Encore un peu de lumière ne fera pas de tort. Quoique je sais déjà que ma journée sera lumineuse : nous déjeunons tous au restaurant tout à l’heure. Face au parc Molson, en plus.
Encore un peu de lumière ne fera pas de tort. Quoique je sais déjà que ma journée sera lumineuse : nous déjeunons tous au restaurant tout à l’heure. Face au parc Molson, en plus.
Denise était là au bon moment. Et grâce à elle, peu importe ce que sera la journée, elle aura d’abord été lumineuse.
Il y aura toujours, saison après saison, ces matins près de la fenêtre où s’écrivent toutes seules quelques lignes, état d’âme, question ou poème, réflexions éparses face au nouveau jour qui vient dont on sait tout et dont on ne sait rien. Il y aura toujours, jour après jour, ces premières heures à regarder le ciel tandis que des mots glissent sur le papier.
*sur une toile de Poul S. Nielsen
Et tout était dans ce vœu signé Francis Dannemark. Ce vœu qui était sien. Ce vœu qui lui nouait parfois le ventre. Ce vœu qui la faisait tantôt avancer tantôt reculer. Ce vœu écrit par un autre mais qui était celui de la lectrice de Kim Roberti.
Vœu
Après la longue course.
Après la torpeur des petites villes somnambules,
après la splendeur des cités perdues.
Après le déluge,
après les pluies trop fines qu’on voit à peine.
Après le briquet vide qu’on n’a plus qu’à jeter,
après la forteresse volante qui explose
et disparaît en milliers d’éclairs.
Après les jours et les jours.
Après la longue course
où les nuits même sont de longues journées.
Après tout. Après tout et rien maintenant,
laisse-moi m’étendre près de toi doucement,
sous le volcan éteint du ciel.
Le nom de l’expéditeur était absent, mais cette écriture lui disait quelque chose. Or, ce souvenir venait de si loin qu’elle n’était pas tout à fait certaine que ce soit bien celle de la personne à qui elle pensait.
Puis, elle a décacheté l’enveloppe. C’était bien elle. Des années et des années plus tard. Les mêmes M si caractéristiques qui ne peuvent tromper. Cette façon de raconter en trois phrases le temps qui a passé pour reprendre la conversation où on l’a laissée.
Et elle a laissé la lettre là.
Il lui fallait penser à comment résumer quatre ans en trois phrases.
*sur une toile de Pat Legg
Faisons-nous autre chose de notre vie que tourner les pages, au sens propre comme au sens figuré? Pages de livres comme pages de notre propre histoire? Pages écrites par les autres ou pages qu’on a écrites?
La vie est-elle autre chose qu’un livre qu’on écrit au fur et à mesure avec des ratures, des points d’interrogation ou de suspension, des parenthèses et de l’encre qu’on tire de nos veines?
*sur une toile de James Chaffee
C’est encore à Armando qu’on doit une lectrice pour le pays de Lali. Et même qu’il m’en a laissé deux ou trois avant de partir en vacances. Espérons qu’au Portugal, il continuera à en photographier…
C’est à Denise que nous devons la fleur qui va me faire rêver cet après-midi. Enfin, pas trop. Juste le temps d’une courte pause. Elle ne vous fait pas rêver, vous?
Allez, j’en profite. Dans pas si longtemps, il n’y aura plus de fleurs à photographier. Et dans encore plus longemps, il n’y aura que du blanc. Je serai donc heureuse de me promener chez moi et de voir toutes ces fleurs…
Les pensées étaient minuscules. Il m’aurait fallu le zoom que je ne possède pas pour vous les montrer de plus près. Mais suffisamment visibles pour m’attirer jusqu’à elles.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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