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Pour vous aussi?

Elle a eu immédiatement une idée quand elle a vu la toile de la semaine. Mais elle a préféré ne pas se précipiter, ne pas jeter sans attendre sur le papier l’histoire qui s’était d’emblée imposée. Il fallait que celle-ci mûrisse.

Six jours ont passé et les commentaires seront validés dans 24 heures. C’est maintenant le moment pour elle d’écrire cette histoire. Pour vous aussi?

*toile d’Andrea Gram

Les vers de Max 4

La femme

Mais maintenant vient une femme,
Et lors voici qu’on va aimer,
Mais maintenant vient une femme
Et lors voici qu’on va pleurer,

Et puis qu’on va tout lui donner
De sa maison et de son âme,
Et puis qu’on va tout lui donner
Et lors après qu’on va pleurer

Car à présent vient une femme,
Avec ses lèvres pour aimer,
Car à présent vient une femme
Avec sa chair tout en beauté,

Et des robes pour la montrer
Sur des balcons, sur des terrasses,
Et des robes pour la montrer
A ceux qui vont, à ceux qui passent,

Car maintenant vient une femme
Suivant sa vie pour des baisers,
Car maintenant vient une femme,
Pour s’y complaire et s’en aller.

Max Elskamp, Huit chansons reverdies

*choix de la lectrice de Françoise Lallemand

« Un premier roman, ça change une vie »


Photo : Julie Désalliers

C’est en 1999 que François Désalliers faisait paraître son premier roman, Amour et pince-monseigneur, chez Québec/Amérique, mais il n’en était pas à ses premières armes en ce qui concerne l’écriture.

« Au Conservatoire d’art dramatique, j’ai reçu une formation de comédien. Mais comme les rôles étaient rares et que je tenais à jouer, j’ai décidé d’écrire mes propres pièces, de les mettre en scène et de les interpréter. C’est donc en écrivant que je suis devenu écrivain. Et en écrivant des romans que je suis devenu romancier. »

Celui qui a été comédien, professeur de théâtre et vendeur pendant une partie de sa vie, vit uniquement de sa plume depuis trois ans. Chichement, oui, mais avec un bonheur incomparable. « Au tournant de la cinquantaine, j’ai enfin pu me consacrer uniquement à ma passion : écrire. Même si je ne vends pas des milliers de livres par an, je continue. Parce que c’est ce que j’aime faire. Parce que j’ai encore des tas d’histoires en tête. Parce qu’un jour je voudrais parler de ma famille, de l’influence qu’ont eue sur moi mon oncle, le comédien Luc Durand, ma tante, l’écrivaine Louky Bersianik, disparue récemment, et bien d’autres. »

J’ai rencontré François Désalliers pour la première fois il y a une une quinzaine d’années. J’ai eu le privilège de lire son premier roman avant qu’il ne soit publié et il m’a accordé au moment de la sortie de celui-ci une entrevue pour Le Messager de Verdun. Malgré le fait que nous nous voyons peu souvent, j’ai suivi sa carrière de romancier de loin, plongeant avec délice dans chacune de ses histoires, l’imagination y occupant une immense place. Du jeune commis-libraire de son premier roman en passant par l’artiste de L’homme café et l’homme prisonnier des pages d’un magazine féminin dans Un monde de papier jusqu’à l’écrivain de son dernier né, Le jour où le mort a disparu, François Désalliers a chaque fois mis en scène des héros qui pourraient être à la limite banals s’ils ne se trouvaient pas aux prises avec une situation hors du commun.

Dans son plus récent roman paru en 2011, le héros est un écrivain et vendeur, trouvé mort dans son sommeil, dont le corps se retrouvera au dépotoir par un concours de circonstances qui donneront bien du mal aux enquêteurs chargés de tirer les choses au clair, ceux-ci croyant davantage à une fugue qu’à un enlèvement. Un héros qui n’est pas sans posséder quelques similitudes avec Désalliers, puisqu’il a lui aussi grandi dans le sud-ouest de Montréal, qu’il a été vendeur et écrivain en même temps, qu’il est père de quatre enfants et qu’il est amoureux de leur mère depuis trente ans.

« Ce n’est pas la première fois que je glisse quelques éléments de ma propre vie dans un roman. Je l’ai fait dans Du steak pour les élèves. Mais ce que je voulais exprimer dans Le jour où le mort a disparu, ce n’est pas tant la mort d’un écrivain, mais la mort de la littérature. Une mort annoncée par toutes sortes d’indices en cours de route. »

Le résultat n’est ni un roman policier, ni un roman d’amour, ni un roman psychologique, mais un amalgame de ces trois genres. Un roman qui constitue un moment de détente des plus agréables en attendant le suivant, à paraître à l’automne 2012.

« Mon roman préféré, c’est toujours celui qui va bientôt paraître ou celui que je suis en train d’écrire. Même si le premier de tous aura toujours une place bien spéciale. Un premier roman, ça change une vie. Mais c’est à partir de trois qu’on peut se dire écrivain. J’ai hâte que les gens lisent La fille du vidéoclub. Je souhaite qu’ils aiment ce livre et que mon éditeur vende beaucoup d’exemplaires », me dit en terminant François Désalliers, tout sourire.

