
Dimanche dernier, je suis allée chercher un livre que j’avais commandé. Parce que je dois toujours commander les livres que je cherche. Ne me demandez pas pourquoi. Surtout que si j’étais encore libraire, ce serait bien souvent des livres qui seraient sur les rayons et qui ne demanderaient pas une commande spéciale, comme en demande une un recueil de poèmes d’un obscur auteur venu du fin fonds d’un pays au nom imprononçable.
Mais bon, il en est ainsi.
Et avant de passer à la caisse, j’ai bien entendu fait le tour des rayons. Non, je n’ai rien classé, ce coup-ci… Mais j’ai jeté un œil sur les piles. Celles installées pour mousser certains titres que les représentants ont d’abord moussés pour qu’ils aient une bonne place. Et je me disais que dans trois semaines, le paysage aurait changé en partie. Parce qu’il faut toujours faire de la place aux nouveaux arrivants. Et du coup éteindre la vie de ceux qui étaient là, promis à un bel avenir, selon – encore – les représentants.
Puis, une question a surgi dans mon esprit. Dans dix ans, un seul des livres si bien étalés sera-t-il devenu assez important pour être sur les rayons en permanence ou aucun d’entre eux n’aura cet honneur? Je n’ai pas la réponse.
*toile de Quint Buchholz
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