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De quoi me faire rêver…

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Denise a elle aussi trouvé de quoi me faire rêver… Vivement la fin de l’après-midi que je puisse faire quelques trouvailles aussi et surtout, rêver devant toutes les fleurs qui ont embelli le pays de Lali ces derniers jours quand je rentrerai…

Le chardon de Géraldine

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Géraldine nous a déniché un chardon exceptionnel. Exceptionnel, vous dis-je. Je pourrais passer l’après-midi à le regarder… Du moins, jusquà ce qu’il y ait quelques photos sur son nouveau blog et que je vous y invite…

Bien jolie trouvaille

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Denise a, une fois de plus, fait une bien jolie trouvaille, au détour d’une de ses promenades dans les environs de Genève. Et une trouvaille bien colorée. Des iris ou ai-je encore tout faux?

Félix, vingt ans déjà

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Lui qui avait enchanté ma jeunesse avec Le petit bonheur s’est éteint il y a exactement vingt ans. Le 8 du 8e mois 1988. Autant de 8 ne pouvait que le mener au paradis des interprètes où il chante sûrement encore cette chanson qui lui a collé à la peau.

C’était un petit bonheur
Que j’avais ramassé
Il était tout en pleurs
Sur le bord d’un fossé
Quand il m’a vu passer
Il s’est mis à crier :
« Monsieur, ramassez-moi
Chez vous amenez-moi

Mes frères m’ont oublié, je suis tombé, je suis malade
Si vous n’me cueillez point, je vais mourir, quelle ballade!
Je me ferai petit, tendre et soumis, je vous le jure
Monsieur, je vous en prie, délivrez-moi de ma torture »

J’ai pris le p’tit bonheur
L’ai mis sous mes haillons
J’ai dit :  » Faut pas qu’il meure
Viens-t’en dans ma maison  »
Alors le p’tit bonheur
A fait sa guérison
Sur le bord de mon cœur
Y avait une chanson

Mes jours, mes nuits, mes peines, mes deuils, mon mal, tout fut oublié
Ma vie de désœuvré, j’avais dégoût d’la r’commencer
Quand il pleuvait dehors ou qu’mes amis m’faisaient des peines
J’prenais mon p’tit bonheur et j’lui disais: « C’est toi ma reine »

Mon bonheur a fleuri
Il a fait des bourgeons
C’était le paradis
Ça s’voyait sur mon front
Or un matin joli
Que j’sifflais ce refrain
Mon bonheur est parti
Sans me donner la main

J’eus beau le supplier, le cajoler, lui faire des scènes
Lui montrer le grand trou qu’il me faisait au fond du cœur
Il s’en allait toujours, la tête haute, sans joie, sans haine
Comme s’il ne pouvait plus voir le soleil dans ma demeure

J’ai bien pensé mourir
De chagrin et d’ennui
J’avais cessé de rire
C’était toujours la nuit
Il me restait l’oubli
Il me restait l’mépris
Enfin que j’me suis dit :
Il me reste la vie

J’ai repris mon bâton, mes deuils, mes peines et mes guenilles
Et je bats la semelle dans des pays de malheureux
Aujourd’hui quand je vois une fontaine ou une fille
Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux
…Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux…

***
C’est quinze ans après sa mort, alors qu’un de mes amis l’a chantée lors d’un de ses spectacles que j’ai découvert La chanson du pharmacien (1951).

La fille en coupant son pain s’est coupée dedans la main
Affolée en criant accourut chez l’pharmacien

Rendue chez le pharmacien, on cherchait un assassin
Qui venait de tuer le pharmacien dans un coin

Quand la fille est arrivée, on l’a d’abord soupçonnée
On lui a barré le chemin à cause du sang dans la main

Mais c’est en coupant mon pain que j’me suis coupée la main
Les voisins l’œil en coin, disaient : C’est pas bien malin

Elle a dit : Bande de crétins je vais vous faire voir le pain
Mais de pain y’en avait point, il était dans l’ventre du chien

Elle a rit et elle a geint, que pensez-vous qu’il advint
On l’a mise dans le moulin, elle sera pendue demain

Quand vous couperez le pain, ne vous coupez pas la main
Surtout si un assassin vient de tuer le pharmacien

***

Je ne vous raconterai pas Félix Leclerc. Mais vous pourrez en savoir plus ici si jamais le sujet vous intéresse.

