La lectrice du peintre belge Jan Portielje trouve-t-elle que le temps passe trop vite? Cet endroit devrait lui donner un autre regard sur les heures qui s’égrènent.
La lectrice du peintre belge Jan Portielje trouve-t-elle que le temps passe trop vite? Cet endroit devrait lui donner un autre regard sur les heures qui s’égrènent.
Il y avait des clients que je ne voyais qu’une fois par année. En juillet et en août. Jamais le reste du temps. Parce que pour eux, partir en vacances, ça voulait dire s’acheter un livre ou deux. Ils disaient que le reste de l’année ils n’avaient pas le temps de mettre le nez dans le moindre bouquin.
Encore aujourd’hui, quand je pense à eux, ils demeurent des énigmes. Comment faisaient-ils pour vivre les cinquante autres semaines de l’année?
*toile d’Angel Guillermo Valente
Si l’on sait exactement ce qu’on va faire, à quoi bon le faire? [Pablo Picasso]
*toile de Jane Percival
La lectrice peinte par l’artiste et dramaturge Valentine Cameron Prinsep n’a pas pris le temps de s’asseoir. C’est donc debout qu’elle a parcouru le recueil de l’auteur d’origine haïtienne Marie-Célie Agnant intitulé Et puis parfois quelquefois… Jusqu’à ce qu’elle s’arrête ici et quitte la pièce :
Poème pour les mains qui s’éloigneront un jour
tes mains exultaient
dessinaient des jardins
pour mes yeux seuls
tes mains traçaient des sentiers
que mes pieds seuls
parcouraient
le bonheur dans tes mains
telle une courtepointe
je faisais chaque jour
l’inventaire des pièces
cette vérité était la mienne
vérité pour moi seule
tu jouais les démiurges
l’amour était mon seul alibi
dessinés par tes mains
les jardins semblaient d’éternité
Et quand il lui manque si fort que la simple idée de s’allonger seule pour dormir la fait tourner en rond, de pièce en pièce, où subsistent toujours des traces de lui, indélébiles, elle déplace des livres. Livres qu’il lui a offerts, livres qu’ils ont lu ensemble, livres qu’il a aimés, livres qu’elle lui a racontés. Et contre tous ces livres déposés en vrac à la droite du lit, sa place à lui, elle peut enfin poser son corps. Et dormir.
*sur une toile de Belinda Del Pesco
Un homme à distance de Katherine Pancol dont j’avais lu le premier roman, Moi d’abord, au moment de sa sortie et quelques autres depuis, ne pouvait que me plaire. Parce qu’il y a là une libraire qui aime vraiment les livres. Parce qu’on y trouve un échange épistolaire entre celle-ci et un mystérieux client dont on ne connaîtra l’identité qu’à la toute fin. Parce qu’il est question de livres, de tous ces livres que l’un et l’autre aiment. Parce que tout ça. Et parce que j’ai aimé certains livres mentionnés. Parce que les personnages aiment tous deux Emily Dickinson. Parce que j’ai noté quelques titres au passage. Oui, parce que tout ça. Et parce que j’aime ces histoires qui mettent en scène des libraires.
Quel joli univers que celui de l’artiste Kay Ruane, de Cambridge (Massachusetts), qui met en scène depuis 1997 des personnages féminins dans un univers en noir et blanc qui peu à peu prend des couleurs, comme le montre cette série chronologique ayant pour thème la lecture. N’hésitez pas à aller jeter un œil sur ses autres tableaux.
Et si je vous offrais, ainsi qu’à la lectrice de la peintre canadienne Elizabeth Stanhope Forbes, ce billet qui m’a enchantée?
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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