il faut parfois se tromper. Même si pour cela, il faut accepter d’avance la possibilité de la déception. Elle est plus rare que les moments de bonheur et de partage, croyez-moi. Et attendre sur le bord de la route, toutes griffes sorties et méfiante, ce n’est vraiment pas pour moi. Mais tendre la main, oui. Et ainsi ouvrir la porte ouverte à la plus belle des aventures: l’amitié.

Un jour, l’Italie…

amalfi

À l’heure qu’il est, l’avion qui menait Martine à Casablanca a sûrement atterri. Celui qui emmène des visiteurs à Montréal est quelque part au-dessus de l’Atlantique. Celui qui transportera mes parents en Italie s’envolera dans quelques heures. Chassés-croisés au-dessus de l’océan.

Je me serais bien fait toute petite pour entrer dans une des valises. L’italie me tente depuis si longtemps. Elle viendra à son heure. Et c’est à travers les yeux de mes parents que je la verrai, à travers leurs anecdotes et leurs photos que je me la rêverai. Surtout la côte amalfitaine où débutera le périple de 15 jours. Là où chaque village s’incruste dans la pierre. Là où la beauté et les couleurs se sont posées dans la plus parfaite des lumières. Là où l’art de vivre, cette dolce vita, semble exister en permanence.

Je ne sais de l’Italie que ce que j’ai vu dans les livres et dans les films, que ce qu’on m’a raconté. La vie à Rome durant l’année où mon cousin Richard y a étudié. Celle à Pérouse grâce aux histoires italiennes de Roseline les trois années où elle a vécu là-bas. Et le reste, par les quelques voyages que mes parents y ont fait. Naples, Rome, Florence, Capri, Positano… Autant de noms magiques pour moi qui ne connais ni les odeurs ni les sons de ces lieux, la seule véritable façon de les rendre vivants.

Mais un jour je partirai à la découverte de l’Italie. Autrement que dans mes rêves.

Un guitariste exceptionnel

alexdegrassi

À mesure que je découvre de nouveaux artistes et de nouveaux horizons, persiste en moi ce besoin continu de retourner à ceux que j’aime. Comme pour dire à ceux qui étaient dans mon jardin de notes que je ne les oublie pas même si j’accueille de nouveaux artistes qui me font rêver, danser et fredonner. Qu’il y a de place pour tous dans l’univers éclectique de Lali qui aime autant les mots et les couleurs que les notes. Et qui a un gros faible pour les guitaristes.

Est-ce parce que je n’ai jamais su dompter la bête – ma guitare – à cause de mes doigts trop courts que j’ai une telle admiration pour ceux qui manient l’instrument avec tant de virtuosité ? Et pourtant, ce n’est pas faute d’essayer, mais j’ai compris que le piano m’allait mieux. Tout ça pour en arriver à Alex De Grassi, ce guitariste exceptionnel, né au Japon, mais ayant grandi à San Francisco.

C’est son cousin, Will Ackerman, autre guitariste hors du commun, qui l’a poussé à enregistrer son premier disque, alors que ce dernier se lançait dans la production en fondant Windham-Hill, synonyme aujourd’hui de musique instrumentale nouvel âge, et regroupant des artistes comme Michael Hedges, George Winston et Liz Story, pour ne nommer que ceux-là.

Et ce soir, c’est De Grassi qui tourne en boucle. Et cet album datant de 1992 donne un bel exemple de ce que ce guitariste sait tirer de son intrument. Certaines pièces donnent la chair de poule. Et c’est peu dire.

Quel bonheur qu’un jardin où les fleurs sont des chansons ou des poèmes, des mélodies ou des romans, des paysages et des amitiés, des toiles comme des plats. D’autant plus que c’est un jardin sans barrière et sans limite. Un jardin qui ressemble à la liberté.

LA question de Sylvain Lelièvre

lelievre

Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves, des rêves de nos vingt ans?
Qu’est-ce qu’on a fait de nos rêves, même trop fous même trop grands?

demande Sylvain Lelièvre, parti trop vite en 2002, dans une très belle chanson. Et si les miens étaient presque inchangés même si je m’en suis détournée quelque temps? Et si les miens étaient toujours aussi présents et aussi vifs? Et si je rêvais toujours autant de voir des pays, de rencontrer des gens, d’écrire et d’être libre?

Et si beaucoup trop de gens ont mis de côté leurs rêves, rongés par un quotidien qui les bouffe, je ne suis pas de ceux-là et n’espère bien jamais en être. Même si certains rêves semblent trop grands, voire impossibles aux yeux de certains. Cesser de rêver, c’est sûrement mourir à petit feu.

Pas pour moi cesser de rêver, la vie est trop bonne, même si elle ne m’a toujours gâtée. Et puis, je préfère gommer les souvenirs tristes au profit des plus gais. Même s’il fut un temps où je me complaisais dans les poèmes tristes. Mais plus maintenant. Et plus jamais, j’espère.

