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Moment d’éternité

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Il y a des moments où le livre reste ouvert, sans qu’on puisse lire, des moments où notre esprit est très loin des mots d’un poète qui nous est pourtant cher. On n’y peut rien. Un souvenir vient de surgir qui a pris toute la place. Qui ne veut pas s’envoler. Et surtout : qu’on veut retenir.

Un moment que certains appelle un moment d’éternité et qui devient éternel le jour où il s’installe dans notre mémoire pour toujours et nous permet de vivre.

*sur une toile d’Anna Digesu

On ne sait jamais quand on peut avoir besoin de fleurs rouges

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C’est une excellente chose d’avoir des provisions. On ne sait jamais quand on peut avoir besoin de fleurs rouges. Si bien qu’en me levant, je ne savais pas qu’il m’en faudrait autant! Oui, vive les provisions…

Du rouge pour Géraldine

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Une petite couche de rouge supplémentaire ne nuira pas. C’est un jour où nous en avons tous besoin, particulièrment Géraldine. Je le lui dédie, si vous permettez.

On aura vraiment essayé très fort!

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Même Armando s’y met. À quatre, nous aurons, je crois, réussi à contrer tout le gris qui traîne partout. Et si pas, on aura vraiment essayé très fort!

Encore du rouge

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Pour rester dans le ton, encore du rouge, déniché à un demi-pâté de la maison. Seul et unique exemplaire. Pas d’autres autour ni ailleurs depuis…

Joli spécimen et rouge de plus

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Quel joli spécimen que celui que Denise a déniché pour nous. En plus, rouge. Et comme j’ai une prédilection pour le rouge (même quand il ne s’agit pas de coquelicots), je suis comblée!

Ira-t-elle jusqu’à écrire quelque chose?

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La lectrice de François Escalmel semble bien songeuse. Serait-elle en train de réfléchir à la phrase proposée mercredi dernier pour ce que mots vos inspirent? Ira-t-elle jusqu’à écrire quelque chose? Ou veut-elle tout simplement vous rappeler que la phrase attend vos commentaires qui ne seront validés que demain à 8 heures, heure de Montréal?

Ce parc où une part de moi est restée à jamais

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Les jours de soleil, pas un jour comme aujourd’hui, j’ai des envies de partir dès les premiers rayons, même furtifs. Pour aller là, dans ce parc pas très loin, qui ressemble à celui où s’est installée la lectrice de Lauren Edmond.

Ce parc où une part de moi est restée à jamais. À mon insu. Et que je ne retrouverai que le jour où nous y retournerons tous les deux. Il y a des choses qu’on ne s’explique pas, mais qu’on sait.

toutes les audaces

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je n’avais plus peur
tu étais de cette race
qui donne au bonheur
toutes les audaces
je ne tremblais plus
je regardais le ciel
ce bleu en continu
au goût de miel

je ne craignais rien
ni les tempêtes ni les orages
ni tous ces matins
où s’éloignerait ton visage
je n’avais plus froid
je me laissais bercer
par nos gestes maladroits
sur le chemin des écoliers

tout était pourtant contre nous
dans la moiteur d’un mois d’août
et tout l’est peut-être encore
aurore après aurore
mais je n’ai plus peur
tu es de cette race
qui donne au bonheur
toutes les audaces

(août 2008)

*toile d’Heather Layton

Les mots de Francis D. 6

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Elle a ouvert le recueil de Francis Dannemark au hasard. Sans savoir si les mots de l’écrivain la toucheraient. Sans savoir rien de ce qui la retiendrait et la forcerait à tourner page à page, prise par la langue du poète. Jusqu’à ce qu’elle s’arrête. Là. La lectrice de Caroline Stehlin venait de trouver la raison de sa lecture.

Minuit et la mer

Et me voilà à l’endroit du rendez-vous, face à la mer qui palpite doucement comme le cœur immense et lourd d’un animal ancien. Il est minuit. Ou une autre heure de la nuit, je n’en sais rien. J’ai jeté ma montre, et le bruit des vagues a englouti celui du mince morceau de métal quand il a touché la surface de l’eau.

Je suis au rendez-vous, et peu importe l’heure. Je me suis trompé, sans doute, et de bien trop d’années. Je le sais mais je suis venu, malgré tout. Pour la mer peut-être.

À bien l’écouter, je la devine prête à charger. Lente et calme, en attendant. Je reste là, dans l’obscurité, rassuré par la présence de mille millions de litres de nitro temporairement apprivoisés. Tout est tranquille. Il n’y aura pas de mouvement brusque cette nuit.

Je suis au rendez-vous, au bord de la mer. J’écoute la terre qui tourne au ralenti et mon cœur minuscule qui bat quelque part, sous le bruit souple des vagues.