Février n’est jamais si dur et si méchant
Qu’il ne nous fasse don de sept jours de printemps.
*toile de Cecily Cummings
Février n’est jamais si dur et si méchant
Qu’il ne nous fasse don de sept jours de printemps.
*toile de Cecily Cummings
C’est chez l’artiste Aneth Huyette-Patay, dont une toile m’avait inspiré un court texte en 2007, que je suis allée cueillir la lectrice du jour. Parce que j’ai envie de faire connaître ses toiles, envie que vous lisiez son plus récent billet sur son blog, envie de lui faire une surprise en lui offrant vos mots.
Puisse donc cette toile inspirer envosmotistes aguerris ou qui en sont à la première fois… Suite dans sept jours.
Étant donné que nous voici à trois jours du printemps, la lectrice peinte par Marcel Dyf a décidé d’étrenner un chapeau neuf pour l’occasion et d’inviter d’autres lectrices à se joindre à elle pour souligner la nouvelle saison.
Ce dimanche sera donc consacré aux réflexions sur le printemps, lesquelles nous seront offertes par des lectrices chapeautées. Et pour bien début cette journée, un dicton :
C’est en mars que le printemps chante,
Et que le rhumatisme augmente.
La nuit
Et maintenant c’est la dernière
Et la voici et toute en noir,
Et maintenant c’est la dernière
Ainsi qu’il fallait la prévoir,
Et c’est un homme au feu du soir
Tandis que le repas s’apprête,
Et c’est un homme au feu du soir
Qui mains croisées, baisse la tête,
Or pour tous alors journée faite
Voici la sienne vide et noire,
Or pour tous alors journée faite,
Voici qu’il songe à son avoir,
Et maintenant la table prête
Que c’est tout seul qu’il va s’asseoir,
Et maintenant la table prête
Que seul il va manger et boire,
Car maintenant c’est la dernière
Et qui finit au banc des lits,
Car maintenant c’est la dernière
Et que cela vaut mieux ainsi.
Max Elskamp, Huit chansons reverdies
*choix de la lectrice de Louise-Amélie Landré
Antoine Boisclair aime la poésie. Il en écrit, il l’enseigne et il en a fait l’objet de son essai L’École du regard. Poésie et peinture chez Saint-Denys Garneau, Roland Giguère et Robert Melançon. Il aime aussi les images, les sons, les mots. Et l’amalgame de ceux-ci. Le résultat, un premier recueil intitulé Le bruissement des possibles, n’est pas sans rappeler Peinture aveugle de Robert Melançon, poète que nous admirons tous les deux, par sa forme, ses coupures, et son rythme. Mais la similitude ne va pas plus loin. L’univers de Boisclair est bien différent de celui de Melançon.
Dans Le bruissement des possibles se mélangent images poétiques et quotidien où la vue et l’ouïe prennent la plus grande place de ce monde des sens qui se déploie de vers en vers alors que le poète exploite la moindre sensation, le moindre sentiment et le plus petit déplacement d’air. Il écrit :
Le feuilleté du sens, son chuchotis doux à l’oreille,
émerge des pages du livre ouvert
comme le monde et la fiction du monde,
Et aussi :
Nous vivons dans l’espace-temps de cette conscience.
Nous nous laissons porter par la vague.
De ces images, de ces phrases simples en apparence, mais bien plus complexes quand on en examine le sens, surgissent de nouvelles images poétiques. Ou alors d’images qui ne le sont pas vraiment, même si elles sont parfois porteuses de souvenirs et évocatrices, en jaillissent d’autres, comme en témoignent ces vers :
Lente décantation du soir. La maison entière respire
avec le frigo qui ronfle au fond de la cuisine.
Chaque objet rangé à sa place
dort dans son sommeil d’objet.
La lune révèle le nimbe des gestes
sur l’anse d’une tasse à café.
Et le recueil qui nous tient compagnie depuis des semaines reste là. Posé sur la table de chevet. Prêt à être parcouru à nouveau. Parce qu’on n’a pas envie de le ranger. Parce que les phrases glanées ici et là nous restent en tête. Parce qu’elles sont source d’inspiration. Et on se dit qu’Antoine Boisclair qui aime tant les mots et les images vient de nous donner à savourer un recueil aux possibilités infinies. Et on ouvre le livre à nouveau au hasard. Et la petite musique doucement s’installe tandis que le poète nous révèle la pianiste en ces termes :
Elle vibre avec ses notes qui cherchent une chair
dans l’espace et fait frissonner la peau.
Elle est l’idée d’elle-même et sa propre imminence,
son horizon qui recule dans le langage et pourtant nous attire.
Des sarcasmes? Oui, mais n’importe lesquels. Ceux signés Prokofief et interprétés par la pianiste originaire de Nice Delphine Lizé à l’occasion de l’inauguration la Salle Pleyel en 2006 alors qu’elle venait tout juste d’être rénovée, et de son nouveau piano de concert, un Pleyel P280.
Sommes-nous autre chose que doutes?
Qui saura affirmer sans lui-même être assailli d’un léger doute qu’il n’en est pas ainsi de nous?
Sommes-nous autre chose que questions?
Qui saura dans une seule réponse affirmer que ce n’est pas le cas?
Je sais une chose.
Je suis en permanence doutes et questions.
C’est une des rares choses que je puisse dire tout haut.
*toile de Marie Josèphe James
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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