Moi, en ce jour anniversaire, je repenserai à une phrase qu’il avait écrite dans Le fou de l’île et qui reste pour moi une des plus belles phrases de la poésie québécoise, celle qui me permet de rêver encore et encore : Lance un câble aux étoiles. Et je sourirai en regardant le ciel.

Les raisins de Denise

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Denise ne cessera jamais de trouver de quoi nous séduire. Après les fleurs, les bancs, les oiseaux et les fenêtres, voilà qu’elle s’attaque aux raisins. Miam, ils font envie, non?

Anecdotes de libraire 19

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En 25 ans de vie de libraire, il n’y a pas eu de semaine où je n’aie pas vendu à quiconque un des romans de la comtesse de Ségur. Longtemps, dans la collection rose de Casterman, celle-là même qui avait fait la joie de mes sept et huit ans et qui est toujours sur les rayons de mes bibliothèques, parce que je n’ai jamais réussi – ou voulu – m’en départir.

Chaque fois, celles qui les achetaient – il ne me semble pas avoir y avoir eu d’acheteur pour ces titres – avaient mon âge ou un peu plus. Bien sûr que comme moi elles avaient été enchantées par ces lectures de leur jeunesse et voulaient transmettre à une autre génération ce bonheur qui avait été le leur.

Mais une question est toujours restée dans mon esprit et je n’aurai probablement jamais la réponse à cette question. Celles qui recevaient ces livres d’une autre époque, pas du tout à la mode, étaient-elles déçues ou ravies du choix de leurs aînées? Car je n’ai pas plus vu de petite fille me demander où étaient les livres de la comtesse que d’acheteur…

*toile de Robin Cheers

Série mauve

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Permettez-moi d’offrir cette série « mauve » à Agent Double et ses comparses qui sont passés hier soir laisser des commentaires. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point j’ai ri! Et comme je les connais, ils trouveront sûrement quelque chose à dire de cette série!

Les poèmes de Rina Lasnier 5

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Les recueils de Rina Lasnier étaient là. En évidence. Sur la table. Et la lectrice de Jin Osakabe les a longuement caressés avant de tourner les pages au papier de qualité propre aux livres d’autrefois. Puis, elle est allée d’un poème à l’autre, jusqu’à ce qu’elle s’arrête ici :

Joie des mains

Par tes mains où mes peines passeront
Touffes de narcisses et de pluie chaude,
Tes mains et mes peines emmêleront
Les affres de l’hiver au printemps jaune…

Sans eux je ne suis pas moi

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Suis-je autre chose que mots, mots que je lis, mots que j’écris, mots dans lesquels je m’enroule comme la lectrice d’Aldo Jeffrey? Suis-je autre chose que tous ces mots qui m’ont touchée, qui me toucheront encore, mots d’ici, mots d’ailleurs, mots amis, mots d’étrangers, dans la chaleur d’un soir d’été?

Suis-je autre chose que tous ces mots qui me poursuivent et auxquels je dois donner vie pour donner un sens à mon existence? Suis-je autre chose que mots que j’écris sur la bouche de l’aimé avant qu’ils ne s’envolent dans la nuit incandescente?

Suis-je autre chose que celle qui rêve devant des mots? À lire, à écrire, à apprivoiser, à saisir, à m’approprier, à offrir?

Peut-être. Je ne sais pas. Je sais juste que sans eux je ne suis pas moi.

Celle qui ne lit pas

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Elle a marché jusqu’au parc sans s’en rendre compte. Ou plutôt, en se rendant compte de ces détails que les autres ne remarquent pas et qui, finalement, n’appartiennent qu’à elle. Cet arbre dont il ne connaît pas le feuillage vert, mais seulement le roux de l’automne. Ce sentier qui, pour les autres, est peut-être banal, mais qui est pour elle celui où ils ont marché main dans la main un jour d’octobre. Cette odeur de feuilles au sol, trempées de rosée, qui monte à ses narines et que nul ne peut respirer qu’elle.

Et sur ce banc d’été qu’il ne connaît pas, puisque vient une saison où on les retire, elle s’est assise pour se remémorer toutes ces images. Ces odeurs. Cet automne de je t’aime et de baisers. Cet automne de couleurs qu’ils ont partagé et qui sera à jamais gravé dans ses yeux, dans ses mains, dans son cœur. Et sur ce banc, la lectrice de Jon Uban ne lit pas. Elle est plongée dans un automne d’avant, espérant qu’un jour il y en aura un autre pour eux.