Commentaires récents
Admin:
Archives:
Les vers de Yolande 3

j’ai lu dans tes yeux
et j’ai devancé d’instinct
dans notre histoire
jusqu’à trouver
au dernier vers de la dernière strophe
le canot onirique
remontant la rivière du temps
jusqu’au quai de la lettre
jusqu’au passage secret d’où
tous nos bons génies
partent en chasse-galerie
libérer l’horizon

Yolande Villemaire, D’ambre et d’ombre

*choix de la lectrice de Nigel Cox

Arrête de lire!

Horatio le rat a un rêve. Un grand rêve. Il veut devenir rat de bibliothèque quand il sera grand. Rien de moins. D’ailleurs, il lit partout. à table, en marchant, en mangeant. Partout, vous dis-je. Ce qui ne fait pas du tout le bonheur de ses parents, qui estiment que la lecture va finir par le rendre sourd et aveugle. Pour éviter la chose, il ne leur reste plus qu’une chose à faire : confisquer à Horatio tous ses livres.

Que faire? La situation est vraiment désespérée et jamais Horatio n’a éprouvé un tel ennui. Il se sent même comme un rat mort. Mais c’est sans compter sur une petite annonce qui va changer sa vie… Car Horatio a bien l’intention de gagner les 1000 livres qui seront offerts en cadeau à celui de tous les participants à une émission de télévision qui se démarquera de tous les autres. Une émission qui pourrait changer plus que sa vie, d’ailleurs.

Arrête de lire!, un formidable album sur la passion de lire et sur ce qu’elle peut générer autour de soi… et malgré soi. J’ai adoré. Évidemment.

Titre pour le Challenge « Le nez dans les livres »

Ce que mots vous inspirent 840

Les mots ont un destin d’effacement. (Marjolaine Deschênes)

*sculpture de Véronique Didierlaurent

Les vers de Yolande 2

il en aura fallu des plongées dans le temps
des sommeils réparateurs
des images eidétiques
des coïncidences
des millions de conversations
des illusions
pour en arriver là
au milieu du chemin de ma vie
dans les vagues rouges, enflammées
des roses de Marceline Desbordes-Valmore

respires-en sur moi l’odorant souvenir

Yolande Villemaire, D’ambre et d’ombre

*choix de la lectrice de Kakao Bean

Mon papi

Il y a décidément quelque chose qui ne m’a pas touchée ou que je n’ai pas compris quand j’ai lu Mon papi, lequel raconte le déménagement d’un vieil homme du domicile qu’il habitait seul depuis des années à une maison destinée aux « gens de son âge ».

Curieusement, accepter ce changement ne semble pas avoir dérangé outre-mesure le vieil homme, lequel a un lien « tissé serré » avec sa petite-fille et est toujours là pour la consoler de tous ses chagrins. C’est le fait d’avoir abandonné son chien Biscotte qui semble l’affecter le plus.

Je n’ai donc pas du tout compris le propos de cet album, du reste assez peu intéressant visuellement, ce qui me pousse à croire que le sujet a été mal amené. C’est en effet à la toute fin qu’on nous explique que le but de ce livre est nous montrer la détresse des gens âgés qui doivent se séparer de leur animal de compagnie alors que j’avais cru qu’on allait plutôt parler du placement des personnes en perte d’autonomie.

En bref, on appelle cela un album qui a raté sa cible.

Ce que mots vous inspirent 839

La poésie n’a rien à exprimer et pourtant sa beauté nous y invite sans cesse. La poésie, c’est juste une note de musique enivrante, une partition invisible, quelques grammes d’attention…ou un poison pour d’autres. (Pascal Marmet)

*toile de Rembrandt

Les vers de Yolande 1

Ambrée

dans la chambre d’ambre
et d’ombre,
je respire profondément

on glisse dans le temps
dans la soie de l’oubli
et le parfum du bois

je déplace du silence
une avalanche de silence

Yolande Villemaire, D’ambre et d’ombre

*choix de la lectrice de Pierre Bonnard

La décision de Bala

Difficile de ne pas être séduite par un album quand le personnage principal du livre est une adolescente de douze ans, déterminée et fonceuse, qui refuse les règles familiales et sociales imposées par des années de tradition. En effet, il n’est pas question pour Bala de quitter l’école et de se marier comme l’a fait sa sœur Lali, même si en Inde les mariages se font à un très jeune âge et que les jeunes filles n’ont rien à dire sur le choix de leur père.

Album qui fait état d’une situation que nous avons du mal à accepter et avec raison, Rouge Bala ne fait pas le procès de celle-ci, mais ne fait que la présenter, en nous montrant plusieurs volets. Nous croisons donc une femme encore jeune mariée encore enfant à un homme qu’elle a choisi de fuir pour éviter les coups; une adolescente qui veut une autre vie que celle de sa mère et de sa sœur; une fille mariée jeune qui est heureuse de sa situation.

Rouge Bala est un album magnifique et sensible, Cécile Roumiguière ayant choisi de s’attarder à la beauté de la vie plutôt qu’aux malheurs de celle-ci tout en levant le voile en douceur sur une question sociale qui mérite d’être abordée. Elle le fait sans violence, avec la complicité de Justine Brax, dont les illustrations sont si belles qu’on aurait envie de découper chacune de celles-ci pour les encadrer et les mettre au mur.

Un autre album que toute bibliothèque scolaire devrait posséder.

La vitrine du salon de coiffure

C’est rue Saint-Paul, dans la partie ouest du Vieux-Montréal, que je suis tombée nez à nez avec cette vitrine. Si irrésistible que je n’ai pu m’empêcher de la prendre en photo, même si je savais que le résultat serait loin d’être parfait. Photographier des vitrines n’est pas chose aisée, en effet.

Tant pis pour la perfection. Vous avez l’atmosphère!

Ce que mots vous inspirent 838

Lire est une route sur laquelle nous avançons. (Pierre Dumayet)

*toile de Njkolai Aleksander