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Comme elle le fait toujours

diomede

Pourquoi sortir des livres si c’est pour commettre des impairs et faire des erreurs? Pourquoi sortir des livres et tenter de vivre une vie hors d’eux? Pourquoi? Pour ne pas répondre à cette question et à beaucoup d’autres, fort probablement, la lectrice de Miguel Diomede a ouvert un livre, n’importe lequel, au hasard. Comme elle le fait toujours.

Les vieux cahiers, encore

pvc

On ne sait pas ce qui nous attend quand on ouvre ses vieux cahiers. Ou plutôt, on sait. Des pages de soi, des élans, des épisodes, des mots tissés sous l’impulsion, comme certains dessinent. Et je savais sûrement tout ça quand j’ai pris le risque d’ouvrir à nouveau mes cahiers. Je le savais, comme le sait aussi sûrement la lectrice de Pau Valls Canellas, que j’imagine en train de lire les pages d’hier.

Je le savais et j’avais peur du trouble dans lequel j’allais me trouver à lire des mots qui sont miens mais qui, par moments, ne semblent plus m’appartenir, tant ils sont loin de moi ou parce que je ne me rappelle pas la raison qui les a motivés.

Je savais aussi que j’allais trouver en feuilletant mes cahiers cette partie de moi immuable. Les mots d’antan qui font écho, qui me ramènent à l’essentiel.

Et c’est peut-être pourquoi j’ai traîné des heures et des heures à lire au hasard. On ne fait pas le tour de son jardin sans s’attarder. Avec émotion.

dans les nuits noires de l’exil

o_z

il y a des lumières
dans les nuits noires de l’exil
des phares auxquels on s’accroche
parfois prénoms
parfois sourires
le plus souvent
une photo chiffonnée
qu’on déplie
pour la millième fois

(février 1989)

* toile d’Ossip Zadkine

Celle qui donne ses livres

mrh

La lectrice de Matilda Rose Herschel tient beaucoup au livre qu’elle tient serré contre elle. Il est peut-être hors commerce. Il lui a peut-être été offert par quelqu’un qu’elle aime.

Mais elle sait pourtant qu’un jour elle l’offrira et elle sait à qui. Car elle aime offrir des livres auxquels elle tient, des livres qui auront une nouvelle vie ailleurs. Des livres qui sauront émouvoir ceux et celles à qui elle les donne. Sans penser qu’un jour ils lui manqueront. Parce qu’ils continuent d’exister.

Un peu de sérénité

geraldine_034

Comme il semble que ce soit une journée où le pays de Lali a des hauts et des bas, pas Lali elle-même, mais son hébergeur, je ne vais pas trop abuser de son hospitalité et laisser ici pour le moment une photo de Géraldine qui dégage un peu de sérénité, ce dont j’ai bien besoin! Et rêver…

En vos mots 32

dulemba

Les dimanches se suivent et ne se ressemblent pas! Ou presque. Sauf pour l’habitude, le plaisir plutôt, d’accrocher la toile pour En vos mots et ainsi vous surprendre. Vous faire sourire. Vous inspirer. Vous donner le goût d’écrire, pour le plaisir d’écrire lui-même, pour le plaisir du partage.

Et ce dimanche ne déroge pas à cette habitude. La petite lectrice d’Elizabeth O. Dulemba est tellement plongée dans ses livres qu’elle ne s’est même pas rendu compte qu’elle est maintenant chez vous. Pour que vous la racontiez. Par un poème, une nouvelle, une chanson, une citation. Je sais que vous ne la dérangerez pas…

Donc, à dimanche prochain pour vos écrits!

Une fleur qui se dandine

18 aout 4

Et pour continuer à rêver, une photo prise par Armando dans le quartier portugais de Montréal, il y a trois mois. Les fleurs étaient là, partout, colorées, éclatantes dans la lumière du jour, oranges ou roses, prêtes à être cueillies ou photographiées. Certaines même se dandinant pour attirer notre regard.

Curieusement

b_griffiths

Il peaufine le texte, ajoute une phrase, glisse un adjectif. Lui qui, il n’y a pas si longtemps, ne croyait qu’au premier jet, se rend compte que, parfois – et il met le mot parfois en caractères gras pour bien marquer qu’il n’est pas encore convaincu de ne pas abîmer le texte en le travaillant – il vaut la peine de s’acharner, même sur une virgule.

Et l’écrivain de Belinda Griffiths s’étonne. Cette façon de faire, même si elle l’irrite souvent grandement, a l’art de le calmer. Curieusement.

elle

wh2

elle
comme je dis je
elle
et l’univers m’appartient
parce que
elle
dans mes pages blanches
elle dans mes mots
pour ne pas dire
je
elle et puis moi
entité comme entière
identité comme usurpée
elle
et puis moi
et le temps qui nous emporte
et le temps
elle
moi et puis
elle
je suis elle
je suis celle
qui scelle l’elle et le je
complication inutile
complexité
elle
pour ne pas oser je
absolument elle
absolument je

(janvier 1986)

* Toile de Willem Haenraets

Les vieux cahiers

tuset

Voilà bien un an que j’ai sorti tous mes cahiers, comme semble l’avoir fait la lectrice de Salvador Tuset. Des cahiers qui datent d’il y a quinze à vingt-cinq ans dans lesquels sont écrits de ma fine écriture, tantôt en violet, tantôt en turquoise ou en bleu, les poèmes d’autres époques.

Or, j’ai longtemps hésité à les relire et encore moins à les faire lire. Et puis, peut-être, et même sûrement, à cause de Caroline de Fenêtres sur la cour et de ses textes d’un autre temps qu’elle sort de temps en temps de ses cahiers sous le titre Sous ma lampe, j’ai décidé que de temps en temps j’irais peut-être du côté de mes vieilleries… On pourra les lire regroupées dans la catégorie Dans mes tiroirs.