L’écrivain a été homme de scène. C’est à se demander pourquoi nul n’a pensé à utiliser cet aspect de sa personnalité. Souhaitons qu’il défende lui-même les couleurs de son prochain livre. Je pourrais l’écouter pendant des heures. Et, parce que je l’ai lu, j’ai envie de le lire.

Texte publié dans

Il fait beau à Bruxelles

Si beau qu’on peut y lire dehors, comme l’a constaté avec bonheur notre ami Armando à qui on doit cette photo.

Ce que mots vous inspirent 624

La passion reste en suspens dans le monde, prête à traverser les gens qui veulent bien se laisser traverser par elle. (Marguerite Duras)

*toile signée Heide Presse

Les vers de Max 3

L’oiseau

Mais lors voici qu’un oiseau chante,
Dans une pauvre cage en bois,
Mais lors voici qu’un oiseau chante
Sur une ville et tous ses toits,

Et qu’il dit qu’on le voit le monde
Et sur la mer la pluie tomber,
Et des voiles s’en aller rondes,
Sur l’eau si loin qu’on peut aller.

Puis voix dans l’air plus haut montée,
Alors voici que l’oiseau dit
Que tout l’hiver s’en est allé
Et qu’on voit l’herbe qui verdit,

Et sur les chemins la poussière
Déjà, et les bêtes aussi,
Et toits fumant dans la lumière
Que l’on dirait qu’il est midi,

Et puis encore sa voix montée,
Que l’air est d’or et resplendit,
Et puis le bleu du ciel touché
Qu’il est ouvert le paradis.

Max Elskamp, Huit chansons reverdies

*choix de la lectrice d’Arnold Lakhovsky

Une vie dans (presque) tous ses détails

Je vous avoue d’emblée que je lis très peu de sagas familiales et de romans historiques, et qu’en général quand je lis « tome 1 » sur la couverture, je m’empresse de mettre le livre de côté si jamais il avait pu un tant soit peu me tenter. Pas parce que je n’aime pas me plonger dans la grande et la petite histoire, ou dans celle d’une famille en particulier, fictive ou pas, mais parce que l’idée qu’il faille trois, cinq ou dix tomes pour en venir à bout me dérange. C’est pourquoi j’ai aimé Il y aura toujours des printemps en Amérique de Louis-Martin Tard, Un été sans aube, une fresque signée Agop J. Hacikyan (en collaboration avec Jean-Yves Soucy), et plus récemment Flora Martin de Denise Dufour-Clément, des premiers romans, tout comme Madame Tout-le-monde.

Là s’arrête la similitude. En effet, nous voici à des milliers de kilomètres de ces romans avec celui de Juliette Thibault qui, à l’heure de la retraite et sur la suggestion de son fils, s’est mise à écrire. Et pas qu’un peu. C’est une vie dans ses moindres détails qu’elle a choisi de raconter, et non pas ses grandes lignes, laissant ainsi très peu de place à l’imagination du lecteur. Hélas, devrais-je dire, bien que cela confirme l’idée que je me fais des romans historiques en plusieurs volets.

Inspirée largement par sa l’histoire de sa famille sans être calquée sur celle-ci, la saga que nous promet Juliette Thibault se déroule en Gaspésie d’où elle est originaire dans un premier temps, puis à Québec par la suite.

Et si Marie, personnage principal du roman, est attachante, il n’en reste pas moins que tout cela est long, horriblement long pour qui écarte volontairement de sa table de chevet les histoires qui n’en finissent pas.

Toutefois, je serais tentée de croire que ceux qui sont friands de cette forme de roman y trouveront leur compte et attendront avec impatience le prochain tome, car l’écriture de Juliette Thibault est efficace et les descriptions réussies.

Titre pour le Défi Premier Roman

Texte publié dans

Le cadeau de Lucie

Il n’y a rien qui ne m’apaise davantage que Bach, ni qui ne m’aide autant à ordonner mes idées tout en me donnant le coup de fouet qu’il me manque pour aller au bout de mes journées. C’est pourquoi j’ai tant apprécié le cadeau de mon amie Lucie, plus récent CD de Luc Beauséjour, claveciniste comme organiste, qui nous offre avec J.S. Bach : Œuvres célèbres au clavecin-pédalier un peu plus d’une heure de plaisir. Un plaisir que j’ai envie de partager avec vous.
Voici donc, de Johann Sebastian Bach, Prélude et fugue en sol majeur.

Du 15 au 25 mars

C’est aujourd’hui que débute à Montréal la 30e édition du Festival international du film sur l’art. Architecture, peinture, musique, littérature, danse, théâtre et mode seront entre autres mis à l’honneur le temps de quelques films présentés dans de nombreuses salles de la métropole culturelle du Canada. Un rendez-vous que j’attends avec impatience depuis quelques semaines et auquel je participerai, bien entendu. Je vous raconterai.

Ce que mots vous inspirent 623

Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. À l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations. (Octavio Paz)

*toile d’Arie Zuidersma