
Quels mots, oui quels mots, pour apaiser le chagrin? Quels mots pour consoler celui qui enterrera après-demain une petite fille âgée de neuf jours? La sienne, celle imprévue, qu’il n’attendait pas, qu’il n’attendait plus, et qu’il a attendue. Celle qui est venue trop tôt, miracle inachevé, forte tout de même de vingt-trois semaines à se préparer. Mais trop petite, trop fragile, malgré ses petits doigts qui ont serré avec force un de ceux de son père, dans l’incubateur.
Quels mots, oui quels mots, dites-moi? Je n’en avais pas, pas plus qu’en a celle peinte par Michael F. Wood. Ou plutôt, j’en avais, désordonnés. De telle sorte que je n’ai pas été en mesure de les dire.
Nous avons bu un café, comme nous l’avons si souvent fait. Le certificat de décès posé sur la table, entre nous. Preuve que Jasmine avait été. Vivante. Quelques jours.
Quels mots, quels mots quand le père éploré va jusqu’à nous montrer une photo de la petite morte, parce que c’est dans ses bras que le souffle de vie s’est retiré d’elle?
Je l’ai serré contre moi. Ça valait plus que tous les mots.
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