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À Fontainebleau avec Chantal

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C’est à Chantal que nous devons les photos de Fontainebleau, des photos qui dégagent tant de paix, de calme, de sérénité, que j’ai absolument voulu les partager avec vous. À elle, si elle le veut, de raconter son Fontainebleau, celui de l’Histoire et celui de son quotidien, celui qui a inspiré les plus grands et celui qui est sien.

Ce que mots vous inspirent 43

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Entre le passé où sont nos souvenirs et l’avenir où sont nos espérances, il y a le présent où sont nos devoirs. [Henri Lacordaire]

La lectrice de Victoria Stusiak (dont le site n’est malheureusement plus actif) s’est attardée sur cette phrase. Une phrase qui la laisse bien songeuse et qui la ramène à elle. Une phrase qu’elle aimerait voir commentée. C’est pourquoi elle m’a prié de la déposer ici pour ce que mots vous inspirent, sachant que Denise serait probablement tentée d’écrire quelque chose.

Nous saurons la semaine prochaine et pas avant si cette citation inspirera une autre citation ou quelques lignes de fiction. Elle est entre vos mains, désormais!

Ces fleurs qui viennent en grappes

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Fleurs en grappes, grappes de photos, le lien m’a semblé évident pour réunir quelques clichés de Denise. Mais pour les noms, il faudra repasser… Peut-être que Denis, Agnès ou Géraldine seront en mesure de me donner un coup de main pour l’identification. Moi, je contemple… Chut.

En plus, il y a des roses

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Et je vais des histoires que me racontent les tableaux aux livres qui m’appellent. Et je vais des fleurs qui me chuchotent des mots doux aux livres. Je voudrais juste parfois être ailleurs. Dans la toile de Liesl Kinzel, tiens. En plus, il y a des roses.

Déchirements et déchirures

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Pas plus les déchirements que les déchirures ne sont visibles. Ils sont pourtant là. À même le cœur, à même la peau de la lectrice de Maurice Goth. Invisibles pour qui ne regarde que la surface des choses. Autrement dit, la grande majorité des gens. Et il vaut mieux qu’il en soit ainsi. La douleur n’est pas quelque chose qui s’exhibe. Elle appartient à celui qui souffre et à nul autre, sauf si cette personne a choisi de la partager.

Pas plus les déchirements que les déchirures ne sont visibles. Ni cette larme sur ses cils refusant de faire le chemin jusqu’aux lèvres pour qu’elle s’imprègne de son sel. Mais elle est là et brouille la vue, rendant la lecture troublée, tout autant que troublante.

Les bouquets finissent toujours par se faner.

Les mots de Francis D. 7

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Il suffit parfois de quelques mots, d’une histoire qu’un autre raconte pour que la nôtre remonte à la surface, malgré l’ancre jeté au plus profond de soi.

Il a suffi de quelques mots tirés du recueil La longue course de Francis Dannemark pour que le cœur de la lectrice de Philip Wilson Steer batte trop vite.

La vie encore

Soleil. Soleil et nuages. J’avançais régulièrement – en musique comme toujours et seul comme souvent. Rien à signaler, sinon de soudaines attaques de la voiture par des nuées de feuilles mortes au milieu des grands coups droits du vent : un jeu, une distraction, et le ciel surtout me rassurait, avec ses dessins de dunes dans un désert et, quand les nuages sont des flocons, son ventre fabuleux de bébé léopard.
Quand je serai vieux, ai-je menti en frissonnant un peu, je serai prêt à toujours voyager seul, et nul besoin alors de quelqu’un pour me distraire de moi et de la solitude des hommes : cette chaleur-là, du ciel, me suffira – et alors en toute paix.

Une trentaine de gouttes sont tombées sur le pare-brise au moment où apparaissaient les premières images, au loin, de la ville où je rentrais avec quelques nuages en tête comme un poème et personne en particulier avec qui les partager. C’est ainsi que s’écrivent les poèmes, ces petits objets étranges qui en français riment judicieusement avec « je voudrais qu’on m’aime ». C’est ainsi et c’est pour cela que ça m’inquiète s’il y en a trop, des poèmes ; moi en tout cas, j’arrête là – pour aujourd’hui du moins. Je vais maintenant où il y a des gens, connus et inconnus, et la vie encore une fois est là, mystérieuse, magnifique.

et la lune là-haut qui danse

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une autre phrase et puis une autre
et puis une virgule
et une majuscule

un autre paragraphe et puis un autre
et un point qui hésite
non pas si vite

et puis cette urgence
cette idée venue par hasard
que je ne ne peux mettre dans un tiroir
et la lune là-haut qui danse

(août 2008)

*illustration de Ron Embleton

Et je me suis dit que rien n’avait changé

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Nous reviennent parfois en regardant une toile ou en entrant dans propres souvenirs sans même y prendre garde, des souvenirs si vifs qu’ils sont presque plus vivants que le moment présent. Ainsi, cette image qui m’est revenue en contemplant la toile de Margaret Lefranc. Cette image de mes vingt ans, où sur une petite table dehors, je m’installais avec la machine à écrire, du papier, une plume, un livre ou deux, presque comme l’écrivaine de la toile.

Et je me souviens du bonheur que j’avais à être là, dehors, à me laisser guider par un nuage ou par les histoires que j’entendais, venues d’une cour voisine ou de la rue, et parfois même par une nouvelle à la radio. J’aimais bien écrire à la main, puis taper le tout en laissant des espaces pour retravailler le tout par la suite. Et les après-midi passaient. Le temps n’avaient plus cours. Je m’inventais des histoires. Dans lesquelles je me glissais parfois. Rarement, mais de temps en temps. En faisant souvent de moi celle qui assiste à la scène plutôt que celle qui en est l’actrice.

Et je me suis dit que rien n’avait changé. Je me raconte toujours des histoires. J’ai juste ajouté des tableaux pour rendre celles-ci plus vivantes.

Elle sourira

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Elle est dans l’autre pièce. Mais pas assez loin pour ne pas entendre la plume qui gratte sur le papier. Assez près pour entendre – alors que lui-même ne se rend pas compte qu’il parle parfois à haute voix – les phrases qu’il est à écrire. Et même ses soupirs.

Et je sais qu’elle sourit. Et qu’elle sourira encore quand l’écrivain peint par Louis Galloche entrera dans la pièce avec quelques feuillets. Et qu’elle sourira quand elle reconnaîtra les morceaux de phrases d’il y a une heure ou deux. Et aussi quand elle le retournera à sa plume en disant : Il y a une suite? Et qu’il partira, le cœur léger : elle a aimé.

Je voudrais juste que ça se passe une heure plus tard

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Je vois soir après soir la lumière s’éteindre de plus en plus tôt, chaque matin le soleil poindre le nez de plus en plus tard, et je commence déjà à me sentir juste un peu moins bien. Comme si toute cette lumière remplacée par la noirceur était plus que le cours inexorable des saisons. Comme si peu à peu la lumière se retirait peu à peu de ma propre vie et non pas de celle de tout le monde en même temps. Et je n’aime pas ce sentiment du soleil de moins en moins présent. Et je n’aime pas cette lumière qui s’en va. Même si j’aime, comme la lectrice de Joseph Gyurcsak, que les derniers rayons du jour s’accrochent à mon livre.

Je voudrais juste que ça se passe une heure plus tard.