Car je n’ai pas oublié les rêves de mes 20 ans.
Car « Y’a pas plus beau métier que de tenir parole », disait encore Sylvain Lelièvre, immortalisé par cette magnifique sculpture de Jean-Pierre Busque. Et ce que j’ai affirmé à 20 ans, ce que j’ai voulu et souhaité, puissé-je ne jamais défaillir et tenir parole. Pas envers qui que ce soit, mais envers moi-même. Et s’il faut pour cela tous les jours, et pour ne pas laisser tomber, écouter la chanson de Sylvain Lelièvre, une des plus belles du répertoire québécois, je le ferai.

Une lectrice sur qui le soleil se lève

mjdowns

Qu’il est bon, ce moment du jour où le soleil se lève tranquillement. Où il se pose sur la lectrice matinale qui a repris là le livre abandonné la veille. Et qu’elle est belle cette lumière qui se pose sur la chevelure de la lectrice de Michael J. Downs. Et elle la sent, sans la voir, trop plongée dans sa lecture, dont elle ne sortira, peut-être, que quand le soleil sera bien haut dans le ciel, que les mots l’auront comblée.

Et comme l’artiste a su donner à ce moment toute sa dimension, ne négligeant ni l’ombre ni la lumière. Lui qui confiait dans une entrevue servant à le présenter: « Je réalise que je n’ai pas à chercher l’exotisme pour peindre; juste trouver l’ordinaire transformé par une lumière extraordinaire. »

Et comme il a su me laisser entrer dans la toile si bien que je me suis retrouvée dans cette lectrice qui se précipite sur le livre avec lequel elle a dormi.

Je ne me lasserai jamais de ces lectrices qui m’interpellent et qui me parlent de moi en même temps qu’elles livrent une part d’elles-mêmes. Je ne me lasserai pas de les découvrir et de raconter leurs histoires improbables ou proches d’une réalité que je perçois. Et j’aime imaginer que la liseuse de ce matin ne verra pas les heures passer, sous la douce chaleur du soleil qui s’emparera de la pièce. Et j’aime imaginer que parce que c’est samedi elle a le privilège de ne pas regarder l’heure et d’étirer son plaisir. Tout comme cette autre lectrice qu’il a peinte, peut-être un autre samedi matin où le temps prend son temps.

morningatthecabin

Avidité ou gourmandise ?

taboule

Je suis gourmande. De tout. Pas gloutonne, mais bien gourmande. Pas du genre à m’empiffrer mais bien, à goûter. À savourer, à me délecter. Et ce soir – ou plutôt cette nuit -, devant un petit bol de taboulé qui sent le persil et la menthe fraîche, je pense à cette gourmandise qui est mienne et dont je ne me cache pas. Gourmandise pour les choses de la table, qui font que je ressemble davantage à une meule de fromage q’au couteau qui la coupe. Gourmandise pour les livres, que j’ai besoin de caresser comme de savourer. Gourmandise pour la musique dont je m’imprègne et à laquelle je ne serai jamais insensible. Gourmandise pour les paysages et les océans, les vallées et les bords de lacs, les villes ou les maisons isolées de tout. Gourmandise ou bien avidité par moments, quand elle devient trop grande ?

Je ne me ferai pas un procès à moi-même pour quelques cuillérées de taboulé, quelques heures de musique, des livres dans mon lit ou le temps que je passe à regarder la vie. Et si cela s’appelle avidité, soit. Mais je préfère le mot gourmandise qui recèle davantage de saveurs, de couleurs et de plaisir à mes yeux.

Et j’aime ces plats qui viennent d’ailleurs. Sushi, carbonade flamande, taboulé, paëlla, raclette ou kouglof. Avidité de tout découvrir ou gourmandise pour les bonnes choses ?

La voix berçante de Lauren Posner

posner

Lauren Posner a grandi au sein des communautés juives du Maryland et de Toronto avant de s’installer à Montréal pour ses études. C’est là, qu’imprégnée par les chansons yiddish de son enfance, elle a commencé à chanter dans les bars. Ce qui a donné un disque magnifique, vibrant d’émotion, aux couleurs chaudes, une réussite à tous les points de vue. Shalom Aleheim est une berceuse au cœur d’une tempête de sable qui se lève au loin, tandis que Lover ou Si on partait sont de savants mélanges de musiques orientales et occidentales, qui ne nous bercent pas moins.

Et si je sais qu’Armando a déjà apprécié de découvrir cette artiste exceptionnelle, c’est à Monique, mon amie juive de Paris, celle des glaces chez Bertillon, celles de soirées à parler et à écouter de la musique du temps de sa vie montréalaise, que j’enverrai Shalom Aleheim. Elle y trouvera outre la musique et la voix, des mots qui, j’espère, la toucheront.

Car la musique est universelle et est faite pour être partagée. Comme les poèmes, les toiles et le chocolat. Que ce soit assis côte à côte ou par le net. Le partage fait fi des kilomètres.