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La lettre abandonnée

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La lettre est là, commencée, mais inachevée. Peut-être même est-ce le dixième début. Celle froissée indique à tout le moins que ce n’est pas la première et rien ne nous empêche de penser que plusieurs fois une main appliquée a tenté de trouver les mots justes sans que l’auteur ne soit satisfait. Et le début de la missive est resté là, abandonné, peint par l’artiste Catherine Stringfellow. À nous de décider si elle restera telle ou si un jour d’autres mots s’ajouteront…

Univers de lectrice

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Il arrive parfois qu’on entre dans des univers qui nous plaisent d’emblée. Ça a été le cas avec celui de Kristin Eames. Un univers de lives, il va sans dire. Un univers de lectrice, un univers où tout est espace pour rêver. Et je suis allée de toile en toile, j’ai lu ses livres, même celui qui était déposé là, alors qu’elle était plongée dans ses rêves. Et j’ai rêvé aussi.

De vrais coquelicots mauves

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Cette fois-ci, ce sont des vrais. Des vrais de vrais et portugais, en plus. Des coquelicots mauves. Je ne vous mène pas en bateau. Et si vous ne me croyez pas, vous n’avez qu’à demander à Armando.

Coquelicots et bleuets

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Harmonie de couleurs. Palette éclatante. Sûrement une belle histoire d’amour qui unit coquelicots et bleuets, quelque part en Suisse, et que Denise a photographiés pour nous.

Anecdotes de libraire 17

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Dimanche dernier, je suis allée chercher un livre que j’avais commandé. Parce que je dois toujours commander les livres que je cherche. Ne me demandez pas pourquoi. Surtout que si j’étais encore libraire, ce serait bien souvent des livres qui seraient sur les rayons et qui ne demanderaient pas une commande spéciale, comme en demande une un recueil de poèmes d’un obscur auteur venu du fin fonds d’un pays au nom imprononçable.

Mais bon, il en est ainsi.

Et avant de passer à la caisse, j’ai bien entendu fait le tour des rayons. Non, je n’ai rien classé, ce coup-ci… Mais j’ai jeté un œil sur les piles. Celles installées pour mousser certains titres que les représentants ont d’abord moussés pour qu’ils aient une bonne place. Et je me disais que dans trois semaines, le paysage aurait changé en partie. Parce qu’il faut toujours faire de la place aux nouveaux arrivants. Et du coup éteindre la vie de ceux qui étaient là, promis à un bel avenir, selon – encore – les représentants.

Puis, une question a surgi dans mon esprit. Dans dix ans, un seul des livres si bien étalés sera-t-il devenu assez important pour être sur les rayons en permanence ou aucun d’entre eux n’aura cet honneur? Je n’ai pas la réponse.

*toile de Quint Buchholz

Une nouvelle page à écrire

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Un nouveau jour. Une nouvelle page à écrire. Dont on ne sait rien. Qui nous étonnera. Il ne peut que nous étonner, puisque le ciel n’a jamais tout à fait la même teinte, les fleurs tout à fait les mêmes couleurs, le café tout à fait le même goût, les mots tout à fait le même sens. Un nouveau jour, une nouvelle page à écrire dans le livre blanc d’Alicia DeBrincat.

Quelques vers d’Eugénio 9

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Le livre attendait son rendez-vous du soir. Le poids de l’ombre était resté là depuis la veille. La lectrice de Marv McEvoy attendait elle aussi son rendez-vous du soir. Elle savait depuis la veille qu’il y aurait là des mots pour elle.

J’inventerai le jour où avec toi
et avec l’automne j’irai courir par les rues.
La lumière que nous foulions est si parfaite
qu’elle ne peut mourir, comme ne meurt
l’éclat qui t’a vu te dévêtir.

As leitoras

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Les lectrices (as leitoras) de Maria Gabriel sont arrivées au pays de Lali grâce à la complicité de Guess Who, lequel m’a fait parvenir le catalogue de l’exposition qui se tient à Lisbonne jusqu’à samedi de cette semaine. Avis à mes lecteurs lisboètes et portugais.

Il y a quelque chose d’absolument gai et souriant dans cette toile intitulée « as leitoras ». De tendre aussi. Quelque chose aussi de Kandinsky que j’aime beaucoup, avec des personnages, en plus des bulles.

Oui, quelque chose de souriant. De dynamique et de dynamisant. À cause des couleurs, de la chaleur des teintes choisies. Ou parce que l’attention d’une poignée de lectrices sans livres est braquée sur celle qui lit et qui semble si heureuse de le faire, nullement intéressée par ce qui se passe autour d’elle. Dans sa bulle. Dans une toile pleine de bulles.

Quels mots pour apaiser le chagrin?

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Quels mots, oui quels mots, pour apaiser le chagrin? Quels mots pour consoler celui qui enterrera après-demain une petite fille âgée de neuf jours? La sienne, celle imprévue, qu’il n’attendait pas, qu’il n’attendait plus, et qu’il a attendue. Celle qui est venue trop tôt, miracle inachevé, forte tout de même de vingt-trois semaines à se préparer. Mais trop petite, trop fragile, malgré ses petits doigts qui ont serré avec force un de ceux de son père, dans l’incubateur.

Quels mots, oui quels mots, dites-moi? Je n’en avais pas, pas plus qu’en a celle peinte par Michael F. Wood. Ou plutôt, j’en avais, désordonnés. De telle sorte que je n’ai pas été en mesure de les dire.

Nous avons bu un café, comme nous l’avons si souvent fait. Le certificat de décès posé sur la table, entre nous. Preuve que Jasmine avait été. Vivante. Quelques jours.

Quels mots, quels mots quand le père éploré va jusqu’à nous montrer une photo de la petite morte, parce que c’est dans ses bras que le souffle de vie s’est retiré d’elle?

Je l’ai serré contre moi. Ça valait plus que tous les mots.

Moment de belle complicité

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Selon l’artiste Sandy Dykam Rice qui les a peints, il s’agirait d’un frère et d’une sœur en train d’étudier. Lui qui lit le texte d’un grand auteur qu’ils auront à retenir par cœur, ou une page d’Histoire, ou encore une leçon d’espagnol ou de latin. On peut à partir de là tout imaginer.

Et elle qui le fixe, qui gobe chaque mot, qui a toute son attention. Moment de belle complicité.